‹ La conversion d'Augustin ThierryChapitre 15 sur 48 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

22 CHAPITRE Il

toute la vraie philosophie de tous les temps et tous les lieux se trouve dans la doctrine catholique. Toute la vérité s’y concentre, et l’on est dans le faux à mesure que l’on s’en éloigne. C’est pourquoi le Luthéranisme vaut moins que l’Anglicanisme, le Calvinisme moins que le Luthéranisme, l’'Unitarisme moins que le Calvinisme, et ainsi de suite!. »

L'Unitarisme, mis alors à la mode par Channing, et que certaines gens d'aujourd'hui, partisans de l'indifférence, voudraient saluer encore comme la religion du vingtième siècle, soulevait chez lui une sévère indignation. Dans cette tentative de religion sans dogme et sans Église, il ne voyait, dit Gratry, « qu’un pas rétrograde, une mauvaise entre- . prise, mais par bonheur absolument impuissante ».

Certes, les hommes ne sont pas rares en notre temps qui ont tristement expérimenté l’inanité de ces conceptions platoniques et le vide laissé dans l’âme par l’absence d’une religion positive. Tourmentés de cette faim et de cette soif de justice concrète que des sophismes creux ne sauraient apaiser, ils ont aspiré à la doctrine substantielle du Credo. Aux cris d'angoisse de Michelet, de Jouffroy et des premières victimes du scepticisme éclectique, répondent encore de nos jours les plaintes mystiques exhalées par les néo-chrétiens, et les redoutables accusations lancées par des publicistes courageux contre la banqueroute de la science. Mais, malgré les regrets cuisants des uns, la colère bruyante des autres, combien de ces maîtres ou de leurs disciples ont osé se lever, faire le pas et se mettre en route; combien ont frappé, pour y rentrer repentants, à la maison toujours ouverte du Père de famille céleste? Augustin Thierry avait été plus conséquent avec lui-même. Il ne gémissait pas seulement sur le mal de douter ou de ne pas savoir. Il croyait.

Cette foi, nous l'avons dit, n’était pas une abdication de son jugement. Même dans les choses de la religion, il voulait se rendre compte et voir clair. Aussi, durant les quelques mois de controverses publiques qui précédèrent la définition solennelle de l’Immaculée-Conception (8 décembre 1854), il manifestait sur ce dogme, dit le P. Gratry, « la plus grande

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