‹ La conversion d'Augustin ThierryChapitre 28 sur 48 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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Mais la défense de la vérité n’est pas tenue à ces considérations personnelles, et elle n’a pas à s’enquérir des avantages qu’un auteur peut tirer de ses critiques. Un seul] point doit la toucher, c’est l'accueil fait aux doctrines et les dangers qu’elles contiennent.

Le but visé par M. Aubineau est clair. Ce n’est pas à M. Augustin Thierry qu’il s'adresse, c’est au publie. Il n’écrit pas en directeur de conscience d’un particulier qu'il chercherait à ramener de ses égarements pour le conduire à la foi; c’est la foi des autres qu'il cherche à sauvegarder, parce qu’elle lui paraît ici contredite et offensée. Établi sur ce terrain purement objectif, il redresse les tendances rationalistes et les fausses théories de l'historien des Récits mérovingiens et de la Conquête, mais avec si peu de ménagements que le ton agressif et violent de son œuvre pourrait paraître à plusieurs une véritable énigme. Leur surprise cessera lorsqu'ils sauront quels chemins avait suivis Léon Aubineau avant de se rencontrer, vers 1850, en face de son brillant et redoutable antagoniste. Les mêmes ardeurs qui avaient emporté, trente ans plus tôt, Augustin Thierry à l'assaut des idées gouvernementales et des systèmes historiques issus de l’ancien régime, l’ami de Louis Veuillot, le rédacteur à l'Univers, les éprouvait au même degré, dans la ferveur de néophyte, contre tout ce qui portait ombrage à la foi catholique, redevenue la sienne.

Né à Paris le 2 octobre 1815, Léon Aubineau avait recu dans un collège royal une éducation analogue à celle que Gratry, son aîné de dix ans, a décrite en termes navrants au début de ses Souvenirs de jeunesse. Lui aussi, sans laisser de Mémoires, mais parvenu à sa cinquantaine de journalisme et se racontant lui-même aux lecteurs de l'Univers, nous a retracé le tableau de ses études et de ses maîtres!. Quel singulier personnel enseignant que ces professeurs de 1826, citant Paul-Louis Courier à leurs élèves, les entretenant des vertus de Saint-Just et de Robespierre, les prémunissant contre Chateaubriand, que, par un odieux calembour, ils appelaient M. de la Maison-Terne! Après la révolution de Juillet, ce ne fut pas mieux. Le professeur de seconde — un

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