J.-J, Ampère, Histoire littéraire, 1839, t. II, p
l'avait fait Augustin Thierry, sauf que friandise semble un terme trop pâle. Ce professeur de synonymes préférerait gloutonnerie.
L'abbé Gorini ne s'était pas trop aperçu d’abord de cette sorte de profanation. En voyant représenter les saints de ces temps reculés comme des ambitieux, des mondains adonnés au plaisir, des adulateurs du crime sur le trône, des oppresseurs du peuple, et des amis de la bonne chère, il se serait écrié un jour : « Ah !il était vraiment plus facile autrefois d’être saint qu'aujourd'hui! » Deux ans plus tard, le sobre anachorète de la Tranclière revenait de son jugement précipité. « Il n'y a jamais eu dans l’Église, disait-il cette fois, deux manières de devenir saint. Les saints de l’ancien temps ne l'étaient pas autrement que ceux de nos jours ?. » Or il était contemporain du curé d’Ars.
Dès lors, les sourds mouvements de colère qui avaient agité Augustin Thierry, quand, débutant dans la carrière historique, il avait comparé aux eaux claires et vives des sources originales les récits insipides de Mézeray, de Velly, d’Anquetil, les chroniques de Nicolas Gilles et de Du Haïllan: de Nicolas Gilles, peignant Charlemagne en Gargantua; de Du Haillan, comptant le français, sa langue maternelle, parmi les langues que parlait le grand empereur; de Velly discutant sur les apanages des enfants de France au sixième siècle, l’état des princesses filles et la garde noble des reines ; de tel autre représentant Frédegonde en vertugadin; tous ces emportements d’une conscience simplement probe et honnête devant les couleurs faussées et les caractères dénaturés, lui, le prêtre catholique, illes éprouvait avec plus d'indignation encore, mais une indignation volontairement contenue, devant le travestissement sacrilège des saints docteurs et des pères de l'Église, ses devanciers et ses aïeux dans la foi?. De là est né son livre, livre unique en son genre et qu'il faut enfin faire connaitre.
On éprouve à l'ouvrir une étrange impression. Les critiques