‹ La conversion d'Augustin ThierryChapitre 40 sur 48 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

rie à — ee ct nd 1 dt attente à nl ré nr.

cœur égalait le génie. N’en soyons pas surpris, M. Thierry était devenu sincèrement chrétien. « Ma lettre vous étonne, dit-il à M. Hamon, ..... ma lettre vous étonne: Dieu souffre bien qu’on censure ses ouvrages, qui sont parfails ; pourquoi ne t'ouverais-je pas bien qu'on censure les miens, qui sont défectueux! »

La lettre d'Augustin Thierry avait, en effet, été rendue publique par la voie des journaux, au plus grand bonheur du curé de Saint-Denis dans le Bugey et aussi du curé de Saint-Sulpice à Paris, qui n'avait pas manqué d'aller voir le consciencieux historien pour le féliciter et le remercier. L'abbé Hamon avait parlé avec effusion et prononcé les mots de « bel exemple donné au monde ». Ainsi s'explique cette réponse de M. Thierry, plus naïf encore dans la comparaison de ses œuvres avec celles de Dieu que Gorini dans l'accent. de son enthousiasme. Mais ce serait mal comprendre le premier que de voir dans sa pensée une manifestation spontanée de l’inéluctable amour-propre. S'il songe à l’œuvre divine, et, reportant les yeux sur soi, accepte la critique de ses propres imperfections, c'est qu’en rendant témoignage à l'Eglise, il a conscience de remplir une sorte de ministère sacré : « Je veux, disait-il au P. Gratry, corriger tout ce que j'ai pu, quoique de bien bonne foi, écrire contre la vérité, dans tous les sens. Je demande à Dieu tous les jours, toutes les nuits, de me donner le temps d'achever ce travail, car 1l me semble qu’en ceci je travaille pour Dieu. Oui, je me soutiens et m'encourage parfois, dans ma fatigue et mes Insomnies, par cette pensée : Je suis un ouvrier de Dieu. Ne répétez pourtant pas ce mot, ajoutait-il, ce serait prétentieux. Je ne dis cela qu’à vous?. »

S'il se considère comme ouvrier de Dieu, n'est-ce pas plus humble et moins pédant que nos gendelettres invoquant leur soi-disant sacerdoce, un Michelet, par exemple, posant ce blasphème en principe : Et qui donc, sans se croire Dieu, pourrait faire aucune grande chose? Soyons Dieu ?

Cette modestie chrétienne, unie à une délicate courtoisie,

Page 1