Gratry, p
3. Michelet, Histoire de la Révolution française, 1847, in-8, t, I, p. xcrv.
Augustin Thierry continua de les manifester à l’abbé Gorini comme à l’abbé Hamon. « C’est à Lyon ou à Paris que vous devriez être, écrivait-il au prêtre bressan le 24 janvier 1856, et, si vous étiez appelé dans cette dernière ville, croyez, Monsieur, que j'aurais grand plaisir à faire personnellement votre connaissance. » À M. Hamon il disait : « J'ai mélé des erreurs à mes ouvrages; on m'a fait peine en imputant à Lostilité malveillante pour la religion ce qui n’était que l'effet de mon ignorance ; ; mais je veux employer ce qui me reste de vie à les corriger”. »
Avec le eg de la poésie, il plaidait auprès de son bre teur du dimanche, Mgr Perraud, les mêmes circonstances atténuantes: « Jai jugé l’Église catholique comme quelqu’nn qui, pour apprécier la valeur artistique des vitraux d’une cathédrale, se borneraït à les examiner par le dehors. On ne peut se rendre un compte exact des œuvres de ce genre que si l’on entre dans le monument et si l’on regarde directement de face les verrières qui le décorent. Il faut agir de même à l’égard de l'Église catholique. Pour la bien juger, il faut y entrer et la voir par le dedansÿ. »
Ce travail de bonne fot acheva de ruiner ses forces. Se sentant défaillir, il avait, cinq mois avant sa mort, tracé leur tâche à ses exécuteurs testamentaires{ chargés de mener à
1. La lettre entière est reproduite comme la précédente dans la Défense de l'Eglise, t. I, p. xxxvi sqgq. — Mgr Sibour s’occupa de satisfaire ce vœu d'Aug. Thierry et d'attirer l'abbé Gorini à Paris, comme chapelain de Sainte-Geneviève. L'archevêque de Paris ambitionnait « de réunir autour des autels chrétiens les écrivains, les savants, les artistes » dont l’Europe connaissait les noms. Aussi suivait-il avec un vif intérêt les progrès de la conversion d’Augustin Thierry. « Nul n’a ignoré ses pieux et tendres empressements auprès d’un illustre historien aveugle et paralysé, qui aimaït trop la vérité pour que la vérité ne vint pas illuminer la fin de sa vie, et qui, ouvrier de Dieu, comme il s'appelait lui-même à ses derniers jours, a quitté ce monde quand il effaçait de ses livres ce qu'il avait, en toute bonne foi, écrit contre nos croyances. » Vie de Mgr Sibour, par Poujoulat, Paris, 1857, in-8, p. 328 sgq. — Qu'est devenue la lettre d'Augustin Thierry à Mgr Sibour, mentionnée par le P. Gratry ?