‹ La conversion d'Augustin ThierryChapitre 42 sur 48 · Mgr Perraud, p · texte numérisé non relu

Mgr Perraud, p

&. Extrait du testament en date du 19 décembre 1855. Histoire de la Conquête, éd. 1859, Avertissement, Pe 11.

terme l’œuvre commencée. La Conquête seule a été presque entièrement retouchée par Augustin Thierry converti. C'était son « grand ouvrage de jeunesse » et ce fut aussi celui de l’âge mür. Aucun n'avait plus besoin d’être corrigé ; il l’a été assez sincèrement pour que M. Aubineau lui-même ait pu écrire vingt-cinq ans après : « M. Thierry a élevé un monument touchant, bien qu'imparfait, de son amour pour la vérité. Tout en proscrivant ses livres qui restent dangereux, il faut rendre justice à sa mémoire. »

Gorini ne survécut que trois ans à l'historien converti, mais ce fut assez pour recevoir, en même temps que cette deuxième édition de sa Défense de l'Église, un hommage de la Conquête corrigée que M. Amédée Thierry lui adressait en mémoire et comme au nom de son frère Augustin. « Paralysé, tout paralysé », furent les dernières paroles du prêtre mourant, usé lui aussi à force de travail et emporté à cinquante-cinq ans par le même mal. « Ma mission est terminée », avait-il dit encore, et il avait ajouté à sa préface ces quelques lignes qui furent son Munc dimittis : « Avec quel bonheur je trouve corrigés dans la dernière édition de la Conquête tous les endroits signalés dans la première édition de la Défense de l'Église, et qui présentaient de la gravité! Aimer la vérité, c'est aimer Dieu, vérité suprême. Que l’âme de M. Augustin Thierry, qui s’y est si ardemment attachée, en recoive l’éternelle récompense ?! »

Moins dangereux peut-être aujourd’hui qu’autrefois, les autres ouvrages d’Augustin Thierry ont gardé la teinte rationaliste de leur époque. Les espérances qu’exprimait Mgr Pie, en 1854, d’une édition irréprochable, n’ont pas été réalisées jusqu’au bout*. Il reste à l'éternel honneur de l’his-

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