‹ La conversion d'Augustin ThierryChapitre 43 sur 48 · Défense, t. I, p. xe · texte numérisé non relu

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3. « Oui, sans nul doute, la période dans laquelle nous vivons est meilleure à certains égards que la période qui a précédé. Sous l'empire des circonstances que nous avons traversées, et par le concours de plusieurs causes diverses, de précieux résultats ont été obtenus. Il est même des esprits que la grâce a complètement changés, des cœurs qu'elle a entièrement conquis. Nous serions indiscret et précipité peut-être, si nous nommions ici tel historien éminent, qui eût longtemps le malheur de méconnaitre l’action divine du christianisme parmi les éléments confus de nos origines nationales et qui

torien de les avoir fait concevoir et de les avoir en partie justifiées.

désormais, éclairé d'une lumière plus haute et plus désirable que la lumière méme des yeux, demande au ciel le temps de revoir ses œuvres, pour y restituer au Verbe fait chair la grande part qui lui revient dans l’histoire de l'humanité régénérée par son sang et par ses doctrines. » Mgr Pie, OŒEuvres, t. 11, p. 34. Première instruction synodale sur les principales erreurs du temps présent. 7 juillet 1855. — Nous renvoyons les curieux d'une critique détaillée faite au point de vue catholique, aux articles publiés dans les Etudes (mars et décembre) 1861, par le regretté père V. Alet, sous ce titre: L'Eglise romaine et la Grande-Bretagne avant la conquête normande. Examen critique du système de M, Augustin Thierry et de quelques autres historiens modrrnes. — Etudes de théologie, 1561, pp. 26-59 et 575-604. Cette étude, malgré sa date, vise l'édition de 1851, antérieure aux corrections, et non l'édition corrigée de 1859. Plusieurs références en sont peu exactes. M. Aug. Thierry y est qualifié de « célèbre académicien (p. 26) », de « docte académicien |p. 32) »; mais le fond de cette apologie est solide, quoique sévère. Les conclusions relatives à la conversion sont celles que nous avons développées : « La religion, que ses écrits avaient trop longtemps attristée, fut consolée à son heure suprême, et les amis... accourus pour lui rendre un dernier hommage. louèrent, sur sa tombe entr'ouverte, les qualités de l'homme et le mérite de l'écrivain, sans avoir à lui faire honneur de ce rationalisme hardi où il se trouva de bonne heure engagé, mais d'où l'étude, la réflexion, la droiture du cœur, finirent par retirer sa belle intelligence. La vérité ca-

tholique à donc pu se glorifier d'une nouvelle et noble conquête (pp.26-27.).»

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ALLOCUTION PRONONCÉE PAR M. L’ABBÉ HAMON, CURÉ DE SAINT-SULPICE, AUX OBSÈQUES D’AUGUSTIN THIERRY, LE SAMEDI 24 MAI 1856 1

Messieurs,

Au milieu des pompeux éloges qui retentissent de toutes parts à la gloire de M. Augustin Thierry, la religion a aussi son mot à dire dans cette lugubre cérémonie. Plus d’une fois l’illustre défunt a bien voulu épancher son cœur dans le mien, et je dois à sa mémoire de révéler ces communications intimes dont il m’a fait le confident, parce qu’elles l’honorent plus que tous les éloges. Dès notre première entrevue, 1l tint à me faire sa profession de foi; je me le rappelle encore avec bonheur : « L’office de la raison, me dit-il, est de nous démontrer que Dieu a parlé aux hommes par Jésus-Christ; et une fois ce grand fait démontré par l’histoire, la raison n’a plus droit de discuter; son devoir est d’apprendre par l'Évangile et par l'Église ce que Dieu a dit, et de le croire; c'est le plus noble usage qu’elle puisse faire de ses facultés. » Et cette déclaration de principes, si claire et si catholique, M. Thierry ne la dissimulait à personne. Un jour, un homme qui se croyait habile en histoire se permit de dire en sa présence que la papauté était une institution humaine qui remontait au quatrième siècle : « Vous vous trompez, reprit aussitôt le vénérable historien, la papauté remonte jusqu’à saint Pierre, et par saint Pierre à Jésus-Christ, le divin fondateur de l'Église. » "1

Heureux de telles paroles, je cultivai avec délices cet homme éminent, non autant que je l’aurais voulu, mais autant que me le permettait mon ministère, et toujours je le trouvai également ferme dans sa croyance. Plusieurs fois je lui parlai de ses ouvrages avec cette liberté qu'autorisait la douceur de son commerce :

4. Ce discours, paru d’abord dans l'Ami de la Religion du 26 mai 1856 {(t. CLXXII, p, 248), fut reproduit par l'Univers du mercredi 28 mai, Nous le citons ici d'après la Vie de M. Hamon, par L. Branchereau, prêtre de Saint-Sulpice, 2e édition, 1881, pp. 246 sggq.

« J'y ai mêlé des erreurs, me dit-il; on m'a fait peine en imputant à hostilité malveillante pour la religion ce qui n’était que l'effet de mon ignorance, mais je veux employer ce qui me reste de vie à les corriger. » Nobles paroles, Messieurs, qui sont à elles seules un magnifique éloge. M. Thierry n’était pas de ces petits esprits, infatués d'eux-mêmes et de la renommée, qui croiraient descendre en disant : Je me suis trompe. Il comprenait que la vérité a des droits imprescriptibles, supérieurs à tous les misérables intérêts de l’amour-propre, et que l’homme n’est jamais plus grand que quand il est dans le vrai, je me trompe, que quand il a le courage d’y rentrer après en être sorti. Un jour il reçoit de la province un livre intitulé : Erreurs de M. Augustin Thierry; 1l se le fait lire ; il est ravi, et 1l écrit à l’auteur’, un de ces ecclésiastiques qui, dans un presbytère de campagne, savent être des hommes érudits, une lettre de remerciments et de félicitations : de remerciments pour le bienfait de la vérité que lui ont apportée ces pages savantes, de félicitations pour le remarquable mérite de celui qui l’a censuré. Ravi moi-même de si nobles sentiments, j'allai à mon tour féliciter et remercier avec effusion l’homme éminent qui donnait au monde un si bel exemple. « Ma lettre vous étonne, me répondit-il; Dieu souffre bien qu’on censure ses ouvrages qui sont parfaits; pourquoi ne trouverais-je pas bien qu’on censure les miens qui sont défectueux? »

A la suite de ces communications si consolantes pour le cœur d’un prêtre, je proposai à M. Augustin Thierry de tirer les conséquences de ses croyances, de passer de la foi à la pratique, et d’honorer les cheveux blancs par l’accomplissement courageux de tous les devoirs que la religion impose. « Je vous comprends, me répondit-il; déjà je suis membre des conférences de Saint- Vincent de Paul, je viens en aide aux malheureux qui m'implorent; mais je sens que Dieu me demande autre chose, qu'il faut me réconcilier avec lui par les sacrements. Eh bien! je vous le promets, je me confesserai, je communierai. » Et voilà que ma grande surprise il récite, avec un accent de foi que je n’oublierai jamais, les paroles que l Église adresse à Jésus-Christ présent dans l Eucharistie : Adoro te, supplex, latens Deitas, quæ sub

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