PRELIMINAIRES. Q
conscience prouvera que ces prétentions d'originalité ne peuvent séduire que les personnes peu versées dans la connaissance des littératures étrangères. Prenons pour exemple Hernani lui-même.
L'idée première de ce drame appartient àPrior (i), auteur d'un charmant poème intitulé Hent^ and Emma. Le sentiment passionné d'Emma pour un inconnu n'a rien qui blesse les convenances et paraisse invraisemblable. Le poète anglais a pris soin d'en marquer la naissance et les progrès^ le lecteur est préparé à l'énergique résolution que prend la jeune fille d'unir sa destinée à celle d'un homme rejeté par la société et eu guerre avec elle. Après un dialogue admirable de naturel et de poésie, Henry, touché de tant de sacrifices et de dévouement , se fait connaître pour le noble héritier du comte Edgar : alors la voix du poète, s'élève , et le souvenir d'un illustre et puissant guerrier lui inspire uu chant de gloire et de patriotisme,
M. Victor Hugo, en traversant le romanesque, est tombé dans l'absurde. Ce n'est pas là ce qui constitue le génie de l'invention. DonaSol et Hernani sont dans une position pareille à celle d'Henry et d'Emma j seu-
(i) Ce poème, plein de grâces et de naïveté, est imité luimême d'une vieille ballade anglaise, the NiU-brownmaid.