JO EXPLICATIONS
lemeiit, cette situation ne paraît pas naturelle, rien n'en justifie la singularité. Hernani , comme son modèle, se déclare, au dénouement, l'héritier d'une noble famille j mais l'incident du cor est une extravagance qui blesse la raison et la vérité historique. Le suicide , dans les idées populaires du seizième siècle, était une grave offense envers Dieu et la société ; nulle idée d'honneur ne pouvait y être attachée, surtout d'honneur castillan, que domine encore aujourd'hui le sentiment religieux. Cette mort violente n'a d'autre mérite que celui de fournir à une actrice, autrefois mieux inspirée, l'occasion d'imiter les effrayantes convulsions d'une longue agonie, ornement obligé du drame moderne, précieuse ressource d'une école incapable de soulever d'autres émotions que celles de l'horreur et du dégoût.
On a beaucoup vanté la scène originale où Ruy deSilva montre à don Carlos les portraits de ses ancêtres, (pii lui défendent de livrer un proscrit à la vengeance du prince. L'idée est dramatique^ c'est ce qu'il y a de mieux dans Hernani , à part la trivialité affectée du langagie. Malheureusement pour l'honneur de l'originalité romantique, cette scène est empruntée d'une tragédie anglaise de Shiel , intitulée Eimdiié. M. Victor Hugo n'a fait (jue substituer des portraits à des statues , ce qui ne prouve pas une grande puissance d'imagination. Dans la pièce de M. Victor Hugo , don Carlos dentande au vieux Silva la remise