‹ La conversion [microform]Chapitre 11 sur 48 · Les Témoins du renoureau cat/ioiigue, p · texte numérisé non relu

Les Témoins du renoureau cat/ioiigue, p

connaître les sources de ma conviction, les foyers lumineux qui avec la grâce de I>ieu pourraient éclairer des âmes sœurs? »

Présomption très légitime, car elle s'appuie sur deux des forces les plus profondes qui entraînent les hommes : la puissance de la vérité et la puissance de Fexemple. Comme le fait très bien valoir le R. P. Sertillanges, « les dispositions intérieures, humaines et divines — je veux dire le bon vouloir et la grâce, et aussi l'occurrence heureuse, qui est pour nous l'heure de Dieu, — sont essentielles plus qu'on ne peut dire à la conversion ; mais si les- motifs concourent — et qui oserait le contester ? — ils peuvent servir deux fois ; ils peuvent servir autant de fois^ que les circonstances précitées- leur donneront de la prise. Pourquoi dès lors négliger de les ébruiter, notamment à l'usage de milieux où les dispositions du même genre sont fréquentes ? Quod isti et istae, cur non ego ? prononcera vaguement l'esprit d'imitation qui en nous tous sommeille. Pourquoi pas moi, en effet , dira l'hésitant, d'aujourd'hui , dira l'oublieux de de-

main, en écoutant le converti d'hier ^ »

Les convertis connaissent aussi l'emprise du respect humain, surtout sur nos Français contemporains. Eux-mêmes l'ont plus d'une fois subie, en ont pâti. Déjà chrétien au fond de l'âme, Paul Claudel hésite à passer à la pratique. « L'avouerai-je? Au fond le sentiment le plus fort qui m'empêchait de déclarer mes convictions était le respect humain. La pensée d'annoncer à tous ma conversion , de dire à mes parents que j e voulais faire maigre le vendredi, de me proclamer moi-même un de ces catholiques tant raillés, me donnait des sueurs froides-. »

Plus d'un nouveau chrétien aura à cœur de réparer ouvertement ces faiblesses passées et par la profession retentissante de son catholicisme de rendre courage à ceux qu'arrêtent d'enfantines terreurs.

Dans le passé, ces mêmes réflexions ont dû se présenter à l'esprit de bien des convertisj et cependant ils écrivaient moins que de nos jours. Plusieurs n'ont pris la plume que poussés par la nécessité de ré-

i. Les Témoins da renouveau catholique. Introduction, p. 11.

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