LES RECLAMATIONS D ARLES
Etats de Blois, Marseille députa trais représentants, qu'il fallait bien prévoir les cas de maladie ou d'absence forcée, le viguier se rendit à ces raisons et le conseil ce ballotta y> Léon de Valbelle, qui obtint l'unanimité moins une voix.
La question des cahiers est aussi discutée et résolue. En 1614, la ville était divisée en trois quartiers : Blanquerie, Cavaillon et Saint Jean. Le conseil municipal choisit deux conseillers de chacun de ces quartiers et leur commit le soin de dresser les doléances. Il n'est pas jusqu'à la somme allouée à chaque député — quinze cents livres — que nous ne connaissions, tant Grosson mit de soins dans ses recherches. Nous savons, enfin, qu'en 1576 les députés de Marseille eurent séance et furent appelés parle grand maître des cérémonies après les députés du comté de Provence et immédiatement avant ceux du comté de la Marche. A une époque aussi chatouilleuse sur les prérogatives, ce détail d'étiquette ne manquait pas d'importance.
De son côté, Arles délibérait en même temps que Marseille et mettait en avant des prétextes à peu près analogues pour en arriver aux mêmes conclusions. Séparée du reste de la Provence en vertu de conventions avec ses anciens comtes, elle avait eu, à ce titre, le droit de députer aux États généraux du royaume (1). Elle aussi gardait pieusement dans ses archives une lettre de Louis XIII du 10 juin 1614 « à ses très chers et bien amés les consuls nobles, bourgeois et habitants ». Les mêmes expressions s'y rencontraient : elle devait choisir ce un ou deux
(1) Arch. nat., B^ 14, 1. 1, p. 1, 8 octobre 1788.
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personnages de siirfisance et intégrité ». Et, nouveau trait de ressemblance avec sa puissante voisine, bien que moins poj)uleuse, Arles avait su combler les vœux de Sa Majesté ; pour deux députés que Louis XIII lui demandait, elle en avait envoyé trois. Afin (ju'il n'y eût à ce sujet aucun doute, on citait les noms de ces illustres inconnus : Gabriel de Varadier, premier consul-gouverneur, Pierre Daugières, assesseur de la maison commune et Roubert Martin, dit Vacherin, bourgeois.
Mais tandis que les officiers municipaux de Marseille, suj)posant que leur qualité et l'importance de la ville les mettaient à l'abri d'un échec, s'étaient bornés à transmettre les fruits de leurs recherches aux ministres du roi, les consuls-gouverneurs d'Arles, plus habiles, intéressaient à leur cause l'archevêque Dulau (1). Dulau était à Paris en décembre 1788 et janvier 1781). Il écrivit à Necker le 1^'^ janvier pour lui demander son concours. Les arguments qu'il invoquait à l'appui de son dire n'étaient pas nouveaux ; nous les avons vus déjà utilisés par Marseille. Ils avaient de plus le rare avantage d'être présentés par un archevêque et devaient, grâce à son apostille, être plus favorablement accueillis.
En résumé, deux villes importantes à divers titres, Marseille et Arles, demandaient qu'il leur fût permis de députer directement aux Etats généraux; le Pays de Provence, docile dans sa généralité aux objurgations d'Aix, désirait que la convocation eût lieu
(1) .Ican Mario Dilat, iic le .'ÎO il comptait comme siiffragants
octobre 17,{.S. sacré le 1'' octobre les évèques de Marseille, Saint
1775, massacré à Paris, aux Car- Paul Trois Châteaux, Toulon et
mes. le '2 septembre 17i)2. Arche- Orange. vê(|ue tiualilié primat et piince,