‹ La Convocation des États généraux en ProvenceChapitre 45 sur 116 · LE CLERGE DE LA VILLE I) ARLES · texte numérisé non relu

LE CLERGE DE LA VILLE I) ARLES

Le clergé marseillais aura, lui aussi, deux représentants. Le clergé de la ville d'Arles est dix fois plus nombreux. L'archevêché rapporte cent mille livres; l'abbaye de Montmajour cent quatre-vingt mille ; quantité de bénéficiers possèdent des biens sur le terroir. On y relève encore un grand prieuré, plusieurs commanderies de Malte et des plus riches, deux chapitres (1), une abbaye de femmes (2). Tarascon possède un chapitre dont le doyenné vaut trente ou quarante mille livres, une abbaye, etc.. De cette sénéchaussée dépendent la majeure partie des paroisses des archevêchés d'Arles et d'Avignon, plusieurs cures des diocèses d'Aix, d'Orange, de Saint-Paul-Trois-Châteaux et de Die (3). Et pour représenter un clergé aussi riche et aussi nombreux,

(le la Tour, chevalier de Saint Louis ; le comte de Grille, mar- ([uis d'Estoublon , chevalier de l'ordre de Malte ; de Roi de Vacquières ; de Vacquières de Montroux ; de Nicolay ; de Montfort ; Maurice de Montfort ; de Montfort de Gromanille ; d'Antonelle aîné ; le chevalier d'Antonelle ; le marquis de Barras Lançac ; de Privât Fontanille ; d'Icard de Perignan ; le baron de Nans ; de Catallan ; de Mandon ; marquis de Campredon ; de Lincel ; de Chiavari fils ; de Saint Roman ; le baron de Meyran ; le comte de Cays.

Les marquis de Lagoy, d'Avignon d'Anduze et M. de Fouquières, étant mineurs, pouvaient se faire représenter parleurs tuteurs ou curateurs.

Les abbés de Laurent Beaujeu, de Chabrillant et de Castellet, pouvaient assister aux assemblées

de la noblesse comme possédant des propriétés foncières à titre de patrimoines ou comme biens laïques.

Enfin, mesdames de Cays, de Barras la Penne, de Barras Lançac, de Guilhem (douairière), de Viguier, d'Icard des Vantes, de Tassin, — et Mesdemoiselles de Giraud, de La Tour et de Nicola}', possédant des terres de leur chef, avaient le droit d'assister par procureurs à l'assemblée de la sénéchaussée. (Arch. nat., B» 14, 1. 7, p. 11).

(1) Ceux de l'église cathédrale et de la Major.

(2) L'abbaye de Saint-Césaire, dans la ville d'Arles.

(3) «... Des 8 évêchés suffragants de l'archevêché d'Arles, il n'en reste plus que 4 : Marseille, Saint Paul Trois Châteaux,Toulon et Orange. Les évêchés d'Avignon, Carpentras, Cavaillon et Vaison

on ne lui accorde qu'un député, tandis que Marseille en a deux !

La disproportion de traitement est tellement criante que le gouvernement a résolu d'y porter remède. Il a voulu ordonner que des deux députés du tiers delà sénéchaussée, un serait pris parmi les électeurs d'Arles (1). Mais sa bonne volonté est restée lettre morte, la constitution du pays-état mettant sur le même pied la noblesse et le tiers, aussi bien pour les impositions que pour l'administration de la cité et du terroir. Arles, en efl'et, envisagée sous ce double rapport, faisait tache en Provence. Les biens nobles et roturiers y étaient soumis aux mêmes charges sans distinction. Une seule exemption y était tolérée, mais personnelle et minime: celle des droits de piquet en faveur des ecclésiastiques. Elle ne s'élevait pas annuellement à dix-huit cents livres.

Si on envisageait cette question de proportion pour les députés au point de vue de l'afFouagement, c'était encore plus convaincant pour le bien fondé des réclamations d'Arles. Le pays-état était affouage deux cents feux et la sénéchaussée tout entière cinq cent cinquante-un. a Si la représentation devait être accordée en raison de la population combinée avec les ressources de chaque pays, la proportion était encore plus altérée au désavantage d'Arles. Arles aurait un dixième de voix, tandis qu'elle devrait

en ont été{listraitscnl47r), quand vaillon et \'aison ». (Fixpilly, op-

le premier fut érigé en archevè- cit., t. I, p. 256). ché... Le pape Sixte IV rendit (1) Arch. nat., B^» 14, 1. 2, p. 18.

sutTragants de cette métropole Lettre du l)aron de Faucon, Paris,

les évêchés de Carpentras. Ca- 26 mars 1789.

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