LE POUVOIR DU SKNIXHAL
tioii, (c il ne poussera pas les débats aussi loin qu'il le pourrait ». Il se contente (( de gémir», après y avoir et mis les bornes que la décence lui prescrivait ». La réflexion qu'il ajoute à ses soupirs ne manque pas de justesse : « ces débats auraient sans doute été prévenus si quelque chose eût été fixé et assigné d'une manière précise dans les règlements » (1).
On ne sait pas au juste où commence le pouvoir du lieutenant général, où celui du sénéchal finit. L'article 41 du règlement du 22 janvier attribue à celui-ci la présidence de l'ordre de la noblesse, à son lieutenant la présidence de l'assemblée du tiers. Il semble donc que le lieutenant soit souverain dans la chambre qu'il préside. Erreur encore. L'incident suivant démontre de façon péremptoire qu'il n'est pas juge de la qualité de ceux qui le composent. Le tiers état de la sénéchaussée de Marseille s'est réuni le 4 avril sous la présidence de M. de Demandolx
(1) «... Je ne puis m'empècher que doit occuper l'un et celle que
de vous observer que le silence doit occuper l'autre, a donné lieu
gardé par le règlement pour la entre mon lieutenant et moi à
convocation aux Etats généraux quelques débats que je n'ai pas
du 24 janvier dernier, par celui poussés aussi loin que je l'aurais
pour le comté de Provence du pu et auxquels jai bientôt mis
2 mars et par les ordonnances et les bornes que la décence me
instructions pour les baillis et prescrivait. Ces débats auraient
sénéchaux du royaume sur la sans doute été prévenus, si
place que doit occuper dans Tas- quelque chose eût été fixé et
semblée des trois ordres mon assigné d'une manière précise
lieutenant, et sur les distinctions dans les règlements...» Arch. nat.,
et les nuances à poser entre celle B^ 50, 1. 3, p. 6.
pour élire ses députés aux Etats généraux. Il se trouve ({u'un des députés électeurs commis par les citoyens ])ourgeois et propriétaires non corporés, Manoly cadet, ne se présente pas. Rebecquy aîné vient pour le remplacer. Mais il y a un serment à prêter et M. de Demandolx, simple lieutenant général, n'a pas, paraît-il, qualité pour le recevoir. Il faut que M. de Forbin en personne « se rende dans l'assemblée pour cet objet ». Il se retire ensuite.
C'est encore de M. de Forbin que nous devons parler. Il était écrit que les émotions ne seraient pas ménagées à ce malheureux gentilhomme et que sa patience serait mise à la plus dure épreuve. On se souvient que le roi avait, malgré les doléances des officiers municipaux de Marseille, adressé les Lettres de convocation au sénéchal. Les municipaux gardèrent sur leur cœur le souvenir de leur déconvenue et saisirent l'occasion de la solennité la plus procliaine pour renouveler leur protestation et la faire plus éclatante en la rendant pul)lique. En présence des trois ordres, un avocat parlant au nom des 90 électeurs lut un mémoire contre la présidence du sénéchal. Ce grave manquement à l'étiquette exaspéra M. de Forbin. Il vit là une injure personnelle et il en demanda raison à Villedeuil. Se rappelant sans doute certain lit de justice où Louis XV arracha toute une procédure gênante des registres du parlement, il rêva un châtiment analogue à l'égard des municipaux assez osés pour contester ses droits (1).
(1) «... J'avais omis dans les part du corps de ville de Mar-
comptes précédents de vous faire seille, laquelle fut solennellement
part dune protestation qui me exprimée par lorgane d'un avocat,
fut adressée en personne en ma l'un des 90, pendant la tenue de
<pialité de grand sénéchal de la la première assemblée et en pré-