‹ La Convocation des États généraux en ProvenceChapitre 53 sur 116 · LES PLAINTES DES CHANOINES · texte numérisé non relu

LES PLAINTES DES CHANOINES

l'cclésiastiques « attachés par quelque fonction au service du chai^itre ». Ils nommeront un député à raison de vingt membres présents et au-dessous; deux de vingt à quarante et ainsi de suite. Il paraît donc que les distances ont été observées, que les chanoines n'ont aucune raison de se plaindre, que satisfaction a été donnée à leurs prétentions de représenter le chapitre avant tous autres. C'est une erreur.

Le chapitre cathédral de la Major, à Marseille, comprenait, au début de 1789, treize dignitaires et chanoines (1). Sur ce nombre, neuf seulement étaient présents, trois absents pour affaire du chapitre ou à raison de leurs bénéfices ou encore pour leur service à la cour. Or, le bas chœur de l'église était composé de 28 ecclésiastiques engagés dans les ordres et plus de vingt d'entre eux étaient présents. Si on appliquait à la lettre le règlement royal, les bas ecclésiastiques de ce chapitre enverraient deux députés à l'assemblée de la sénéchaussée, tandis que les chanoines n'en auraient qu'un. En outre, les chapitres de Saint Martin et des Accoules (2), s'appuyant sur les articles 10, 14 et 15 du même règlement, se croyaient autorisés par lui à députer un représentant chacun , indépendamment du

(1) C'étaient : Jacques Augustin Martin, prévôt ; Jacques Thomas Rambaud , sacristain ; Charles Marc Martin, capiscol ; André Martin ; Joseph Balthazar de RoBiNEAU DE Beaulieu ; Hyacinte Marie Rémuzat ; Jean François DE Demandolx, théologal ; Marc Antoine Deidier ; François Xavier Martin ; Jean-Baptiste

Pinatel ; Louis François de George d'Ollières de Luminy et Jean Joseph Michel de Mont- MURAT. Ces deux derniers résidaient à Paris. Il n'avait pas été nommé d'archidiacre. {Almanach de Marseille, 1789, p. 61).

(2) Le chapitre des Accoules était prieur de Gemenos et nommait à la cure.

concours des chanoines exerçant les cures de ces deux paroisses, ce qui donnerait séance à deux membres de chacun de ces chapitres dans l'ordre du clergé, tandis que celui de l'église cathédrale serait réduit à un.

Le lieutenant général de la sénéchaussée, M. de Demandolx, frappé de ces iniquités, essaya de les redresser par son ordonnance du 18 mars. Interprétant le règlement du 24 janvier dans son sens le plus large, il se prononça pour l'admission de deux députés du chapitre cathédral que pourraient élire les présents quoique en moindre nombre que dix.

Mais une protestation des plus véhémentes était de suite lancée contre le lieutenant général et son ordonnance et adressée à Necker (1). Les signataires donnent à entendre au ministre que M. de Demandolx ne connaissait pas un mot des constitutions particulières des chapitres marseillais, (c II prenait son motif sur ceux de Saint Martin et de Notre Dame des Accoules ». Mais ces chapitres, collégiales

(1) «... Il y a plus, monsei- et au choix des députés aux États

gneur. Trois paroisse3 de la ville généraux directement et en leur

de Marseille ont dans leur district qualité. Ces ecclésiastiques sont

et dans leur terroir des annexes à la disposition et sous la dépen-

desservies par des prêtres amo- dance de M. lévêque. Leur suf-

vibles et dépendant desdites pa- frage sera gêné par la crainte de

roisses. Contre le dispositif du déplaire à celui de qui dépend

règlement qui enjoint aux prêtres leur sort. Ces objets sont trop

attachés par quelque fonction au importants pour ne pas espérer

service des églises dont ils dé- de Votre Grandeur une juste

pendent de choisir leurs députés satisfaction. L'intention de Sa

dans le nombre graduel dun sur Majesté ne tend qu'à la liberté

vingt présents et au-dessous, AL le des suffrages et au bon choix des

lieutenant a assigné tous ces députés. Nous osons nous flatter

prêtres amovibles qui sont au et nous vous supplions de vouloir

nombre de trente environ, pour bien nous assurer lun et l'autre ".

voter à l'assemblée des trois Signé : Villeneuve Bargemon,

ordres la rédaction des cahiers chantre et comte de Saint Victor;

LE chapitrp: dk fukjus

et cures à la fois étaient seuls dans le cas d'avoir deux députés. Tous leurs membres en était curés en vertu de leurs titres, il était naturel aussi que la collégiale eût son député et la cure le sien. Pourquoi faire une exception en faveur de la Major, quand une collégiale noble, comme celle de Saint Victor (1) aussi riclie au moins en possessions que

Bausset, comte de Saint Victor, vicaire général d'Apt ; Olive, curé de Saint Ferréol ; Davin, chanoine administrateur du chapitre de Saint Martin ; Bertrand , chanoine de Notre Dame des Accoules ; Nicolas, chanoine curé de Notre Dame des Accoules ; Rabbe, prêtre de l'Oratoire ; Pel- LET, prêtre, chargé des pouvoirs de M. le prieur, curé de Saint Laurent; Bertin, provincial des Carmes déchaussés et député de la communauté pour assister à l'assemblée des trois ordres ; Canton, chanoine curé de Saint Martin. (Arch. nat., B^ 50, 1. 6, p. 4).

(1) ... Cette abbaye a été sécularisée en suite des bulles de la cour de Rome et des formalités ordinaires,approuvées par Lettres Patentes de S. M. données à Compiégne en 1751. Elles donnent à cette église le titre de Noble, Insigne et Collégiale. Les chanoines doivent faire preuve de 150 ans de noblesse paternelle et doivent être provençaux... Ils portent une croix à huit pointes, attachée à un cordon rouge en camail ; d'un côté Saint Victor, avec ces mots : Sancti Victoris Massiliensis, et de l'autre, le portail de l'église avec cette devise : moniimentis et nobilitate însignis.

Les principales dignités du chapitre sont à la nomination du roi, les canonicatsà cellede l'abbé conjointement avec le chapitre, qui est composé d'un prévôt, un chantre, un trésorier, seize chanoines, six places de petits chanoines amovibles. (Almanuch de Marseille, 1770, p. 41 et 42).

En 1789, il n'}^ avait pas d'abbé, mais le chapitre était composé de 19 chanoines comtes : Charles DE Sade, abbé commendataire d'Issoudun, prévôt ; Barthélémy Joseph DE Villeneuve Barge- MON, chantre ; Lazare Victor de Jarente la Bruyère, abbé d'Ainay, trésorier honoraire ; Antoine Gaspard d'ARBAUD de ChateauviEux, trésorier ; Louis Joseph DE Laugier de Beaucouse ; Balthazar de Sabran ; Jacques Louis Auguste DE Thomassin de Peynier, abbé d'Aiguebelle ; François Joseph DE Damian, prévôt de Pignans ; Joseph de Glandevès, abbé de Sauve ; Jean Antoine d'HosTAGER ; Claude François Romée deVilleneu ve Tourrette, vie. gén. du diocèse de Nevers ; Alphonse Constance de P()ntevi':s, grand vicaire de l'évêque de Blois ; Jean Paul de Villeneuve Saint AuBAN ; Emmanuel François Paul Gabriel Hilaire de Bausset Roquefort, vie. gén. d'Apt ; Augustin de Fabre de Mazan : Paul

l'église cathédrale, n'élevait aucune réclamation contre le règlement royal et se préparait à députer conformément à ses prescriptions?

Le chapitre de Fréjus fait entendre des doléances à peu prés analogues. Naturellement il se plaint « de l'insuffisance de la représentation qui lui a été accordée )). Pourquoi a-t-on donné une influence individuelle à tous les bénéficiers '? Les prêtres du bas chœur, les chantres gagés « ont été étonnés de se voir élevés au rang de ceux de qui ils sont stipendiaires ))(1). On leur a donné, il est vrai, une influence moindre ; mais comme cette proportion dépendait de leur nombre et des circonstances locales, la plupart (k ont joui d'une plus grande influence que les corps de qui ils étaient dépendants ^). Les bénéliciers de Lorgnes me semblent être dans le vrai quand ils disent que a la duplicité du corps dans les chapitres où il n'existe de différence entre les individus que celles du revenu et de l'honorifique ne présente aux yeux du sage qu'une hydre de discorde ». L'hydre, on vient de la voir se lever. Il faudrait abattre d'un seul coup toutes les têtes par le système de fusion et d'unité. Déjà ce système avait été mis en pratique dans les cathédrales de Digne et de Marseille. Les chanoines et bénéficiers de Riez l'avaient aussi appliqué , système nécessaire autant qu'avantageux

Ambroisc dk Barras ; Melchior Suffren de Saint Tropez, évêquc

DE FoRBiN La Barbhn, vie. gén. de Sisteron, ancien prévôt de

d'Aix ; (jiiillaumc Charles dk ral)l)aye ; Emmanuel F'rançois

HaoissktSkillons; André Elzéar dk Bausskt Roquefort, évêque

DE CLApn:Rs ; dk Clapiers Saint de Fréjus ; et Jean-Baptiste dk

.Iean. Il y avait en outre 3 elia- Belloy, évêque de Marseille,

noincs comtes honoraires. (1) Arch. nat., B* (il), 24 mars

C'étaient, daprès la date de leur 1789. réception : Louis Jérôme de

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