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LES MUNICIPAUX DE MARSEILLE

Depuis le règlement de 1767, Marseille a, en effet, lin maire noble , avec lui 4 échevins et un assesseur. Sur les 41 conseillers qui assistent ou sont censés assister ce magistrat, 5 s'intitulent conseillers-nés (parmi eux 3 anciens échevins), 9 autres appartiennent à la noblesse, 3 à l'ordre des avocats, 9 sont négociants, 9 bourgeois et 6 marchands (1). Pour que le tiers, c'est à dire les négociants, bourgeois et inarchands pussent exercer dans le conseil l'influence que leur assurait leur nombre, il faudrait qu'ils fussent toujours d'accord sur les questions importantes. Or, ils ne peuvent pas s'entendre même sur les points les plus secondaires. Les négociants haïssent les marchands, qui le leur rendent bien, les avocats sont au plus mal avec les bourgeois, la noblesse domine le tout, non sans dédain. Tout ce monde ne s'entend que pour défendre ses insoutenables prérogatives.

On a vu que le règlement du 2 mars, confirmé par l'arrêt du conseil du 24, attribuait à la ville de Marseille 90 électeurs. Mais celui du 24 janvier.

(1) En outre des maire, échevins et assesseur dont il a été parlé plus haut, le conseil municipal de Marseille était ainsi composé en 1789.

Conseillers-nés : Jean Pierre d'Isnard, François Berrin, Claude lîlanchard, Joseph Mortuel, Joseph Davin, anciens échevins.

Nobles : le chev. de Cipières, de Rians, Girard du Demaine, le chev. de Montgrand, Surian de Bras, de Viguier, J. L. Roland, Antoine d'Anthoine.

Avocats : J. B. Cresp, Jos. Roustan, Lejourdan fils.

Négociants : J. Gabriel Merle, Estieu aîné, Jacques Brès, Gimon aîné, Couturier, Louis Gilly, Martin, Devoulx aîné, Justinien Greling.

Bourgeois .• Verdilhon Correard, Esprit Jullien, Antelmy, Dallet de Careffe, Constantin, Simeonis cadet, Espanet, C3'prien Laurens}'. Nie. Alph. Dagnan.

Marcliands : Poge aîné, d'Aiglun, Mersanne, J. Ant. Guigou, J. B. Deidier, Chaudon.

prescrivait la tenue d'assemblées différentes qui nommaient chacune un ou plusieurs députés, lesquels, se réunissant à leur tour, se réduisaient au chiffre de 90. Ainsi, les corporations d'arts et métiers choisissaient un député à raison de cent individus ou au dessous, présents; deux au dessus de cent, et ainsi de suite. Les corporations d'arts libéraux nommaient deux députés à raison de cent présents ou au dessous, quatre au dessus de cent, et ainsi de suite. Dans la même proportion que ces derniers les non corporés, bourgeois et autres, nommaient à leur tour. Il est aisé de voir que le roi s'était appliqué à diminuer le plus possible l'influence des corporations, tout en les appelant à faire partie du collège ; électoral.

Nous n'avons pas les procès-verbaux des élections des corporations. C'est une lacune des plus regrettables, car elle nous empêche de nous prononcer sur la validité du choix qu'elles firent. Mais par le verbal ■ des élections des non corporés nous pouvons apprécier à leur juste valeur les efforts désespérés des négo- ' ciants et les moyens sujets à caution qu'ils employé- . rent pour empêcher qu'il arrivât à l'assemblée de réduction des élus qui leur fussent défavorables.

On a vu, lors de leurs démêlés avec M. de Demandolx, que, réunis sous la présidence de M. Thulis, les négociants avaient élu 12 d'entre eux. Les non corporés avaient à choisir un nombre égal de représentants. C'étaient eux sans doute qui tenaient entre leurs mains la nomination des députés aux Étatj généraux. Les corporations étaient nombreuses, défiantes et désunies, grâce à leurs intérêts souveni opposés. La bourgeoisie en faisant un choix de 12 députés honorables pouvait attirer autour d'eux

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