‹ La Convocation des États généraux en ProvenceChapitre 71 sur 116 · LES ÉLECTEURS DE MARSEILLE · texte numérisé non relu

LES ÉLECTEURS DE MARSEILLE

y on a cru devoir nommer au cas où les élus n'accepteraient pas leur mandat, sont encore moins favorisés. Long de Roussier a 73 voix, Borel 72, Bagarry 69, Olive Yerdau 69, Perrin père 67 et J.-B. Daniel clôt le défilé avec 66.

A regarder la composition des 90 électeurs de la sénéchaussée, produit d'une réduction dont il ne nous est resté aucun verbal, on sent de suite à qui la députation aux Etats généraux va appartenir. Sur les 176 voix que comptaient les corporés avant la réduction, il en reste 55 : 121 ont été éliminées. Mais les 12 négociants nommés n'ont perdu aucun des leurs ; la réduction ne les a pas même effleurés. De plus, 5 des 12 non corporés élus le 20 mars votent manifestement avec eux. Les 17 vont faire la loi aux 55, parce que, parmi ces derniers, la plus grande partie dépend d'eux (1). On y compte en effet 5 capitaines marchands : Gourrin, Saurel aîné, Baptiste Boulouvard, Monier et Fabre ; 4 portefaix, Daumas, Rimbaud, Carvin et Rolland ; 2 courtiers. Long et Dalmas; 2 constructeurs, Nicolas et Mestre ; 2 cordonniers, Laugier et Facemas ; 2 fabricants de bas, Durand et Silvestre ; 2 faïenciers, Robert et Bonnefoi ; 2 chapeliers, Chabrery et Cameau père. Les corporations suivantes n'ont plus qu'un député chacune : celle des emballeurs, boulangers, miroitiers, tonneliers, chirurgiens, imprimeurs, tapissiers, forgerons, menuisiers, tanneurs, apothicaires, médecins, calfats, grainetiers, serruriers, couteliers, tailleurs, chaudronniers, caissiers, horlogers, marchands de bois, bonnetiers, fabricants d'indienne, cordiers à chanvre, orfèvres, papetiers, saleurs, tisserands,

(1) Arcli.nat.,Ba50, 1. 8, p. 3.

pâtissiers, pêcheurs, jardiniers, représentées par Touvesque, Comps, Angles, Granet, Bertrand, Brebion, Michel, Ricord, Jullien, Raymond fils aîné, Laroque, Achard, Madon, Martin, Barbarroux, Dubois, Mazollier, Azemar, Franc, Honoré Lieutaud, Antoine Caudier, Rozand, Jouquier, Priou, Pellissier, Jean-Baptiste Jean, Nicolas, Monnier, Constans, Sibilly et Croupin. Il convient d'y ajouter un maître es arts, Corriol ; un « des 5 arts de la soie », Peloux ; 2 notaires, Estubi et Castelanet ; 2 avocats^ Joseph Lavabre et Pierre Noël Villecrose ; un procureur, Emerigon. 4 marchands étaient perdus dans cette foule : Nodet, Chaudon, Rostan et Didier. Manoly cadet, un élu des non corporés, faisant défaut, je trouve un certain Raimbault, vitrier, qui le remplace. Il ne figure pas parmi les six députés suppléants que les non corporés avaient élus pour parer aux défaillances qui pouvaient se produire. Comment s'est il glissé parmi les 90 ? C'est ce que j'ignore. La classe si intéressante des ménagers et paysans du terroir qui faisaient vivre Marseille avait un représentant, Fabre Delagarde. Les négociants pouvaient se féliciter. « Sur les 90, il y avait 75 des leurs, ou tenant au commerce ». Comme ils étaient les plus nombreux, ils ne se gênèrent pas et se préparèrent à accaparer toute la députation.

1. — O qu'il faut entendre par Terres adjacentes. — Diversité des opinions à ce sujet : La Tour, Expilly, Saint Gésaire. — Marseille et Arles. — La préfecture de Barcelonnette. — Les Terres adjacentes sont situées surtout aux extrémités de la Provence.

IL— Sont-elles autonomes? — Comment elles payent les impôts. — Exemption qu'on leur accorde chaque année. — Taboureau veut y créer des octrois. — Opposition de l'intendant La Tour. — Pourquoi ? — Cas du comté de Sault. — L'abbé Terray veut lui faire payer des impôts. — Il échoue.

III. — Comment les Terres auraient voulu être convoquées. — Plan de Salon. — On nommerait les députés par feux. — Plan de Saint Tropez. — On aurait égard au chiffre de la population. — Moyen terme imaginé par Grignan.

IV. — Répartition des terres dans les sénéchaussées. — Protestation à Arles, le 30 mars. — Elles sont renouvelées le 1*^'' avril. — L'avocat Chayard de Mondragon. — Réponses de Reynaud de Tarascon et d'isnard d'Eyguières. — Ce que sont devenues les Terres en 1790.

240 LKS TERRES ADJACENTES

Il paraît difficile au premier abord de définir exactement ce qu'étaient les Terres adjacentes et d'en fixer le nombre. Le document qui devrait faire foi à cet égard est la nomenclature adressée par l'intendant La Tour au comité de constitution de l'Assemblée nationale le 3 avril 1790 (1). Il comprend Marseille, Arles, Salon, Richebois, les Baux, Notre Dame de la Mer, Aureille, Aurons, Saint Tropez, Entrevaux, Mas, Mondragon, le comté de Grignan, (2), le comté de Sault (3) et la vallée de Barcelonnette (4), ce qui ferait en tout quinze villes, bourgs ou territoires. Or, le même La Tour, en 1753, adressait au contrôleur général des finances un état différent du précédent. Il comprenait Marseille, Arles et Notre Dame de la Mer en moins. D'autres états des Terres adjacentes, varient encore sur ce chiffre. Expilly en compte jusqu'à 41, mais en faisant état de hameaux ou groupes de maisons sans importance (5). M. de Saint Césaire, étudiant en 1752

(1) Arch. nat., H. 1258. nautés, savoir : Barcelonnetto

(2) Le comté de Grignan com- avec P'aucon, Saint Pons, Uverprenait, outre la ville du même net, les Tuiles, Fours, les Agnciiom, les communautés et ha- liers;Allos; Saint Paul avec Tournieaux d'Allan, Salles, Réauville, noux, Maurin et Fouillouse; Jau- Chantemerle, Monségur et Colon- 2ier ; Revel; Méolans ; Meyronnes; zelle. Larche ; Le Lauzet ; Chatelard.

(3) Lecomté de Sault était com- (Arch. nat., H=i41).

posé de Sault, Monieux, Aurel, (5) Voir Dictionnaire géogra-

Saint Trinit. Expilly leur adjoint phique, historique et politique

Ferrassières. des Gaules et de la France, t. I\'

(4) La vallée de Barcelonnette (population de la France, deucomprenait en 1789 dix commu- xième partie).

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