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LES SUPPLEANTS DE MARSEILLE

Lederc de Lassigny, de Champsaud, de Berard de Saint Denis et d'Eymar du Bignosc, de Raffin et de Tcissier.

Dans les sénéchaussées qui députent directement, la nomination des suppléants a causé aussi des illégalités. A Arles-sénéchaussée, M. de Marin ne peut pas suppléer M. de Provançal présent et qui accepte la députation. Il est pourtant élu. A Arles ville, l'abbé Royer est absent quand on l'élit. Le clergé oublie de lui nommer un suppléant, ce qui est le cas.

A Aix, l'élection de Philibert est aussi illégale.

A Marseille, la double élection de Castelanet et de Peloux en qualité de suppléants est fondée sur la mauvaise sauté des députés. Ce cas n'a pas été prévu par l'article 48. Mais, ce qui est pkis étonnant, c'est que le sénéchal d'épée, M. de Forbin Gardanne, a acquiescé à cette élection (1) et qu'il paraît même la favoriser par son intervention auprès de Villedeuil.

(1) « Une indisposition de quelques jours m'a empêché de vous instruire au gré de mes désirs de rélection qui s'est faite en cette ville de 2 députés suppléants pour le tiers état, ainsi qu'il en a été élu même par les trois ordres dans un grand nombre de bailliages du royaume. Quoique mes pouvoirs parussent être expirés du jour de la clôture des assemblées où ont été élus les députés pour les Etats généraux, jai cru ne pouvoir pas me refuser de faire droit à la requête qui m'a été présentée par les 90 représentants du tiers à l'effet de les autoriser à s'assembler pour procéder à l'élection de ces députés suppléants, dont l'un est M. Cas-

telanet, notaire roj'al, et l'autre, M. Peloux, marchand de soie. J'ai vu de la raison et de la justice dans cette demande essentieUement fondée. sur la santé débile des 4 députés du tiers aux Etats généraux... C'est sur l'assurance que m'ont donnée les 90 électeurs qu'ils n'avaient pas pu s'occuper de cette élection subséquente dans la séance où fut faite celle de leurs députés pour les Etats généraux, vu qu'elle n'avait été terminée qu'à 3 heures après minuit, que je me suis prêté à leur juste désir... » Arcli. nat., B* 50, 1. 3, p. 7. Lettre de Forbin Gardanne à Villedeuil, Marseille, 21 avril 1789.

Au surplus, révènement donna raison à la prudence des électeurs de Marseille. Les suppléants avaient suivi les députés à Versailles. Roussier, Lejeans et Delabat y arrivèrent le 22 avril, Peloux et Castelanet le 1^^ mai. Une indisposition avait retardé le départ de Liquier. Liquier assiste, quoique malade à la séance royale du 5 mai ; encore est-il obligé de la quitter pendant sa tenue. Il meurt le 13 juin et est inhumé à Versailles le 14. Or, le roi avait, par le règlement du 3 mai précédent, sanctionné les nominations des suppléants, bien que faites contrairement au règlement du 21 janvier et décidé qu'ils ne seraient admis comme députés qu'en cas de décès du député titulaire. En conséquence, Castelanet remplaça Liquier.

Six semaines après, Michel Roussier écrivit aux officiers municipaux de Marseille (1). « La goutte ne cessait de le tourmenter. Il avait eu quatre accès )>. Il les priait de vouloir bien agréer sa démission. Les instances de ses collègues firent quelque temps fléchir sa volonté ; mais ses douleurs devenant de plus en plus intolérables, il fit auprès de l'Assemblée Nationale les démarches nécessaires pour qu'il fût considéré comme démissionnaire. L'Assemblée lui (c accorda sa démission )) ; et le 9 septembre, il quit-

(1) Arch. munie, de Marseille, 1789 au 19janv. 1790, reg. 9, fol. Lettres reçues de Paris du l^Tnai 33 recto.

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