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LES DÉMISSIONS DE CIPIÈRES, DAVIN, ETC

tait Versailles. Le deuxième suppléant, Peloux, fut appelé à le remplacer. En quatre mois, deux députés du tiers état de Marseille avaient disparu.

Roussier fit école. Le 7 avril 1790, M. de Gipieres, député de la noblesse de la sénéchaussée de Marseille, manifestait son désir de se retirer (1). On l'accusait d'être « l'ennemi de sa patrie » et il était sensible à cette injure. De plus sa santé était depuis longtemps précaire ; il voulait quitter Paris et changer d'air. Il priait les officiers municipaux de sa ville natale de a vouloir bien faire nommer quelqu'un pour venir occuper son poste ».

Le 20 avril, le chanoine Davin, député du clergé de la même sénéchaussée, suppliait aussi qu'on le remplaçât. Il était plus que septuagénaire, malade, infirme (2). Le lendemain, son collègue, M. de Villeneuve Bargemon, envoyait une lettre analogue aux officiers municipaux de Marseille (3).

C'était donc trois députés à remplacer aussi vite que possible, quatre même, puisque vers cette époque, Delabat lui aussi avait demandé sa démission à l'Assemblée Nationale. Les officiers municipaux de Marseille en référèrent de suite à leurs députés et Lejeans leur répondit qu'ils avaient le droit de nommer de nouveaux représentants (4). Ils convoquèrent donc les assemblées primaires « dans la

(1) Arch. munie, de Marseille.

Lettres reçues de Paris, reg. 10, fol. 6 verso.

(2) Ut supra, fol. 15 verso,

(3) Ut supra, fol. 21 verso.

(4) « La délibération prise hier dans l'assemblée porte sur la continuation de cette législature par les mêmes députés jusqu'à ce que

les travaux de cette section soient terminés... Cette disposition, à mon avis, ne change rien à la faculté de nommer des suppléants...

L'assemblée même n'a pas voulu exclure cette nomination qui était portée dans le projet du décret et qui n'a pas été adoptée ».

Ut supra, fol. 21 recto.

semaine qui précéda le 15 mai » (1). Mais au lieu de quatre députés, ils en firent nommer six, probablement les deux derniers en qualité de suppléants. Les intrigants qui depuis un an visaient ce but l'avaientatteint cette fois. Bausset, Chompré, (2) Blanc Gilli (3), officiers municipaux, Martin fils d'André, Le Blanc de Servane père, l'ancien détenu de la justice prévôtale (4), et Millot furent proclamés. Mais Millot ayant demandé sa démission, Bremond Julien, substitut du procureur de la commune, le remplaça (5). Chompré partit sur le champ pour prendre possession de son siège.

La municipalité de Marseille n'avait pas cru le moins du monde faire acte d'illégalité ; « elle n'avait eu en vue que de concourir à la prorogation de la législature actuelle si digne à tous égards de notre

(1) Arch. municip. de Marseille, LeUre des officiers municip. à MM. les députés de Marseille à l'Assemblée nationale, 15 mai 1790, reg. 39, fol. 166 et 167.

(2) Chompré (Etienne Martin), né à Paris vers 1740, végétait à Marseille en 1789 en qualité de chancelier du consulat de Rome.

Emprisonné au fort Saint-Jean par le grand prévôt, Bournissac, le soir du 15 décembre 1789, il en sortit lors de l'amnistie votée en février 1790 par TAssemblée Nationale, sur la proposition de Mirabeau. Entre temps, il était devenu officier municipal de Marseille. En Tan II, nous le retrouvons greffier du tribunal révolutionnaire de Marseille. Il fut plus tard consul de France à Malaga vers l'an VII. puis greffier en chef du tribunal de l'"*' instance à Versailles. 11 mourut à Paris,

rue Saint Hj'acinthe Saint-Michel, 21, division des Thermes, onzième mairie, le 19 janvier 1811, à trois heures. Il avait épousé Thérèse Claire Laurent. — Un des témoins de son acte de décès est son frère Nicolas Maurice, âgé de 60 ans en 1811, conseiller au conseil impérial des prises, rue Serpente.

16, division du Théâtre Français.

(3) Blanc Gilli (Mathieu), élu le 3 septembre 1791, soir, par 323 voix sur 579 votants au troisième tour de scrutin, huitième député des B. du Hh. à la Législative.

(4) Électeur du canton des Baux. Élu le 10 septembre 1791, soir, haut juré par le départ, des B. du Rh.,par 319 voix sur 558.

(5) Né le 25 février 1759 dans la paroisse de Saint-Ferréol. (Voir Arch. municip. de Marseille).

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