‹ La coopération en Grande Bretagne [microform]Chapitre 4 sur 26 · L ESPRIT D ASSOCIATION · texte numérisé non relu

L ESPRIT D ASSOCIATION

se construisirent un bateau de pêche, qui leur coûta 140 livres sterling et avec lequel ils gagnèrent 4 livres par semaine. Encouragés par le succès de la coopérative de Brighton ou bien inspirés par la même idée, des travailleurs, dans d’autres parties du pays, élevèrent des magasins analogues. Grâce à la capitalisation des profits, beaucoup de ces sociétés parvinrent à un degré supérieur de la coopération et purent emploj-er leurs membres à la fabrication des étoffes, des chaussures, des vêtements, du mobilier.

M. Holyoake qui s’est livré à des recherches personnelles concernant les règlements de ces sociétés primitives, nous dit qu’ils étaient souvent précédés d’une longue adresse sur les obligations morales des coopérateurs et toujours caractérisés par uïie attention vigilante à la bonne conduite des membres.

Tout langage grossier était proscrit ; les membres vicieux devaient être expulsés ; personne de caractère immoral n’était admis ; d’autre part personne ne pouvait être écarté à cause de ses opinions religieuses ; ces sociétés se tenaient également avec un soin jaloux à l’écart des organisations politiques et tiade unionistes, — neutralité qui les mit en conflit avec d’autres forces naissantes considérables.

Certaines sociétés avaient des principes encore plus rigides: Preston expulsait les membres qui médisaient des marchandises de la société ; Runcorn ne se contentait pas que les membres fussent vertueux : elle exigeait qu’ils fussent bien portants et âgés de seize à quarante ans ! Beaucoup d’associations affichaient leurs préférences masculines en refusant aux femmes de retirer leur argent sans autorisation maritale; d’autres, par

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