I II
années plus tard, montre bien cette anarchie légale.
Cette société s’était vue voler par un de ses membres une certaine quantité de marchandises. Les membres, victimes du vol, prirent conseil d’un sollicitor qui leur déclara que la loi ne leur accordait aucune réparation. Ils tournèrent la difficulté en attirant le délinquant dans un quartier éloigné de la ville, tandis que d'autres membres entraient chez lui et reprenaient la marchandise. Le capital de la société n’appartenait légalement à personne et était à la discrétion ou des employés qui le manipulaient ou des trésoriers qui l’encaissaient. La société ne pouvait pas, comme personne morale, avoir ou louer des bâtiments et des terres : elle était à la merci de quelque prête-nom, que celui-ci eût ou non souscrit le prix d’achat ou payé le loyer. En résumé, il n’y avait pas de contrat légal de membre à membre; tout reposait sur l’intégrité du corps entier des associés; ainsi s’expliquent les exigences des statuts relativement à la moralité des candidats et au choix des fonctionnaires. C’est assurément un fait tout à l’honneur des travailleurs anglais qu’une foule d’associations professionnelles ou industrielles aient pu subsister pendant un demi siècle sans d’autres garanties que l’honnêteté individuelle des membres et la probité personnelle des fonctionnaires; mais quoiqu’elles eussent des capitaux bien moins considérables que les Trade Unions, l’absence de statut égal était incontestablement un inconvénient plus grave pour les associations commerciales ou industrielles, à cause de la complication plus grande de leurs affaires, et en raison de leurs rapports avec les tiers : acheteurs, vendeurs, propriétaires, tenanciers.
Cependant l’échec des Union Shops ne saurait être