‹ La Coopération Rurale En DanemarkChapitre 14 sur 25 · LRO · texte numérisé non relu

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Le défaut de capital

Les Kreditforeninger ont pu. facilement placer leurs obligations chez les possesseurs d’argent et constituer ainsi leurs fonds de roulement: la terre est, pour le créancier, la plus sûre des garantiés, et les titres émis par les coopératives de crédit reposent justemient, en dernière analyse, sur elle. Comme le capital recueilli a servi à rendre l’agriculture plus prospère, le crédit de ces caisses à été en raison directe de cette prospérité et a suivi, dans son extension, le rendement foncier.

Pour fonder à la campagne une coopérative de consommation, une bien grosse somme n’est pas nécessaire. Elle ne dépasse pas celle dont doit disj'oser un commerçant pour installer un magasin de petite ville. Elle lui est même inférieure, car le marchand fait crédit — et pendant ce temps une partie de son capital est immobilisée — tandis que la coopérative ne vend qu’au comptant. Son fonds de roulement est par cela même réduit dans une Jorte proportion. Des souscriptions modestes peuvent aisément couvrir ces premières dépenses. Des bénéfices vite réalisés naîtront naturellement les perfectionnements nécessaires. Quand nous taxons de danger le défaut de capital, ce n’est d’ailleurs pas aux petites coopératives villageoises de consommation que nous songeons. C’est surtout aux coopératives de production.

Dan | eu

Dans le combat gigantesque qu’ils entamaient, les fondateurs de ces associations manquaient de l’arme principale : l’argent. Certes, une entreprise d’où le capitaliste est éliminé peut se concevoir. Mais une entreprise sans capital? Non! Surtout de nos jours où la production a des exigences de plus en plus considérables. Une opération en apparence très simple, la fabrication du beurre par exemple, demande, nous l’avons vu, tout un système d’appareils coûteux. Comment de petits exploitants — le producteur danois est presque toujours un petit exploitant — se le procurerontils? Grâce à un cadeau de l’Etat? Solution élégante, mais combien discutée! Que, le cas échéant, l’Etat accorde une subvention pour parfaire la somme destinée à la création d’une coopérative ou empêcher une débâcle lors d’une crise passagère, personne ne saurait, pratiquement, y contredire. Mais que l’Etat fournisse à lui seul et gratuitement Je capital nécessaire. c’est une autre affaire! L’évanouissement des trois millions alloués par la France, en 1848, aux coopératives en formation, n’a pas été un enseignement perdu: l’argent donné n’est-il pas, la plupart du temps, gaspillé, surtout quand il est donné par l’Etat?

Les paysans associés ont pu fournir le capital, par quotes-parts individuelles, payées souvent grâ: ce à l’épargne procurée par la pratique dela coopération de consommation, ou bien ils l’ont emprunté sous une garantie à la fois collective et person-

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