‹ La Coordination du Rail et de la Route: L'Expérience en Haute-NormandieChapitre 37 sur 70 · LA COORDINATION EN 1936 REVISION DU PROBLÈME · texte numérisé non relu

LA COORDINATION EN 1936 REVISION DU PROBLÈME

La situation de la coordination en France au début de 1936 se présente comme suit :

A la suite de l’expérience tentée en Normandie et du décret du 25 février 1935 qui en découle, des plans à peu près analogues aux Accords de Rouen ont été élaborés dans tous les départements par les « comités techniques départementaux des transports ». A leur tour ils doivent subir l’arbitrage des Conseils Généraux appelés à formuler leur avis. Si ces plans sont aprouvés, ils deviennent exécutoires par un simple arrêté du Ministre.

Dans le courant de février, près de 60 départements ont leur plan établi. L’achèvement se poursuit normalement dans les autres. Pour les marchandises, la situation est plus difficile et le Comité Central de Coordination s’en occupe. Les divergences sont très grandes entre le Chemin de fer et les entreprises routières; la répartition du trafic n’est pas commode. Néanmoins un plan à été tracé par le Comité Central, qui a servi de base au décret du 13 juillet 1935, lequel est pour les marchandises ce qu’est pour les voyageurs le décret du 25 février. Un recensement du matériel a été fait pour éliminer les services postérieurs au 1° janvier

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1934 et l’on recherche les ententes. Le domaine de l’activité des entrepreneurs de transport s’augmentera de tout ce que le chemin de fer abandonnera pour l’acheminement des petits colis et des expéditions de détail. Les différentes obligations auxquelles ils seront soumis telles que l’assurance, la publication des tarifs, l’entretien du matériel, sont sensiblement identiques à celles du trafic des voyageurs. Revenons à ce trafic.

Dans leur très grande majorité, les 50 ou 60 Conseils Généraux à qui les plans de coordination-voyageurs ont été présentés, ont émis des avis défavorables à leur approbation, ou si quelques-uns ont approuvé, c’est en formulant des réserves considérables sur certains points importants (1). Nous connaissons, par les ordres du jour votés en Seine - Inférieure, le genre des protestations qui se retrouvent partout : atteinte aux libertés du commerce, aux finances des départements, aux garanties des usagers. Partout on se plaint des « hétacombes de lignes de chemin de fer ».

Les chambres d’agriculture consultées également par les préfets, conformément aux décrets, ont fait preuve de la plus franche hostilité.

Dans de nombreux départements des groupements de petits transporteurs se sont constitués et d'importantes réunions se sont tenues. On y dénonce l’ « étranglement de l’industrie des transports automobiles ». On y parle de la « dictature des comités de coordination ». La presse des transports y fait largement écho.

La Fédération Nationale des cheminots réclame la représentation du personnel des transports dans les comités, et labrogation des décrets de coordination.

(1) C’est le cas des départements du Bas-Rhin, Haut-Rhin, Loire, Moselle, Sarthe, Nord, Puy-de-Dôme, Hérault, Ardennes.

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