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Enfin un « Congrès National des usagers des transports » s’est tenu à Lyon du 3 au 5 mars 1936. De nombreuses personnalités y ont pris la parole, comme représentants de diverses et importantes associations (Touring Club de France, Offices de transport, Chambres de Commerce, etc.….). Les vœux de ce Congrès tendent à demander le maintien d’une relative concurrence dans les transports; ils réclament des garanties plus fortes données aux voyageurs et surtout la représentation des usagers dans les organismes de coordination.
Au cours de la discussion au Sénat du budget de 1936, M. Laurent-Eynac, alors Ministre des Travaux Publics, a dû reconnaître que plusieurs mois s’écouleraient, non seulement avant que la coordination entre en vigueur, mais même avant que le Gouvernement puisse jouer un rôle d’arbitre entre les plans qui sont présentés et les protestations qu'ils soulèvent.
En bref, la coordination, malgré qu’elle soit toute prête à entrer en application, s’avère impraticable ! Un changement de ministère venait de se produire et l’on se demandait si, en dépit de la résistance générale des arrêtés d’exécution n’allaient pas être pris. C’est dans ces circonstances que le groupe des sénateurs, conseillers généraux, décida d’intervenir auprès du Ministre afin qu’il accepte d’être interpellé sur la question ? Ne fallait-il pas en effet se rendre à l’évidence et se résigner à enregistrer un échec ? Mais le problème requiert une solution. De 1934 à 1936, la crise des transports s’est encore aggravée; le déficit ferroviaire s’accumule. On ne saurait moins que jamais renoncer à la coordination. Si celle-ci s’est révélée impossible, il convient d’en rechercher les véritables causes. Recommencer des plans ne servirait de rien; ce ne serait là qu’un palliatif, et, pas plus qu’en Seine-Inférieure, on n’obtiendrait de la collectivité un
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plus favorable accueil. I] faut donc remonter aux causes. Ce fut le grand mérite de l’interpellation au Sénat que d’envisager le problème sous cet angle, et s’il était un département plus particulièrement qualifié pour envoyer un représentant devant le Parlement, n’était-ce pas celui qui avait le premier servi de champ d'expérience ?
Le 27 février 1936, M. Thoumyre développait son interpellation devant la Haute Assemblée (2); elle marque un point extrêmement important dans l’histoire de la coordination, on s’en rendra compte plus loin. Arrêtons-nous à cette date, et, prenant en partie comme bases les arguments opposés par les collectivités et qu’on n’a fait jusqu'ici qu’enregistrer, essayons de dégager, de manière logique, les raisons d’être du grave conflit qui a entravé l’aboutissement de l’importante réforme des transports.
Le problème se présente sous un triple aspect d’ordre Juridique, financier, économique. L'aspect juridique concerne la procédure de la coordination; l’aspect financier, son but; l’aspect économique, ses conséquences.
(2) J. O. Débats, Sénat, p. 145.