‹ La corbeille de fraises; comédie en un acteChapitre 4 sur 9 · G ÏIIIÏATRE DU JEUNE AGE · texte numérisé non relu

G ÏIIIÏATRE DU JEUNE AGE

François.

Eh bien, alors, ces vers dévorent les racines des jeunes fraisiers. Pour les en empêcher, quand j'ai fait avec ma bêche un trou assez grand, je place au fond une bonne couche de feuilles de châtaignier et je plante le fraisier par-dessus. Les feuilles de châtaignier empêchent lever blanc d'arriver aux racines.

René.

Tous les ans, il faut que vous plantiez d'autres fraisiers.

François.

Oh! non. Le fraisier se reproduit de plusieurs manières. Ainsi, voyez les espèces qui ont de grands fils, comme ceux-ci, se reproduisent tout seuls. C'est par ces fds, qu'on appelle des coulants, que sort la graine. Lorsqu'on Fa recueillie, il faut débarrasser les fraisiers dé ces coulants qui menaceraient de tout envahir. Mais, Monsieur René, vous cueillez mal les fraises, vous les écrasez daiis vos doigts, elles ne seront plus présentables. Laissez-leur une petite queue, elles se tiendront plus fraîches. C'est déjà assez malheureux que vous ayez eu l'idée de les cueillir le matin.

Jules.

Assez malheureux ! ... et pourquoi ça, père François?

François.

Parce que les fraises cueillies le soir sont plus parfumées; mais que ceci ne vous décourag-e pas, on fait comme on peut! Vous le saurez pour une autre fois.

René (se redressant).

Ah! voilà notre corheille à moitié pleine. (Les contemplant.) Qu'elles sont jolies et appétissantes! C'est hien dommage d'attendre jusqu'à ce soir pour les offrir !

Jules (réfléchissant).

C'est vrai; si nous avions consulté François, nous ne les aurions cueillies que vers cinq heures, un peu avant le dîner. Ce soir, elles ne seront ni bonnes, ni présentables. Qu'en pensez- vous, père François?

François.

Ma fine! mon petit Monsieur, je n'avais pas de conseil à vous donner, mais puisque vous l'avez

Page 1