‹ La corde du penduChapitre 3 sur 12 · LXV · texte numérisé non relu

LXV

Marmouset reprit :

— C’est l’homme gris qui m’envoie.

— Qui donc êtes- vous? demanda encore lord William.

— Moi, dit Marmouset, je ne suis rien, ou presque rien, et mon nom ne vous apprendrait pas grand’ chose; qu’il vous suffise de savoir que je suis dévoué corps et âme à celui que les Anglais appellent l’homme gris et qui pour nous, Français, a un autre nom.

— Ah! vous êtes Français?

— Et l’homme gris vous envoie?

— Pour vous dire de vous tenir prêt.

— A quoi ?

— A sortir d’ici.

Lord William secoua la tête,

KOCAMBOLE

— Il y a bien des gens qui ont essayé de Sortir d’ici, dit-il.

— Et qui n’y sont pas parvenus?

— Hélas! non.

— Eh bien 1 nous en sortirons, nous.

— Comment?

— Par la grande porte, en plein jour.

Lord William secoua encore la tête.

— Pour aujourd’hui, dit Marmouset, il m’est imposa sible de vous en dire davantage.

— Ah!

— Sous peine de désobéir aux instructions de l’homme gris.

Cependant Edward Cokeries eut une ombre de défiance :

— Mais enfin, dit-il, qui nous prouvera que vous venez de la part de l’homme gris?

— Ah ! fit Marmouset, vous voulez une preuve?

— Oui, dit lord William, et après je me fierai complètement à vous.

— Tenez, dit Marmouset en tirant sa main droite de sa poche, regardez...

— Ma bague I exclama le clerc.

— Oui, celle que vous avez remise à Betsy, et que j’ai reprise à son doigt, après lui avoir fermé les yeux, car j’ai reçu son dernier soupir.

— Maintenant, je vous crois, dit Edward Cokeries.

— Cependant, fit lord William, qui peut nous répondre que Betsy n’est pas tombée au pouvoir de mes ennemis?

— S'il en était ainsi, dit Marmouset, vos ennemis

'•la corde du pendü sa

auraient en leur possession les papiers qui peuvent vous aider à recouvrer votre fortune.

— Eh bien ?

— Et au lieu d’essayer de vous faire sortir d’ici, vos ennemis vous y laisseraient bien tranquillement.

L’argument était sans réplique.

Aussi le front de lord William s’éclaireit-il soudain,

Edward Gokeries tendit la main à Marmouset.

— Nous sommes à vous, dit-il, et ce que vous nous direz de faire, nous le ferons.

En ce moment, un nouveau personnage apparut dans la cour.

C’était M. John Bell.

Tout monomane qu’il était, M. John Bell était un directeur sévère.

Il avait même une réputation de dureté, et les fous les plus indomptés tremblaient à sa vue.

Aussi personne n’osait l’aborder, quand par hasard il lui prenait fantaisie de se promener dans la prison.

Marmouset, en le voyant, dit à ses nouveaux amis :

— Permettez, je vais aller saluer le directeur.

— N’y allez pas, dit vivejpent lord W’illiam.

— Gardez-vous en bien, ajouta Edward CoKeries.

— Pourquoi cela?

— Mais parce que c’est un homme très-méchant.

— Ah bah 1

— Et que lorsqu’on a le malheur de lui adresser une réclamation, il vous répond par l’ordre donné aux infirmiers de vous administrer une douche.

— J’ai voulu lui raconter mon histoire, reprit lord William.

— Et il ne vous a pas écouté ? •

R0CAMB0LE

— Il m’a fait mettre au cachot.

— Moi, dit Edward Cokeries, j’ai eu le fouet.

— Eh bien f dit Marmouset en riant, vous allez voir que rien de tout cela ne m’arrivera.

Et il alla droit à M. John Bell.

Celui-ci se promenait les sourcils froncés, la tête penchée sur la poitrine.

Il marchait d’un pas inégal et brusque, murmurait des mots sans suite et ressemblait bien plus à un fou qu’à un directeur de maison d’aliénés.

Les fous qui se trouvaient dans le préau s’écartaient de lui avec terreur.

De temps en temps il relevait la tête et lançait à droite et à gauche un regard féroce.

Puis il retombait dans sa méditation.

Tout à coup, Marmouset se trouva devant lui.

M. John Bell leva d’abord le fouet plombé dont il était toujours armé.

Mais il reconnut Marmouset.

— Ahl c’est vous, sir Arthur? dit-il.

Et il eut un sourire aux lèvres et salua le gentleman.

— C’est moi, dit John Bell.

— Avez-vous réfléchi?

Et Marmouset cligna de l’œil.

— Oui, dit M. John Bell. J’ai réfléchi que j’avais assez de pouvoir pour obtenir le renvoi du sacristain.

— A quoi bon ?

— Pour le punir de son manque de loyauté avec moi.

— Ah bah !

— Il m’avait promis la corde au prix de cinq mille livres. . ■ . •

— Je lui en ai donné dix, et je l’ai eue. Tout le monde eût agi comme lui, monsieur.

M. John Bell frappa du pied.

— Cet homme n’en est pas moins un homme sans parole, dit-il.

— Au lieu de vous irriter contre lui, reprit Marmouset, vous feriez bien mieux de réfléchir à mes propositions.

M. Bell soupira.

— Hélas! dit-il, elles sont impossibles.

— Pourquoi donc ?

M. John Bell abaissa le diapason de sa voix et prit tout à coup un air mystérieux :

— Monsieur., dit-il, je vous crois un parfait gentleman.

— J’ai cette prétention, monsieur.

— Incapable de manquer à la parole qu’il aurait donnée, poursuivit M. Bell.

— •, Assurément.

— Si je vous demandais votre parole...

— A quel propos?

— Votre parole de ne révéler à âme qui vive le secret que je vais vous confier ?

— Je vous la donne, monsieur.

t— Votre parole de gentleman ?

— Et de gentilhomme, ce qui vaux mieux encore.

— Alors, dit M. John Bell poussant un nouveau soupir, vous allez comprendre pourquoi il m’est impossible d’accepter la condition que vous me faites d’emmener avec nous lord William.

— Voyons? dit Marmouset.

— Sir Arthur, reprit M. John Bell, l’homme dont je

il. 4

ItOCAMBOLE

parle, est, dit-on, lord William Pembleton, et je penche d’autant plus à le croire qu’il n’est nullement fou.

— Vous êtes dans le vrai, monsieur.

■*— Cependant il est condamné à mourir ici.

— Vraiment? . *

— Et il y est par la volonté d’une puissance contre laquelle je me garderais bien de lutter.

— Quelle est cette puissance?

— Ce n’est pas un homme, c’est une association.

— Ah ! ah !

— Et une association religieuse, qui plus est.

. — Bon, dit Marmouset, on m’a parlé de cela.

— Vraiment?

Cela se nomme la Société des missions évangéliques.

— Précisément.

— Et c’est quelque chose d’équivalent à ce que, sur le continent, on appelle les Jésuites.

— Vous y êtes.

— Et vous craignez ces gens-là?

— Comme le feu...

— Ahl ah! dit Marmouset en riant; eh bien! si c’est le seul obstacle qui vous sépare de ma corde, elle est à vous.

— Que voulez-vous dire?

Et les yeux de M. John Bell étincelèrent.

— Faites-moi donner de quoi écrire, ajouta Marmouset.

— Et puis?

— Et, ma lettre écrite, faites la porter à son adresse.

. —Mais... ■- • •> . .

— Je ne puis vous en dire davantage, ajouta Marmouset, mais vous verrez le résultat.

— Venez dans mon cabinet, dit M. John Bell qui le prit familièrement par le bras.

Le cabinet de M. John Bell était au rez-de-chaussée de l’un des pavillons qui donnaient sur le préau.

Les fous, voyant passer le nouveau pensionnaire donnant familièrement le bras au terrible directeur, se regardaient avec étonnement.

Lord William et Edward Gokeries n'étaient pas les moins stupéfaits.

Marmouset eut le temps de se retourner et de les regarder tous deux.

Il leur fit môme un petit signe qui voulait dire :

*— Eh bien! que vous disais-je?

M. John Bell ouvrit la porte de son cabinet.

— Mettez-vous là, dit-il en s’installant devant une table.

Marmouset prit une plume et écrivit une longue lettre. (

A qui?

M. John Bell n’en savait rien.

Que contenait-elle ? '

II n’en savait pas davantage.

Cependant, debout derrière Marmouset, il regardait par-dessus son épaule^

ROCAMBOLE

Mais Marmouset écrivait dans une langue inconnue. Ce n’était ni de l’anglais, ni du français, ni du russe. Cette langue bizarre frappa môme si fort M. John Bell, qu’il dit à Marmouset :

— Mais dans quel langage écrivez-vous?

— J’écris en javanais, répondit Marmouset.

— Bah!

— C’est comme j’ai l’honneur de vous le dire.

— Et à qui écrivez-vous ?

— Vous allez voir.

Marmouset prit une enveloppe et mit l’adresse en bon anglais :

Pater-Noster Street, 17.

Monsieur liurdelt, maître-clerc,

chez le solicilor James Colcram.

Puis il ferma la lette et la remit à M. John Bell.

— Si cela arrive avant midi, dit-il, j’ai bon espoir que nous pourrons partir demain.

— En vérité ?

— Mon Dieu! oui.

*— Et nous emmènerons lord William ?

— Ainsi qu’un certain Edward Cokeries.

— A quoi bon ?

— C’est à prendre ou à laisser, dit froidement Marmouset.

En môme temps, il déboutonna de nouveau son paletot.

Et la bienheureuse corde que Marmouset portait en

guise de ceinture apparut de nouveau aux yeux éblouis et fascinés de M. John Bell.

Marmouset se leva alors.

— Mais, dit encore M. John Bell, je ne vois pas trop quels rapports il peut y avoir entre ce M. Burdett à qui vous écrivez et la Société des missions évangéliques.

— Vous le verrez avant ce soir, dit Marmouset.

Et il ne voulut pas s’expliquer davantage.

M. John Bell se résigna à attendre, et Marmouset retourna dans le préau.

Là. il rejoignit lord ‘William et Edward Cokeries.

Ceux-ci lui témoignèrent leur étonnement.

— Ne vous ai-je pas dit, fit Marmouset en souriant, que je venais de la part de l’homme gris ?

— Sans doute, dit lord William.

— Et M. Cokeries ne vous a-t-il pas dit que l’homme gris faisait ce qu’il voulait ?

— En effet.

— Eh bien f l’homme gris m’a donné une partie de sa mystérieuse puissance en m’envoyant ici, voilà tout.

Et Marmouset ne s’expliqua pas davantage avec lord William et Edward Cokeries qu’il ne setait expliqué avec M. John Bell.

M. John Bell, cependant, était toujours en proie à une vive exaltation.

Il se promenait à grands pas dans son cabinet et murmurait :

— II me faut la corde, il me la faut!

Et il se reprenait à rêver millions, parchemins nobiliaires, et il se voyait siégeant au Parlement quelque jour.

ce

ROCAMBOLE

11 n’y avait pas une heure que la lettre écrite par Marmouset était partie, portée par un infirmier de Bedlam, que M. John Bell, toujours en proie à son exaltation et à ses rêves de fortune, entendit frapper à sa porte.

— - Entrez! dit-il d’un ton bourru.

La porte s’ouvrit et livra passage à M. Blount.

Le co-directeur de Bedlam avait une mine quelque peu effarée.

•— Mon cher collègue* dit-il, je voudrais causer sérieusement avec vous.

— Ah ! dit M. John Bell d'un air de mauvaise humeur.,

— Il s'agit de choses graves.

— En vérité ?

Et M. John Bell, toujours maussade, avança un siège à M. Blount.

Celui-ci poursuivit :

— Vous savez que nous avons ici un pensionnaire qu’il nous est enjoint de surveiller rigoureusement?

— Nous en avons plusieurs comme ça.

— Oui, dit M. Blount, mais celui dont je parle... est Waller Bruce...

Dites lord William Pembleton.

— Soit.

— Eh bien? fit M. John Bell.

— Nous avons du lord chief-justioe l’ordre formel de ne le laisser communiquer avec personne du dehors.

— C’est vrai.

— Et nous perdrions certainement notre place, vous et moi...

*— Après ? fit M. John Bell.

— Eh bien ! il est venu tout à l'heure une dame qui voulait absolument voir lord William.

— Ahi

— Et cette dame, devinez qui elle est ?

— Je n’en sais rien.

— C’est lady Evandale Pembleton.

— Est-ce possible? fit M. John Bell stupéfait.

— C’est fa vérité.

— Mais alors... qu'avez-vous fait?

— J’ai refusé.

. — Cependant, fit M. John Bell, c’est lord Evandale et lady Evandale sa femme qui ont fait enfermer lord William.

— Oui.

— Alors, il n’y avait pas d’inconvénient.

— Je n’ai pas vonlu laisser entrer cette dame sans vous consulter.

— Diable! fil M. John Bell,

Et il tomba dans une rêverie profonde.

Tandis que M. Blount et M. John Bell se regardaient en gens qui paraissent fort embarrassés, un valet infirmier leur apporta une carte.

M. Blount y jeta les yeux et tressaillit.

— Qu’est-ce? dit M. John Bell.

— C’est la carte du révérend Patterson.

M. John Bell fronça le sourcil.

ROGAMBOLE

— Diable! fit-il, que peut-il bien nous vouloir?

M. Blount était non moins inquiet, en apparence du

moins. ,

— Faites entrer, dit-il.

Et le révérend Patterson, vêtu de sa longue redingote noire, coiffé de son chapeau de quaker, entra modestement, furtivement, les yeux baissés, comme il convient à un homme d’Église dont le royaume, selon la parole de l'Évangile, n’est pas de ce monde.

Il s’excusa fort poliment, humblement même, de déranger ces messieurs qui sans doute avaient de graves occupations, demandant pardon à d’honorables et importants gentlemen comme eux, de les venir entretenir de ses petites affaires.

Puis, tous ses compliments débités, toutes ses excuses faites, il releva la tête.

— Messieurs, dit-il alors, je ne suis que l’humble exécuteur des volontés du lord chief-justice.

M. John Bell frissonna.

— Je vous ai transmis, il y a quelque temps, les idées de Sa Seigneurie qui voulait que vous visitassiez avec le plus grand soin un fou d’espèce dangereuse appelé Walter Bruce.

— En effet, dit M. Blount.

— Cet homme, poursuivit le révérend en regardant particulièrement M. John Bell, prétend être lord William Peinbleton, lequel est mort, comme chacun sait.

— Incontestablement, dit M. Blount.

— Mais vous n’ignorez pas, poursuivit le révérend, que ce misérable a la prétention de soutenir des droits imaginaires.

M. Blount crut devoir sourire.

— Il a fait faire, poursuivit M. Patterson, par quel moyen? je l’ignore, une note à lady Evandale Pembleton.

— Ah! fit M. John Bell.

— Lady Evandale a été non-seulement effrayée des menaces de cet homme, mais encore elle a été jusqu’à un certain point ébranlée dans sa conviction.

— Comment cela ? fit M. Blount étonné.

— Le mémoire de cet individu qui signe effrontément lord William, alors que, en réalité, il s’appelle Walter Bruce, ce mémoire, dis-je, a vivement ému lady Evandale.

— En vérité? dit M. John Bell.

— Il ne serait pas impossible même que lady Evandale ne voulût voir cet homme.

— Qu’elle ne vînt ici...

— Elle est déjà venue, dit vivement M. Blount.

M. Patterson fit un soubresaut sur le siège qu’on lui avait avancé.

— Est-ce possible ? dit-il.

— Il y a moins d’une heure, dit encore M. Blount.

— Et..., demanda le révérend d’une voix étranglée, que s’est-il passé?

— Elle ne l’a pas vu...

— Ah!

— Je m’y suis opposé, dit M. Blount.

— Vraiment?

Et le visage du révérend se rasséréna.

— Mais, poursuivit M. Blount, elle doit revenir.

— Quand ?

— Demain.

ROCAMBOLF

— Il ne faut pas qu'elle le voie.

— Ce sera difficile de l’empêcher.

— Comment ?

— Elle doit m’apporter un ordre du lord chancelier.

Le révérend avait de nouveau froncé le sourcil.

— N’y a-t-il donc aucun moyen d’empêcher cette entrevue? dit-il.

— Il y en aurait bien un, hasarda M. John Bell.

— Lequel?

— Ce serait... que ce Walter Bruce..., ne fût... plus

iei...

— Et que... ferez-vous pour cela? demanda encore le révérend.

— Je l’emmènerais avec moi.

— Où donc ?

— Je compte faire un voyage.

— Ah! ah!

— - Et j’emmènerais avec moi un ou deux dernes fous. Les voyages sont quelquefois un bon remède pour la folie.

— Alors vous partiriez demain?

— Ce soir même, au besoin.

« — Il faut partir ce soir, dit vivement le révérend.

L’œil de M. John Bell s’illumina. '

Il songeait à la corde de pendu, que sir Arthur ne ferait plus maintenant aucune difficulté de lui prêter.

Cependant M. John Bell, comme on va voir, était consciencieux.

— 11 y a pourtant, dit-il, un grand danger dans l’exécution de ce plan.

— Lequel? demanda le révérend.

— Je compte aller en Irlande.

— Bon !

— En Irlande, je n’ai plus l’autorité dont je jouis en Angleterre.

— Eh bien ?

— Ce Walter Bruce est un homme résolu.

— Je le sais.

— Audacieux.

— Il l’a prouvé.

— Et s’il allait m’échapper?...

— J’aimerais encore mieux cela, dit le révérend Patterson, que de le voir s’entretenir avec lady Pembleton.

— Qu'à cela ne tienne, dit M. John Bell, je suis prêt à partir.

— Et surtout, emmenez-le, ajouta le révérend.

; Quelques minutes après, M. Blount reconduisait M. Patterson jusqu’à la porte de Bedlam.

Le révérend souriait. Il était radieux.

— Le bonhomme, disait-il a joliment bien donné dans le piège.

— Ah 1 c’est que, dit M. Blount, l’homme que vous m’avez envoyé est fort habile.

— 11 y paraît.

— II est merveilleux d’adresse, ce sir Arthur,

— Ah ! il se nomme sir Arthur ?

• — Oui. Vous l’ignoriez donc ?

. *— Je ne le connais pas.

— Bah ! mais alors...

— C’est un homme fort habile que j’emploie dans toute cette affaire, un certain M. Burdett, qui l’a choisi.

— Alors vous ne l’avez jamais vu ?

— Jamais. ’ „

jî ROCAMBOLE

— Voulez-vous le voir?

Oh 1 c’est parfaitement inutile.

Le révérend Patterson s’en alla enchanté de la tour nure que prenait toute cette affaire.

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