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UN DE PLUS

Le sieur D , bonnetier, s'en vient d'un air

marri livrera l'appréciation du tribunal correctionnel la conduite un peu légère de son épouse. Madame D est. une femme de 35 ans environ, d'un

teint blafard , et rien ne semble justifier en elle la passion du sieur Mamertin , son co-accusé.

Le bénin mari expose qu'il n'a pas recueilli de son union avec Amélie-Laurette G... tous les fruits qu'il s'en était promis. Au lieu des mœurs douces et pures qu'il avait cru remarquer d'abord dans celle qui lui était réservée pour épouse , il ne farda pas à trouver en elle une horrible dépravation.

Laurelte G , devenue madame D , s'afficha

bientôt par une vie licencieuse qui lui attira à plusieurs reprises le blâme sévère de sa famille. Il était de notoriété publique qu'elle entretenait des relations criminelles et sans le moindre mystère, avec la plupart des jeunes commis de sa maison. Cependant son mari était fort éloigné de soupçonner ces déporlements scandaleux qui frappaient tout le monde. Après douze ans de mariage, et lorsque l'âge aurait dù ramener l'épouse infidèle à de meilleurs sentiments, une nouvelle passion vint effacer toutes celles qui avaient jusque là régné dans le cœurdemadameD..; celle-ci se sentit éprise pour le sieur Mamertin d'un violent amour, et qui devait les conduire tous les deux aux plus grandes inconséquences. Le résultat de cet amour extravagant fut un commerce illégitime, mais presque public ; les prévenus, au dire de la prévention, n'usaient d'aucun ménagement pour masquer leurs coupables relations. Mais tel était l'aveuglement de M. D..., que cette fois encore il ne conçut aucun soupçon sur la fidélité de sa femme, quoique celle-ci désertât assez fréquemment le domicile conjugal pendant la nuit. Elle se contentait de donner pour motif de ces sorties nocturnes qu'elle allait coucher chez une de ses amies, et M. D... n'eut jamais la pensée de s'assurer de la véracité de sa femme. Cependant, plusieurs fois déjà il avait été informé, par des insinuations plus ou moins directes, que sa femme n'était pas sans avoir des torts graves; mais, tout plein d'une confiance hy-

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perbolique, il avait toujours rejeté bien loin des accusations qu'il regardait comme . calomnieuses. A la fin cependant, il ouvrit les yeux à la lumière.

Le sieur Mamertin, enhardi par l'impunité qui avait jusque-là couvert ses intrigues avec madame D... devint en peu de temps, dans la maison de l'époux trompé, un commensal plein des exigences les plus exorbitantes. Le sieur D... était obligé de faire fléchir toute volonté devant les caprices du favori. Les choses en vinrent h un tel point que M. D... devint à peu près un étranger dans sa propre maison ; sa femme lui fit même sentir plus d'une fois qu'il lui devait quelque reconnaissance de l'excessive tolérance en vertu de laquelle il n'avait pas encore été expulsé de chez lui.

Un coup inattendu vint frapper le malheureux M. D... et lui ouvrir les yeux. Le sieur Mamertin, qui, du rang le plus humble qu'il occupait dans la maison, était arrivé aux fonctions de caissier, déclara un jour à M. D... qu'il eût à résigner dans ses mains le gestion de son établissement. MadameD... appuyases prétentions de toute l'influence qu'elle exerçait sur l'esprit de son mari. Mais M. D... était encore plus attaché à ses bonnets de coton qu'à sa femme ; pour la première fois, il fit une énergique opposition à la volonté de son épouse Le lendemain, Mamertin et madame D... avaient abandonné le domicile commun. L'époux abandonné attendit vainement le retour de sa volage moitié. Désespérant enfin de revoir les fugitifs, il a pris le parti de s'adresser à l'autorité judiciaire, qui fut bientôt sur les traces de madame D... et put constater l'adultère de la manière la moins équivoque.

Mamertin et la dame D..., traduits pour ce chef d'accusation devant la justice, sont condamnés chacun à six mois d'emprisonnement.

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