XXXVII. — La Lettre pastorale
(( Courage, mes frères »,
Le mandement de carOme du Cardinal pour l'année 1917, intitule •< Courage, mes frères », fut lu dans toutes les églises du diocèse le dimache 25 février.
Il était divisé en deux parties. Dans la première, le Cardinal célébrait la grandeur morale de la nation ; il rendait hommage à la vaillance de l'armée et des prisonniers, à la patience des réfugiés, à la résistance héroïque des déportés, à la fermeté du Gouvernement, au courage indomptable du Roi. S'il y a quelques ombres au tableau, disait-il, elles s'effaceront, dans le recul de l'histoire, pour ne laisser apparaître que la beauté morale de la nation, son élan patriotique, sa ténacité. Les grands exemples d'héroïsme militaire et de patriotisme donnés par le peuple belge serviront à l'éducation des générations futures.
Dans la seconde partie. Son Éminence montrait la grandeur de l'esprit chrétien. Si les vertus morales naturelles sont dignes d'estime, seule la charité, que le Christ verse dans l'âme, donne à la vertu sa signification plénière et mérite, à strictement parler, le paradis.
La Pastorale se terminait par une exhortation à la confiance et par un acte d'adoration, de soumission et d'amour envers la Providence.
Le baron von Bissing, estimant que le Cardinal s'était de nouveau livré à une manifestation politique, lui envoya la lettre suivante :
Le Gouverneur Général ; Bruxelles, le 27 février 1917. de Belgriqne.
Le 25 courant, Votre Eminence a fait lire dans les églises une Lettre pastorale dont un chapitre est consacré à des considératio7ts purement politiques. Je dois protester énergiquement contre l'abus qui est fait, dans
un but d'agitation politiquey de la liberté accordée àic culte. Par cette manifestation dirigée contre le Pouvoir occupant, Votre Eminence a de nouveau amèrement déçu les espérances que j'étais en droit de fonder sur les déclarations répétées du Saint-Père. Si je m'abstiens, à la suite de cet incident, de prendre des mesures sévères, c'est uniquement en considération du Saint- Siège et de la paix religieuse en pays occupé. Pour un acte semblable, un simple prêtre, d'après les règlements en vigueur, devrait être traduit en justice. Je ne puis pas non plus m'empêcher d'exprimer mon étonnement à Votive Eminence de ce qu'Elle se livre à une manifestation publique de ce genre, alors que, d'accord avec un certain nombre de personnalités en vue de la Belgique occupée. Elle vient d'adresser à S. M. l'Empereur une requête au sujet de la question des chômeurs.
L'acte de Votre Eminence m'empêcherait aujourd'hui de recommander, comme je l'ai fait, la requête en question.
Je présente à Votre Eminence l'expression de ma considération distinguée .
(s.) Freiherr VOn Bissing, Generaloberst.
Le Cardinal s'empressa de justifier sa conduite en affirmant que sonMevoir était d'encourager, de guider, de soutenir un peuple qui lui était cher et qui se débattait au milieu des pires souffrances :
Archevêché de Malines. Malines, le 3 mars 1917.
Monsieur le Gouverneur Général,
La lettre I, 1799, que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'adresser sous la date du 27 février, m'est par-
venue seulement hier, 2 mars, et je saisis mon premier moment libre pour y répondre.
Puis-je supplier Votre Excellence de vouloir, un instant, faire abstraction de Sa qualité de soldat et de chef d'un Pouvoir occupant, pour n'écotiter et n'entendre que les sentiments qui font battre un cœur d'homme et vibrer Son âme chrétienne ? Je n'en demande pas davantage pour être assuré qu'Elle ne s'en tiendra pas à Son premier jugement.
Veuillez, Excellence, envisager les faits. Ainsi que le proclamait si noblement, à la face de l'Église et du monde. Notre Saint-Père le Pape Benoît XV, dans son allocution consistoriale du 4 décembre 1916, des groupes considérables de citoyens inoffensifs sont arrachés à leurs mères, à leurs épouses, à leurs enfants en larmes, et emmenés loin de leur pays : nous les avons vus partir, abattus, mais sains de corps, et nous en voyons revenir exténués, décharnés, la proie de la tuberculose dans la proportion de six sur dix, menace troublante pour la génération future.
L'alarme des familles est générale ; les doléances nous viennent de partout ; et nous aurions le devoir de demeurer le témoin impassible de ce supplice de notre peuple bienaimé ? Non, Excellence, un Pouvoir qui ne tiendrait compte que de la discipline extérieure pourrait avoir cette prétention. Un homme de cœur ne la maintiendra pas.
J'ai regretté de devoir élever la voix en public au moment où l'on me parlait des efforts généreux déployés par Votre Excellence pour prévenir des déportations nouvelles et pour atténuer les effets de celles déjà effectuées, au moment où je venais de signer un appel confiant à Sa Majesté Impériale ; mais il faut savoir tenir compte de la complexité de la situation que nous font les événements. Nous avons en face de nous un Pouvoir qui dispose de moyens puissants ; mais nous avons autour de nous un peuple faible, angoissé, souffrant ; il nous, faut respecter
l'un sans négliger l'autre ; je suis prêt, avec la grâce de Dieu, à tous les sacrifices personnels, mais on ne peut pas demander à un Pasteur de se désintéresser de son troupeau; il lui est impossible de le voir se disperser et de l'entendre gémir, sans qu'il essaie, au moins, par les faibles moyens dont il dispose, de lui prouver qu'il reste à sa tête et ne veut pas l'abandonner.
Veuille Votre Excellence relire, d'un œil impartial, ma Pastorale du 11 février; Elle n'y trouvera pas autre chose que l'expression de ces sentiments de sollicitude et de bonté. Je n'ai aucune intention de blesser personne ni de prendre l'offensive envers qui que ce' soit. Je me borne à encourager un peuple qui m'est cher et dont je suis, par mission, le guide et le soutien. Les fidèles m'ont compris; ma parole n'a incité personne à la révolte, mais, pour plusieurs, je le sais, elle a été apaisante.
Agréez, Excellence, l'hommage de mes sentiments de haute considération.
(s.) D. J. Card. Mercier, àrch. de Malines.
Le baron von der Lancken s'étant plaint, au cours d'un entretien avec Mi^r Legraive, de la Lettre pastorale « Courage, mes frères », le Cardinal lui fit parvenir la lettre que voici :
Archevêché de Malines. Louvain, le 6 mars 1917.
A Monsieur le baron von der Lancken,
Chef du Département politique^ Gouvernement Général,
Bruxelles,
Vous avez bien voulu 'me faire dire par S.G.Mgr Legraive que, grâce à vos pressantes démarches. Mademoiselle Douterligne échappera à la peine capitale. Avec la famille, je m'en réjouis et je vous remercie de votre obligeante et efficace intervention.
as
Au cours de votre entretien avec mon évêque auxiliaire, vous avez jugé sévèrement, paraît-il, ma dernière Pastorale, et vous vous êtes plaint d'une lettre adressée par moi à un cercle de jeunes gens français.
Sur ce dernier point, vous avez été induit en erreur ; je n'ai écrit à aucun cercle de jeunes gens, ni à aucun journal français.
Quant à ma Pastorale, vous devez connaître, à l'heure qu'il est, la correspondance échangée à ce sujet entre Son Excellence le Gouverneur Général et nous. Je ne puis m'attendre à ce que vous me disiez que vous approuvez ma réponse, mais vous ne nierez pas que, pour juger de la signification et de l'opportunité de ma Pastorale, il y a à tenir compte de deux points de vue, celui de l'occupant et celui du pauvre peuple occupé.
Reconnaissez que le Pouvoir militaire de l'Allemagne n'eût rien pu imaginer de plus contraire à ses désirs de paix que de violentes et lamentables déportations, qui ont soulevé l'indignation du monde entier.
Agréez, Monsieur le baron, l'assurance de ma haute considération.
(s.) D. J. Card. Mercier, Arch. de Malines.
Le baron von dcr Lancken ne trouva rien de mieux, pour justifier la conduite du Pouvoir occupant, que de se retrancher derrière les nécessités imposées par la guerre :
Département politique B'niX elles, le 9 mars 1917.
de Belgique.
A Son Eminence le Cardinal Mercier,
Archenêque de Malines.
L'honorée lettre de Vot7^e Eminence, en date du 0 courant, m'est bien parvenue. Je me suis en effet
entretenu avec Mgr Legraive de la dernière Pastorale de Votre Eminence et de Sa lettre, publiée dans des journaux parisiens. Par rapport à cette dernière, je me permets de communiquer à Votre Eminence un extrait du « XX^ Siècle y>. Il y est dit que la lettre n*a pas été adressée directement à la « Revue des jeunes », m,ais bien à un collaborateur.
Je ne reviendrai sur la Pastorale que pour rencontrer la remarque faite *par Votre Eminence, qu'il faut distinguer entre l'occupant et l'occupé. L'occupé comprendra beaucoup de choses faites par l'occupjant, s'il essaie de se placer ait point de vue de ce dernier. Il se représentera que le Pouvoir occupant. doit compter avec les nécessités de la guerre, qui lui sont imposées, et qu'il n'agit nullement de façon ay^bitraire. Celui-ci considérera naturellement comme injustifiée toute critique de son administration, qui ne tiendixiit pas compte de ces circonstances.
Je présente à Votre Eminence l'expression de ma considération la plu^ distinguée et je suis
Son tout dévoué, (s.) Lanchen,
A cette lettre^ étaitjoint l'extrait suivant du XX^ Siècle, en date du 24 février 1917 :
Une lettre inédite du Cardinal Mercier.
Les souffrances et la vaillance patriotique des Français et des Beiges.
Le « Revue des Jeunes » publiera demain la lettre suivante qu'un de ses collaborateurs vient de recevoir du Cardinal Mercier :
•— 3oG —
Archevêché de Malines. Malines, le 15 janvier 1917.
« Cher Monsieur,
» Monsieur .... m'a rapporté le témoignage de votre bienveillance » à mon égard et à l'égard de mes pauvres diocésains. J'y ai été fort » sensible et vous en remercie.
» En vérité, la Belgique est rudement éprouvée; les départements » du Nord français ne souffrent pas moins. Mais, Dieu merci, les » courages ne fléchissent pas. Notre peuple, j'entends le petit peuple, » celui sur lequel tombent surtout les privations, est admirable de
> ténacité. J'ai parcouru, cette semaine, les ruelles et les impasses » d'une petite ville, Lierre, que les envahisseurs avaient déjà sac- » cagée en août 1914, et à laquelle ils viennent d'enlever un millier » d'hommes valides; j'ai passé de porte en porte, chez les familles » des déportés ; j'ai eu beaucoup de larmes à sécher, de douleurs à » consoler ; j'ai entendu des paroles dures à l'adresse des tyrans qui » brisent brutalement nos foyers, mais je n'ai entendu ni une épouse, » ni une mère qui demandait la paix, à tout prix, sans condition. On » souffre, mais on patiente. C'est la victoire que l'on veut, et les » réparations, et les sanctions nécessaires.
> Des Américains qui contrôlent le ravitaillement des départe- » ments français me rapportent souvent qu'ils trouvent chez vos y compatriotes les mêmes sentiments généreux. Chez vous, ce spec- » tacle étonne moins, parce que le Français est généreux par tem-- » pérament, par tradition; il représente dans l'histoire la vaillance » guerrière et les vertus chevaleresques ; mais chez nous, qui avons » joui d'une sécurité séculaire et qui avons le tempérament plus froid, » le patriotisme qui s'est révélé si intense pendant deux ans nous sur-
> prend et nous donne un sentiment, peut-être naïvement outré, » d'admiration de nous-mêmes.
» Ce sentiment, vous le comprendrez et l'excuserez, au moins » chez le pasteur, père de ses ouailles, et si j'y insiste, c'est pour
> expliquer le réconfort que m'a apporté votre attention généreuse.
* Je prie le bon Dieu de vous en récompenser, de vous bénir vous » et les vôtres, la noble nation française, et je vous présente, cher » Monsieur, les assurances de ma haute considération et de mon » dévouement reconnaissant. »
(s.) D. J, Card. MERCIER,
Archevêque de Malinb«s.
XXXVUl. — Condamnation de Mgr Legraive, évêque auxiliaire de Malines et de Monsieur l'abbé Ailaer.
Par jugement du conseil de guerre d'Anvers, Mgr Legraive, évêque auxiliaire de Malines, fut condamné à neuf mois de prison pour avoir donné l'hospitalité à un jeune Français se rendant à la frontière. Monsieur l'abbé Ailaer fut condamné à 8 mois de prison pour complicité.
Le Cardinal fut mis au courant de ces condamnations en repassant par Bruxelles, après une absence de quelques jours. Il apprit en même temps que le baron von der Lancken lui avait conseillé, par l'intermédiaire du Nonce, de demander la grâce de Mgr Legraive. Aussitôt, il adressa au Gouverneur Général une requête dans ce sens :
Institut St-Louis, Bruxelles, le 17 mars 1Q17.
Bruxelles.
A Son Excellence Monsieur le baron von Blssing-,
Gouverneur Généra/^ Bruxelles.
En rentrant, ce soir, à Bruxelles, après une absence de quelques jours, j'apprends, avec stupéfaction, que le conseil de guerre d'Anvers vient de condamner S. G. Mgr Legraive, ■évêque auxiliaire de Malines, à neuf mois d'emprisonnement.
J'ai la confiance que Votre Excellence aura à cœur de lever cette condamnation, d'autant plus que l'acte quî l'a motivée, Mgr Legraive le considérait, je le sais, comme wn acte de charité.
Monsieur l'abbé Ailaer, directeur spirituel du Séminaire, condamné à huit mois, bénéficiera, j'espère, de le même indulgence.
Agréez, Monsieur le Gouverneur Général, l'assurance de ma très haute considération.
(s.) D. J. Card. Mercier, àrch. de Malines.
Le lendemain malin, le Cardinal sollicita l'autorisation de visiter Mgr Legraivc dans sa prison, à Anvers :
Archevêché de Malines. Malines, le 18 mars 1Q17.
A Monsieur le baron von der Lancken,
Chef du Département politique, gouvernement [Général,
Bruxelles, Monsieur le Baron,
Je voudrais beaucoup r-endre visite à S. G. Mgr Legraive, à la prison d'Anvers, cet après-midi. Pourriez-vous me procurer les autorisations nécessaires ou avertir par téléphone le directeur de la prison ? Je m'arrangerais de façon à arriver à Anvers,- entre 4 h. et 5 h. (h. c.)
Recevez, Monsieur le baron, l'expression de mes sentiments les pljus distingués.
(s.) D. J. Card. Mercier, Arch. de Malines.
Quelques instants après avoir envoyé cette lettre, le Cardinal apprit que Mgr Legraive avait déjà été envoyé en Allemagne. Il lit part de son étonncment au baron von der Lancken :
Archevêché de Malines. Malines, le 18 mars 1Q17,
A Monsieur le baron von der Lancken, Chef du Département politique, Gouvernement Général^
Bruxelles.
Monsieur le baron.
Hier soir, à mon arrivée à Bruxelles, j'appris que Son Excellence le Nonce m'engageait, sur votre conseil, à solliciter la grâce de Mgr Legraive, mon évêque auxiliaire. Et ce matin, j'apprends que, déjà hier, Mgr Legraive était en
Allemagne. Il y a là des coïncidences que je cherche vainement à m'expliquer.
Agréez, Monsieur le baron, l'assurance de ma haute considération.
(s.) D. J. Card. Mercier, Arch. de Malines.
Trois jours après, Mgr Legraivc, gracié, rentrait au pays après avoir passé 48 heures au camp de Siegburg. Le Cardinal s'empressa (le remercier le baron von Bissing de son intervention :
Archevêché de Malines. Malines, le 21 mars 1QI7.
Monsieur le Gouverneur Général,
A l'instant même, S. G. Mgr Legraive nous revient d'Allemagne. La grâce qu'il a obtenue est un effet de la prompte et puissante intervention de Votre Excellence. Je me fais un devoir de vous en exprimer ma vive reconnaissance, en même temps que l'hommage de ma haute considération.
(s.) D. J. Gard. Mercier, Arch. de Malines.
Le Cardinal remercia aussi le baron von der Lancken de la part qu'il avait prise à la libération de Mgr Legraive et lui demanda d'user de son influence afin que la clémence du Gouverneur Général s'étendît aussi à Monsieur l'abbé Allaer :
Archevêché de Malines. Malines, le 22 mars 1917.
A Monsieur le baron von der Lancken,
Chef du Département politique. Gouvernement Général,
Bruxelles.
Monsieur le Baron,
J'ai appris la large part que vous avez eue à la libération si rapide de S. G. Mgr Legraive et je m'empresse de vous
en remercier. La joie des séminaristes au retour de leur vénéré et bien-aimé Président est exubérante.
Le clergé et moi-même restons soucieux, parce que le bon M. Àllaer n'a pu revenir avec son compagnon de captivité, tandis que sa vieille mère languit et s'épuise dans son isolement. Mais nous gardons l'espoir que la clémence de Son Excellence le Gouverneur Général s'étendra aussi, bientôt, à ce prêtre si digne et si méritant.
Je prends la liberté de vous confier la lettre ci-jointe destinée à Son Excellence le Gouverneur Général. (1)
Recevez, je vous prie. Monsieur le baron, l'assurance de mes sentiments les plus distingués.
(s.) .D J. Gard. Mercier, àrch. de Màlines.
Voici la réponse du baron von der Lancken :
Département politique Bruxelles, le 23 mars 1917, près le Gouverneur Général de Belgique.
A Son Eminence le Ccuxlinal Mercier,
Archevêque de Malines.
Je suis infiniment obligé à Votre Bminence des quelques mots qu'Elle m'a adressés à l'occasion du retour de Mgr Legraivie. Pour obtenir la grâce de Monsieur l'abbé Allaer, il faudrait au moins adresser une requête en règle. Je laisse à Votj^e Eminence le soin d'écrire dans ce sens à Monsieur le Gouverneur Général (2). De mon côté, il ne m'est malheureusement pas possible de faire de nouvelles démarches. J'ai transmis à Monsieur le Gouverneur Général les deuss
(1) Le Cardinal demandait, dans cette lettre, le rapatriement de 22 déportés (voir p. 316).
(2) L'abbé Allaer ne fut libéré qu'au début de juin.
lettres que Votre Eminence lui a adressées en doie du 2i courant, l'une pour le remercier de la grâce de Mgr Legraive, Vautre pour demander le rapatriement de 22 déportés. Les demandes individuelles n'étaient pas jointes à cette dernière ; je prie Votre Eminence de bien vouloir me les faire parvenir. Monsieur le Gou- V erneur Général est disposé à les appuyer.
Je présente à Votre Eminence V expression de ma considération irès distinguée et je suis
Son tout dévoué,
(s.) Lancken.