XX. — Surveillance de la voie téléphonique à Vilvorde
Un accidcni était survenu, sur le territoire de Vilvorde, à la ligne téléphonique. Quelle en était la cause ? Personne ne le savait. N'importe: la ville en fut rendue responsable et, en guise de punition, les notables de Vilvorde furent chargés par le commandant allemand d'assurer la surveillance de la voie. Plusieurs prêtres et religieux ayant été convoqués pour monter la carde, le Cardinal envoya à von Bissing une lettre de protestation :
Archevêché de Malines. Malines, le 18 décembre 1915.
A Son Excellence Monsieur le baron von Bissing, Gouverneur Général, Bruxelles.
M. le Kreischef a intimé à l'autorité communale de Vilvorde l'ordre de faire surveiller par des notables de la commune, une ligne téléphonique.
Dans sa proclamation du 11 décembre 1915, M. le chet impérial dit lui-même en termes exprès : « Il est douteux que cette ligne se soit brisée ». La conséquence évidente est qu'il n'y a pas de «méfait» établi et que, dès lors, il n'y a pas lieu à répression.
On prétend, cependant, imposer au clergé paroissial de Vilvorde, au Directeur et aux Professeurs prêtres du Collège Notre-Dame, aux Frères des Ecoles, la surveillance, durant douze heures consécutives, d'une ligne téléphonique.
Le clergé a déclaré ne pouvoir se prêter à ce rôle, et j'ai approuvé sa décision.
J'ai l'assurance. Monsieur le Gouverneur Général, qu'il suffira d'avoir appelé l'attention bienveillante de Votre
Excellence sur cet incident, pour obtenir qu'il y soit mis fin, et, par avance, j'en exprime à Votre Excellence mes sentiments reconnaissants, en même temps que je La prie d'agréer l'hommage de ma très haute considération.
(5.) D. J. Card, Mercier, àrch. de Malines.
Le Gouverneur Général répondit en rejetan^t la responsabilité de la convocation des prêtres et religieux sur les autorités communales :
Le Gouverneur Général Bruxelles, le 22 décembre i9i5. de Belgique.
A Son Eminence le Cardinal Mercier,
Archevêque de Malines.
J'ai l'honneur de faire savoir à Votre Eminence, en réponse à Sa lettre du i8 courant, que la désignation de prêtres pour sui^veiller la voie téléphonique à Vilvorde, n'est pas due à mon administration, mais bien aux autorités communales belges. Je partage tout-à-fait l'avis de Votre Eminence, que les pjy^êtres ne doivent pjas être astreints à ce service. J'ai enjoint à mes subordonnés de veiller à ce que, dans l'avenir, les aAministrations communales belges ne commettent plus de semblables excès de pouvoir .
Je présente à Votre Eminence l'expression de ma considération très distinguée et j'ai l'honneur d'être
Son dévoué,
(s.) Freiherr von Bissing, Generaloberst.
En réalité, voici ce qui s'était passé :
Un vicaire de la ville, le Supérieur des Prères des Ecoles Chrétiennes et plusieurs professeurs ecclésiastiques du Collège avaient été convoqués par l'autorité communale pour monter la garde pendant la nuit. A cette nouvelle, M. le doyen Van Reeth se rendit aussitôt à