LETTRE A M. LENOIR
Cette lettre est relative au même incident que la précédente, et, bien qu'elle ne porte pas de date, il faut sans doute lui donner celle de mars 1783. Elle montre que des efforts
1. L'original de cette lettre a été communiqué par M. Gabriel Charavay à M. Chèvremont, qui en a donné le texte dans son ouvrage Jean-Paul Marat (I, p. 75). Mais, on ne sait pourquoi, M. Chèvremont indique le chimiste Macquer comme le destinataire de cette lettre, de même qu'il lit : « A dimanche à deux heures », là où il y a : « Ce dimanche, à deux heures. »
avaient été faits pour empêcher un duel enlre Mai -at et Charles, et que ces efforts n'avaient point été inutiles. Elle est adressée à M. Lenoir, lieutenant de police, qui, sans doute, avait été chargé de s'entremettre entre les deux adversaires '.
Monsieur,
Je me suis présenté à votre porte à l'heure indiquée à M. de Sessart. Le suisse m'a répondu que M. Lenoir était malade et ne recevait personne. Lui ayant observé que j'étais attendu, il a regardé la liste, il n'y a pas trouvé mon nom, et m'a refusé l'entrée.
Vous savez. Monsieur, l'outrage que j'ai reçu dans la maison de M. Charles. Quelque indigne qu'il doive paraître à un homme d'honneur, j'allai vous faire le sacrifice de mon ressentiment J'attendrai donc de nouveaux ordres de votre part, et je m'empresserai d'aller vous présenter l'hommage des sentiments de respect et d'attachement que je partage avec le public, et avec lesquels j'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Marat, médecin des gardes du corps de Mgr le comte d'Artois.
Ce mercredi, à deux heures.
LETTRE A ROUME DE SAINT-LAURENT
{2 juin 1783)
Philippe-Rose Roume de Saint-Laurent, un des amis les plus fidèles de Marat, avait quitté Paris pour Madrid, où il avait entrepris d'établir une sorte d'Académie des Sciences,