Ibid., n<> 227 (27 juin
xvin INTRODUCTION
punit le 10 septembre 1792, il déclare catégoriquement que cette lettre fut adressée à sa destinataire
<■ par la voie de son journal » ', ce qui revient à dire quelle n'est point une lettre proprement dite. 11 n'est pas possible non plus d'accepter les réponses à îles lettres doni l'auteur ne parait pas être connu de Marat. C'est le cas, par exemple, des réponses que l'on trouve dans les nos 294* et 420 3 de L'Ami du Peuple, et US du Journal de la République française *. Enfin, le ton général de certaines autres suffit à les rendre suspectes et à les faire écarter «le la correspondance de Marat 5.
1. « J'écrivis à MMa Fouaisse, par la voie de mon journal... Voyez le n'J 555 de L'Ami du Peuple... »
2. Réponse de l'auteur à un correspondant que je crois membre du comité' des pensions.
3. La lettre à laquelle répond Marat est signée : l'n ami de la vérité.
i. La lettre à laquelle répond Marat est signée : Un Frai angla
'.. En outre des deux adresses au Roi L'Ami du Peuple du 2'1 décembre 1790 et du 15 janvier 1791 et des adresses ;i la Garde nationale, aux Gardes-franeaises. aux sections, aux écrivains patriotes UArrri dti Peuple des 27 juin. 31 août, 6 septembre. 19 octobre. 1 i novembre 1790, 3 mai 1791), qui s'éliminent d'ellesmêmes, on peut compter quarante-cinq lettres ou réponses de Marat. insérées dans ses feuilles, qu'il parait préférable d'écarter de sa correspondance (L'Ami du Peuple des 28 juin. 13 septembre, 9 et 2'. octobre. 21 et 28 novembre. 11 et 19 décembre 1790; 3, 9, 13, L9, 22 et 27 janvier, 3 février. 10, 18 et 23 mars. '.. 9, 10, 24 et 13 et 28 mai. 3 juin. 20 septembre 1791; 28 mai. 4 juin 17!<2: Journal de la République française, I" cl 24 novembre. 8 décembre 17''.!. 15 janvier. 7 février. lpr-2 mars 1793; Le Pvbliciste de la République française. 3 mai, L0-, 12. 27 et 29 juin, 1" et 2 juillet 179
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Par les mêmes procédés de critique, mais appliqués en sens inverse, il devient possible de justifier presque rigoureusement le choix des lettres qui, puisées dans les journaux de Marat, méritent cependant de figurer dans sa correspondance personnelle. Pour un certain nombre d'entre elles, Marat prend soin d'indiquer leur date exacte, qui ne concorde pas avec celle du numéro qui les contient1. Il n'y a point de meilleure preuve que la lettre a son existence propre, qu'elle est réellement indépendante du journal où elle se trouve insére'e. Quelquefois, Marat lui-même nous donne une indication décisive 2. Quelquefois encore, la certitude pour un cas isolé s'étend, par référence, à tous les cas analogues 3.
1. C'est le cas. par exemple, des lettres que l'on trouve dnns le Le Publiais te parisien du 13 septembre 1789 (lettre du 27 juillet à l'Assemhlée nationale), dans L 'Ami du Peuple du 28 septembre 1789 (lettre du 25 septembre aux membres de la Commune de Paris), du 12 janvier 1790 lettre du 10 janvier à La Fayette', du 19 mai 1790 (lettre du 15 mai à plusieurs membres de l'Assemblée nationale), du 26 juin 1790 (lettre du 24 juin à M. de la Salle . du 8 septembre 1790 (lettre du 7 septembre aux démolisseurs de la Bastille).
2. C'est le cas de \s lettre au citoyen Heintzler {L'Ami du Peuple du 18 novembre 1790 , que Marat rapporte de mémoire, parce qu'il a oublié d'en prendre copie.
3. On pourrait croire que les lettres de Marat à Camille Desmoulins, dans U Ami du Peuple, ne sont que des formes de polémique. Leur allure, leur longueur, et les digressions qu'elles contiennent, sembleraient le démontrer. Il n'en est rien. L'une d'elles, et précisément celle qui a le moins, parmi toutes, le caractère d'une lettre privée, puisqu'elle renferme tout un article, a été retrouvée par Matton dans les papiers de Camille Desmoulins, et publiée par lui dans sa Correspondance inédite de Camille Desmoulins. Ce seul
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D'autres fois enfin, l;i réalité de la lettre se révèle d'elle-même, par les circonstances qui raccompagnent ou par l'analyse minutieuse du lexle '.
Ainsi rétablie dans ses limites les plus vraisemblables, la seconde partie de la correspondance de Marat, si elle est mieux connue que la première, n'en présente pas moins plus d'un détail nouveau et curieux. Elle nous apporte d'abord quelques documents relatifs aux poursuites dont il fut l'objet en janvier 1790 : une lettre au Tribunal de Police à la date du 13 janvier 1790, et cinq ou six billets adressés à M"0 Victoire Nayait et saisis chez elle. Elle nous apprend ensuite que Marat, bien qu'absorbé par son labeur révolutionnaire, ne négligeait
exemple permet de penser que les autres lettres de Marat ont été. comme celle-ci. envoyées à leur destinataire. On ne peut tirer argument du fait que Matton ne les publie pas. Il est possible, en effet, qu'il n'en ait retrouvé qu'une seule dans les papiers de Camille Desmoulins; niais il est plus vraisemblable encore qu'il les a volontairement omises, soit qu'il lui ait paru inutile de reproduire plusieurs lettres de Marat, soit qu'il ait préféré ne point rappeler à ses lecteurs les durs reproches de l'Ami du peuple au frivole auteur des Révolutions de France et de Brabant. D'ailleurs. Matton lui-même reconnaît avoir intentionnellement écarté un grand nombre de pièces : « Parmi une nombreuse correspondance, dit-il. j'ai fait un choix des pièces qui. à mes yeux, méritaient la publicité. » {Correspondance inédite de Camille Desmoulins, Préface, p. i).
1. C'est ainsi, pour ne prendre qu'un exemple, que. par la confrontation des faits et des dates, on arrive à une conclusion à peu près certaine pour une lettre qui. au premier abord, paraît n'avoir aucun des caractères d'une lettre -réelle. Il s'agit de la courte r-'pon<e que Marat fait ù un correspondant nommé
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point la surveillance des éditions de ses œuvres scientifiques. La lettre adressée à son éditeur Méquignon, le 28 février 1792, en fait foi. Quelques autres lettres, celle au citoyen Collet en mai 1793, celle à Audouin en juin 1793, nous montrent l'activité de Marat dans ce rôle d' « œil du peuple ' » dont il avait assumé la tâche dévorante. Dans cette longue série de lettres diverses, il n'y a point de lacune profonde. Les événements s'y succèdent ; quelques grands noms de la période révolutionnaire, Necker, Camille Desmoulins, La Fayette, Petion, y apparaissent avec éclat. On y peut trouver, surtout dans les lettres à Camille Desmoulins et à la Convention, quelques-unes des pages les plus brûlantes
Cannehan-Champagnac dans le n° 70 du Journal de la République française (26 janvier 1193). Si l'on se reporte aux faits qui ont motivé la lettre et la réponse, on est bien obligé de convenir qu'à la date du -26 janvier Marat ne pouvait plus dire : « Je crois que Santerre se conduira à l'égard des cavaliers nationaux de manière à éviter tout reproche. » En effet, à cette date, Santerre avait déjà interdit aux gardes nationaux à cheval de s'assembler par compagnies, interdiction que Marat critique avec violence dans son n° 110 (29 janvier). Dès le 26 janvier, d'ailleurs, les cavaliers nationaux avaient formulé des plaintes très vives contre leur général. La réponse de Marat à Cannehan-Champagnac est certainement antérieure à ces faits, et comme la lettre est du 12 janvier, c'est vraisemblablement à cette date ou à celle du 13 qu'il faut placer la réponse. Ce qui confirme encore cette hypothèse, .c'est que Marat dit aussi : « Dans quelques jours, je m'occuperai des braves cavaliers nationaux. » Or. c'est dans le n° 99, qui porte la date du 15 janvier, qu'il s'en occupe en effet.
1. Letlre aux représentants de la Commune de Paris (25 septembre 1789).
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et les plus prophétiques de ce tumultueux génie. Leur éloquence nerveuse et solide fait regretter, à la lois pour la psychologie de Marat et pour l'histoire, que celle correspondance ne puisse guère être plus complète. On retrouvera sans doute encore quelques lettres oubliées, quelques documents momentanément enfouis dans des collections silencieuses ; mais la disparition de celles qui sont perdues pour jamais demeure d'autant plus sensible que, parmi ces lettres, il en est un certain nombre dont nous connaissons l'importance capitale. Telles sont, par exemple, les lettres de Marat aux Étals- G-énéraux, celle&à BarfoarouK au temps de leur amitié, et surtout celle lettre mystérieuse que recul Danton en septembre 1 792, que Marat détruisit lui-même, et dont on ne connaîl ni le texte ni même l'objet précis1. Une correspondance complète de Marat serait, pour l'histoire de la Révolution, un document inestimable. Jamais peut-être, en effet, un homme n'a laissé palpiler son cœur avec une sincérité aussi passionnée, avec des accents aussi Iragiques. CVsl le destin même de la Révolution qui roule dans eel ora^<\ dans ces cris, dans ces plaintes, où passe sans cesse l'ombre désespérée de Cassandre. Telles qu'elles sont, mutilées, déchirées, saignantes, ces