‹ La correspondance;Chapitre 7 sur 107 · Hinton vint me trouver, me montra une lettre que lui · texte numérisé non relu

Hinton vint me trouver, me montra une lettre que lui

écrivait Marat; cette lettre était très insolente; les reproches

étaient mêlés aux injures; il menaçait Danton de ses placards... »

Diacorars de Jérôme Petion sur l'accusation intentée contre Mkxi-

milien Robespierre, dans le Moniteur du 10 novembre 1792).

INTRODUCTION xxm

lettres sont précieuses. Elles méritent d'être lues avec respect, car elles portent en elles cette fièvre de liberté et de justice qui consumait l'âme de Marat.

Charles Vellay.

LA

LETTRE A

( li avril 1776

La plus ancienne lettre de Marat qui nous soit connue est' de l'année 1776. Marat vivait alors en Angleterre, depuis 1767, et ne faisait en France que de rares .'éjours. Ce n'est que l'année suivante, en 1777, qu'il devait revenir s'y fixer d'une façon définitive. La lettre que voici fut écrite à l'occasion d'un voyage de quelques mois sur le continent eL a trait au règlement d'un compte. Elle est écrite en anglais1.

Douvres, 11 avril 1776.

A few days before my setling off from London, I called on you to set our account, but did not find you at home. Affairs of ereat concern call me for a while in the continent.

1. Original : Collection Morrison {Catalogue, tome IV, p. 130).

I shall return to London on the bogining of next Oclober, at wliicli lime Fil lake care of discharging ni y little bill. I ani your most humble servant1.

D1 Mahat.

LETTRE A M. BEUGNET

(14 août 1778)

En 1778, Marat faisait déjà partie de la maison du comte d'Artois*. La lettre qu'il éciivit à M. Beugnet, ù la date du 14 août, se rapporte vraisemblablement à quelque négociation dont le bul était de faire cesser des attaques de presse contre le comte d'Artois. Cette lettre fut publiée, en 1835, par la Revue rétrospective 2e série, tome IV, p. 316). L'original faisait alors partie de la collection d'autographes Lucas de Montigny.

A Monsieur Beugnet intendant des finances de monsieur le comte d'Artois, rue Saint- Nicaise.

Le vendredi soir, 14 août 1778.

Vous êtes un grand négociateur, mon cher Beugnet; voilà déjà que Caqué nous trompe, et qu'il continue 'plus

1. Traduction : « Quelques jours avant mon départ, de Londre je vous rendis visite pour régler notre compte, mais je ne vous trouvai pas chez vous. Des affaires d'une grande importance m'appellent pour un certain temps sur le continent. Je serai de retour à Londres au commen ement d'octobre prochain, et je m'occuperai à ce moment du règlement de ma petite note. Je suis votre très humble serviteur. »

2. Son brevet de médecin des gardes du corps du comte d'Artois est daté du 24 juin 1777 V. Charles Vatel, Charlotte de Corday et les Girondins, tome Ier, p. cccxxxm).

fort que jamais ses invectives impertinentes. M. de Moncrit vous l'a dit ce matin, et vous avez oublié de m'en parler. Je vous avoue que je regrette bien notre argent si mal employé, et que je voudrais pour beaucoup que vous ne lui eussiez encore rien payé. Il faudra pourtant que nous prenions un parti sur cela.

Bonjour, mon cher Beugnet. Je crois qu'il me faudra du canon de quarante-huit pour faire ces affaires de monsieur le comte d'Artois.

Je vous envoie les douze cents francs.

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