Voici le texte de cette lettre
-< De l'Abbaye, ce 23 juin 1793.
« J'apprends, citoyen, par une voie sure, et je vous le communiquerai, si vous le désirez, qu'on se dispose à Lyon à guillotiner Chalier ; c'est un patriote ardent et pur; je crois que vous le connaissez, et si vous ne le connaissez pas, vous pouvez vous informer auprès du Comité de sûreté générale, où il est très connu; c'est un guet-apens véritable; empressez-vous de demander son transport à Paris. J'ai lu avec surprise que la Convention a décrété que le procureur syndic du département de Rhône-et-Loire, le procureur syndic du district, et le procureur de la commune de Lyon, étaient appelés au Comité de salut public pour donner des
convaincra de la nécessité de mander sans délai Chalier à votre barre, non seulement pour le soustraire à la férocité des aristocrates de Lyon, mais encore pour en tirer des renseignements sur les causes des troubles de cette ville. J'en lais la demande expresse.
Je demande aussi que Laussel, procureur de la commune de Lyon, et signataire de l'incluse, y soit mandé pareillement.
Je demande encore que vous rendiez contre le tribunal populaire de Lyon le même décret que vous avez rendu contre celui de Marseille.
renseignements. Pourquoi ne pas appeler aussi Chalier, président du tribunal du district, pour être entendu contradictoirenient ? Pourquoi surtout ne pas m'avoir appelé?
« J ai écrit peut-être vingt lettres, et toutes sans réponse : si Ton m'eût entendu, on eût pu prévenir les derniers troubles. Je n'en sais pas les détails, mais je sais très bien que le département est contre-révolutionnaire ; que le district a pour sou lot quelques meneurs un petit peu aristocrates, et surtout intéressés; que le nommé- Villar, qui a pris ma place, est le beau-frère et le postillon d'un nommé Martin, conlre-révolutionuaire de vieille date. Ces trois brigands ne soutiendraient pas ma présence en plein comité. Je me fais tort de les atterrer.
« Nous avons ici des commissaires des sections de Lyon qui doivent partir demain; ce sont des émissaires pour a#ir onlre la Cornent oh, qu'ils ne veulent pas reconnaître; ne devrait-on pas les arrêter pour répondre de la tête de Chalier et des autres patriotes emprisonnés à Lyon? Chalier s'est bien mal conduit en\ers moi; mais ses malheurs et sa position me font tout ouhlier pour me souvenir seulement qu'il est patriote et du bon genre, et que nous avons toujours combattu, côte à côte, les tyrans et leurs suppôl s.
« Je ne vous dirai rien de mon affaire; mon mémoire va paraître, et mes ennemis seront confondus à la face de l'univers, tnsuite je paraîtrai à la barre; j'ai des horreurs â dévoiler sur un membre de la Convention. Agréez mes salutations fraternelles.