I.Ai ssel, procureur de la commune de Lyon
« P. -S. — Roland est à Lyon; Brissot allait l'y rejoindre lorsqu'il a été arrêté. »
Enfin je demande que la permanence des sections soit supprimée dans toute la République. Cette permanence est la principale cause' des désastres arrivés depuis peu dans plusieurs grandes villes de l'État : car les riches, les intrigants et les malveillants courent en foule aux sections, s'en rendent maîtres et y font prendre les arrêtés les plus liberticides, tandis que les journaliers, les ouvriers, les artisans, les détaillistes, les agriculteurs, en un mot la foule des infortunés forcés de travailler pour vivre, ne peuvent y assister pour réprimer les menées criminelles des ennemis de la liberté. J'avais présenté, il y a dix à douze jours, cette dernière mesure à votre comité de salut public; il en sentit l'importance, promit un rapport : j'ignore les motifs de son silence.
Marat, député à la Convention.
Paris, ce 25* juin 1793, l'an 2e de la République uoe et indivisible.
1. Texte du Moniteur : « ... le principe et la cause... ». Le texte que nou-? suivons est celui de l'original de la Bibliothèque de Nantes.
■i. Il y a certainement là une erreur de date. La lettre est évidemment di> 21 juin, jour où elle fut lue à la Convention [l'rocèsverbaux de la Contention, t. XIV, p. 117). D'autre part, le Moniteur et les Archives parlementaires donnent à la lettre de Laussel la date inexplicable du 23 juin. Il faut vraisemblablement la reporter au 20 juin.
LETTRE A LA CONVENTION '
(2 juillet 1793)
Citoyens collègues,
A quoi songe votre comité de salut public? Sommeillet-il, ou refuse-t-il d'agir? J'ai demandé il y a dix jours que les mesures que vous avez prises contre les autorités constituées d'Évreux fussent prises contre celles de Lyon : vous avez renvoyé ma demande au comité, et il garde le silence. Ces mesures pouvaient alors ramener à Tordre les aristocrates du département de Rhône-el-Loire, comme elles y ont ramené ceux de l'Eure. Aujourd'hui que ces traîtres ne reconnaissent plus l'autorité de l'assemblée nationale, il n'y a que le déploiement des forces nationales qui puisse les faire rentrer dans le devoir. Je propose donc qu'après avoir mis hors de la loi les corps administratifs de ce département, vous appeliez contre eux les braves sans-culottes du Cantal, du Puy-de-Dôme, de l'Ain, de la Haute-Loire, si dans huit jours ils refusent de se soumettre.
L'incluse que je vous fais passer, et dont je connais l'auteur, vous prouvera que vous n'avez pas un instant à perdre, si vous voulez prévenir l'assassinat de cent malheureux patriotes2..