Montalembert, De l'avenir politique de V Angleterre
la prospérité de l’Angleterre à 1 action propre de la royauté et de la noblesse, et au contrôle exercé sur elles par les deux chambres du Parlement. Cette vue n’est guère confirmée par l’histoire, car, sous la maison d’York, la noblesse dominait le roi et le Parlement; sous les Tudors et Jacques Ier, le Parlement et la noblesse étaient au contraire subordonnés; enfin, sous le protectorat pourtant glorieux de Cromwell, la royauté était décapitée, la noblesse asservie et le Parlement avili.
« Il existe donc dans la constitution britannique, dit Le Play, un pouvoir qui est à la fois plus sage et plus stable que les trois principales autorités de son organisme politique; qui, aux bonnes époques, développe la prospérité en déférant l’action gouvernementale aux vertus de la royauté, aux talents de la noblesse et au mécanisme du Parlement; qui, aux époques de défaillance de ces trois institutions, intervient plus directement pour conjurer l’effet des catastrophes inlérieuies ou des empiètements de l’étranger; qui enfin a fait grandir la nation anglaise plus régulièrement qu aucun peuple connu. Ce pouvoir prépondérant dans la constitution sociale de l’Angleterre est la famille anglosaxonne 1 . »
Depuis les premiers Tudors, en effet, la coutume anglo-saxonne de la liberté de tester, pratiquée par les paysans et les artisans, s est substituée au dioit d ai nesse, importé par la conquête normande et conserve jusque-là par les familles nobles. Dans tous les rangs les pères de famille sont ainsi devenus les législateur* de la vie privée, assurant à chaque foyer la transmission obéie de la loi de Dieu, le respect de l’autoriti paternelle et par suite l’amour de la tradition nationale Par une conséquence inévitable, leur influence rayonn*