‹ La corruption fin-de-siècleChapitre 25 sur 39 · SG · texte numérisé non relu

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LEENA

Ensuite, elles m'ont embrassée comme des hommes, non seulement en appliquant les lèvres, mais en entr'ouvrant la bouche, me caressant, me pressaut la gorge; Démonassa même me mordait en me donnant des baisers. Pour moi, je ne voyais pas où elles voulaient en venir. Mégilla, toute animée, enlève sa chevelure postiche, faite à se méprendre et parfaitement ajustée, se montre rasée jusqu'à la peau comme un vigoureux athlète. Cette vue me jette dans un grand trouble. « Lééna, me dit-elle, as-tu vu un beau garçon ? — Mais, lui dis-je, je ne vois pas de garçon, Mégilla. — Ne parle pas de moi au féminin, reprit-elle, je m'appelle Mégillus; j'ai, depuis longtemps, épousé Démonassa; elle est ma femme. » A ces mots, Clonarium, ne pouvant m'empêcher de rire : « Mégillus, lui dis-jc, vous étiez donc un homme, à votre insu, comme Achille caché parmi les filles sous ses habits de pourpre? Mais alors vous êtes fait comme un homme, et vous vous conduisez en mari avec Démonassa?

— Je n'ai pas précisément tout ce qu'il faut, Lééna, repartitelle; mais je n'en ai pas absolument besoin. D'ailleurs, tu me verras à l'œuvre et travailler de fort agréable manière.

— Vous êtes donc un hermaphrodite, fis— je, comme on dit qu'il y a eu beaucoup de gens ayant les deux sexes? » En effet, Clonarium, je ne me doutais pas de ce qu'il en était. « Non, me répondit-elle, je suis vraiment homme. — C'est que j'ai entendu dire, repris-je, à la Béotienne Isménodore, une joueuse de flûte qui me racontait les histoires de son pays, qu'il y a eu jadis un Thébain changé de femme en homme; c'était aussi, je crois, un fameux devin, nommé Tircsias. Est-ce qu'il vous est arrivé quelque chose de pareil? — Non, dit-elle, Lééna; je suis venue au monde comme vous toutes; mais j'ai les goûts, les désirs et le reste d'un homme. — Et il vous suffit des désirs? lui répondis-je.

— Lééna, continua-t-elle, laisse-moi faire, si tu ne me crois pas, et tu comprendras que je suis tout à fait un homme. J'ai ce qu'il faut pour te convaincre : encore une fois, laissetoi faire, et tu verras. » Je me suis laissé faire, Clonarium, j'ai cédé à ses instances, accompagnées d'un magnifique collier et d'une robe de lin du plus fin tissu. Je l'ai saisie dans mes bras comme un homme ; elle m'a embrassée toute haletante, et m'a paru goûter le plus vif plaisir.

CLONARIUM

Qu'a-t-elle donc fait? et comment s'y est-elle prise? C'est là surtout ce qu'il faut me raconter.

LÉÉNA

N'en demande pas plus long. Ce n'est pas beau... Aussi, j'en jure par Vénus, je n'en dirai rien.

Le docteur Jeannel reconnaît, comme Parent-Ducliàtclet, l'existence de cette passion contre nature dans les maisons de tolérance. « Ces filles contractent, dit-il, fréquemment entre elles d'infâmes liaisons fsaphisme, tribadisme, lesbisme). Cette prodigieuse perversité, — prodigiosa Venus, selon l'expression du poète latin .Martial, — engendre des jalousies furibondes, des explosions de querelles et de combats entrecoupés de sanglots et entremêlés de cris aigus et d'horribles imprécations. Mais, comme leurs seules armes sont leurs ongles, les plus grièvement blessées n'ont que des égratignures. »

Le même auteur reconnaît encore que les pratiques du sadisme sont obligatoires dans les maisons de premier et de second ordre :

« Certains débauchés font exécuter ou simuler en leur présence, par des groupes de prostituées nues, de monstrueuses obscénités. Un tapis de velours noir est alors étalé sur le parquet du salon... La plupart d'entre elles portent la trace de rapprochements contre nature... On dit qu'elles satisfont tous es caprices de la luxure avec la servilité la plus abjecte... Elles y sont souvent contraintes, sous peine d'expulsion par les maîtresses de maison. »

M. Yves Guyot fait également la môme déclaration :

« Dans les maisons « bien tenues », où l'on fait tout, UN RÈGLEMENT INTÉRIEUR détermine les obligations des femmes envers le client. S'il se plaint, elle est mise à l'amende; c'est le sadisme obligatoire. »

Maintenant, ce n'est plus seulement le sadisme qui est obligatoire, c'est aussi le saphisme. Au tarir minimum de deux louis, la fdle à numéro est obligée de monter avec la visiteuse qui l'a choisie.

Cette dépravation particulière, qui a pris naissance dans les lupanars aristocratiques où les clients voyeurs demandent tous les spectacles contre nature, cette passion monstrueuse s'est rapidement répandue au dehors Cela devait arriver fatalement. D'abord, ce sont des fdles entretenues, qui, ayant entendu parler de ces turpitudes par des soupeurs de nuit biasés, ont eu la curiosité de voir cela, puis d'imiter ces exercices. D'autre part, des fdles des hautes maisons de tolérance, de celles qui réussissent à trouver parfois un enthousiaste assez généreux pour payer leurs dettes, ont communiqué leurs habitudes saphistes aux femmes dont elles ont fait la connaissance. Enfin, peu à peu, !e vice lesbien a étendu ses ravages jusque parmi les femmes mariées. C'est donc bien la prostitution officielle, celle qui habite les établissements institués par l'Etat et protégés par la police dite des mœurs, qui propage toutes les horreurs de la débauche et toutes les dépravations; sans les lupanars qui fonctionnent sous le couvert de la préfecture, le saphisme, aussi bien que le sadisme, serait infiniment restreint.

A l'heure qu'il est, le nombre des femmes portées pour femmes est incalculable à Paris. Une veuve réputée jolie, qui a épousé un de nos députés, m'a été citée comme ayant été surprise en flagrant délit de saphisme dans une voiture, sur une promenade publique; elle fut mise en état d'arrestation, puis relaxée, elle et sa complice, au commissariat, quand on sut qui elle était; et l'affaire fut étouffée, à cause du scandale qui aurait rejailli sur un de nos grands noms du siècle. Du reste, le fiacre fut, quelque temps après, fatal au mari de ceite dame. Un beau jour, un cocher apportait à la Préfecture de police, bureau des objets perdus, un porte-

icin'.le do député et un tulu de danseuse, oubliés dans sa voilure par un couple qu'il avait promené à stores baissés; l'oubli du tutu démontrait péremptoirement que les deux amoureux étaient allés plus loin que le flirtage. Le préfet de police, habitué aux incidents de ce genre, fit appeler, en riant, le député, qui reprit son portefeuille et donna un' large pourboire exlraordinaire au cocher fidèle; mais, en homme spirituel (il en a du moins la réputation), il refusa le tutu, et l'administration possède ainsi le pagne intime en mousseline d'une de nos danseuses qui a été assez longtemps en vogue. Quant au député, qui était alors ministrable, il n'a pas cessé de s'intéresser aux beaux-arts.

Les tribades du monde élégant ne se bornent, pas à satisfaire leurs goûts ciépravés dans les lupanars officiels. De même que certains vieux garçons paillards prennent une bonne à tout faire, il y a des dames qui se paient nue saphiste comme fille de chambre : un procès correctionnel, intenté sur la plainte d'une dame de S***, baronne pus ou moins authentique, qui accusait d'un larcin la nommée Michelle P***, a appris quel rôle jouent certaines domestiques auprès de leur maîtresse; ce procès a été jugé à Paris, par la dixième chambre, en juin 1888.

A la Préfecture de police, on n'ignore pas, non plus, que beaucoup de tribades appartenant à ce monde se réunissent par groupes. Ce sont de véritables académies lesbiennes^ où l'on se livre en commun à des orgies sans nom. Il y a des pourvoyeuses pour ces salons de débauche, et ces pourvoyeuses, qui sont en général des anciennes femmes de lupanar, vont corrompre les jeunes filles jusqm dans les ateliers.

Entre groupes, on se dispute les nouvelles recrues. Ce sont des rivalités terribles. Ainsi, l'on se déteste cordialement entre la bande Marceau et la bande Friedland. ainsi nomnëes parce que les dames chefs de ces groupes habi-

tent, l'une l'avenue Marceau, l'autre l'avenue de Friedland.

Un jour, — ceci s'est passé clans ces dernières années, — un monsieur frisant la quarantaine, riche rentier, venait faire à la Préfecture de police la déclaration suivante :

« — Je dois épouser dans trois jours M"# Lucienne X**\ Cette jeune fille a vingt-deux ans; je l'ai connue très sage; j'ai commis la faute de la séduire, et, après réflexion, j'ai résolu de réparer ma faute. Ma fiancée demeure chez uie vieille parente à elle; elle se réjouissait beaucoup de notre mariage, ainsi que sa famille, qui demeure dans un département voisin. Ces jours-ci, elle est sortie afin de faire divers achats pour son trousseau; je lui avais remis, à oet effet, une assez forte somme. Hier, clans l'après-midi, elle sortit encore, sans doute pour s'occuper' do nouvelles emplettes; mais elle n'a plus reparu à son domicile. Sa tante est désolée. Nous avons télégraphié à ses parents; ils ne l'ont -cas vue Je ne sais que penser; je crois à un crime. »

La police de sûreté fut mise en réquisition, et se livra à de nombreuses recherches, mais sans aucun suce

Un mois environ après le jour qui avait été fixé pour le mariage, la jeune fille revenait tranquillement chez elle, et déclarait, sans vouloir donner aucun motif, qu'elle renonçait à épouser son fiancé. Celui-ci et la tante furent frappés de l'état de délabrement dans lequel se trouvait M8' Lucienne X*", au retour de celte escapade inexplicable : la jeune fille avait les traits tirés, la figure amaigrie, les yeux caves brillant d'un feu sombre; en outre, elle toussait beaucoup.

Il fut impossible de tirer d'elle la moindre explication. Sa mère vint à Paris et ne put réussir à la décider à revoir sod fiancé, qu'elle avait catégoriquement congédié et à qui elle avait rendu les sommes remises par lui à la veille de la publication des bans. Du reste, Lucienne montra sa bourse.

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qui était bien garnie, disant cyniquement qu'elle ne voulait désormais ni mari ni prolecteur.

Quel était donc ce mystère? que s'était-il passé?

On finit par le savoir.

Lucienne, clans une boutique où elle faisait ses emplettes, s'était rencontrée avec une dame élégan'e, qui avait paru tout à coup s'intéresser vivemeùt à elle, ainsi que la commerçante, patronne du magasin. La vendeuse avait pris son adresse, était venue lui porter elle-môme la marchandise achetée, le lendemain d'assc'z bon matin, avait pénétré auprès d'elle, et étaii parvenue à la corrompre par des embrassements saphistes, auxquels la jeune fille n'avait pas su opposer de la résistance. L'après-midi, Lucienne, qui avait pris rendez-vous avec la marchande, avait été conduite par celle-ci chez la dame élégante entrevue la veille; c'était une femme du monde, appartenant à l'une des académies lesbiennes dont j'ai parlé plus haut.

La malheureuse Lucienne était prise et bien prise. Pendant quatre semaines, elle se livra aux nombreuses adeptes de la bande Friedland, étonnée d'éprouver des sensations jusqu'alors inconnues, s'adonnant à son tour avec frénésie au vice qu'elle venait de contracter, heureuse, au surplus, de se voir combler de cadeaux, en bijoux et en billets de banque. Sans doute, à cette heure, elle fait encore partie de la bande, comme sujet passif, jusqu'au jour où la phlhisic la couchera dans la tombe.

Les faits comme celui-ci ne sont pas rares.

M. Coffignon cite un très haut personnage, « quelque que chose, dit-il, comme un ministre ou un sous-secrétaire d'Etat », a. qui une aventure presque semblable est arrivée récemmen'.. Ce personnage, lui aussi, se disposait à épouser une jeun j fille, dont il avait fait sa maîtresse. La corruptrice de la fiancée était, cette fois, une simple commise de magasin, et ce fut poir elle seule qu'elle détourna la nouvelle

recrue du saphisme. Il y eut également enquête infructueuse de la poîica, retour de la jeune fille après quinze jours de disparition, et refus de sa part de renoncer au vice qui brisait son existence.

J'ai causé des faits de ce genre avec un fonctionnaire dépendant de la Préfecture.

« — Il n'y a rien à faire, me dit-il; c'est désolant. Le saphisme n'est pas un délit prévu par le code. Les pourvoyeuses de tribades ont soin de ne pas s'attaquer à des jeunes filles mineures. On ne peut déférer ces dépravées aux tribunaux que si elles se laissent surprendre dans une de leurs pratiques obscènes en un lieu déclaré public par la loi; il y a délit, par exemp'e, dans un bosquet d'un bois non privé, dans un fiacre, dans un wagon de chemin de 1er; mais, lorsque ces exercices s'accomplissent à domicile, hors de la vue des voisins, et entre majeures, la justice est désarmée. Le ministère public ne pourrait pas mettre en avant la violence; car c'est précisément tout le contraire qui a lieu dans le cas du saphisme, et les malheureuses qui se laissent corrompre ne viennent jamais se plaindre, même lorsque les débauchées qui abusent d'elles les mettent à deux doigts de la mort. »

Voilà donc la situation au point de vue répressif. Un vice épouvantable exerce chaque jour, de plus en plus, ses ravages au sein de la société moderne, et la justice, désarmée, ne peut sévir. N'ai-je pas raison de dire qu'il y a l'oiic à soutenir que ces choses sont indignes de l'attention des législateurs? Les abolitionnistes n'ont-ils pas raison de demander, avec la suppression des lupanars, l'introduction, dans le Code, d'un article punissant sévèrement toute organisation collective de la débauche?

Et, landis que les Chambres parlementaires dédaignent de s'occuper de ces questions de mœurs, qui intéressent pourtant au plus haut point l'avenir des peuples, le saphisme,

débordant des maisons officielles de prostitution, fait tache d'huile.

Les tribades, on les rencontre aujourd'hui partout. Ce sont, dans les brasseries, ces jeunes filles qui affectent de porter, deux par deux, un costume exactement semblable et que les étudiants s'amusent à appeler des « petitessœurs ». Ce sont, au théâtre, ces cabotines qui font ménage dans la même loge et qui ne se quittent jamais. Ce sont, au milieu des honnêtes gens eux-mômes, cette femme mariée qui approche de la quarantaine et sa jeune amie, son inséparable, qui refuse obstinément, sans dire pourquoi, tous les partis que sa famille lui propose.

La tribade, en quête d'une de ses pareilles, a un signe distinctif : c'est le magnifique caniche, frisé, pomponné, bichonné, enrubanné parfois, qui l'accompagne dans ses promenades, à pied ou en voiture.

Aux Champs-Elysées, l'observateur remarque aisément le manège des élégantes lesbiennes à la recherche d'une camarade de vice. Voici un équipage attelé superbement : dans la voiture, une femme seule, en toilette plus ou moins luxueuse, avec l'inévitable caniche auprès d'elle. Cette femme, en descendant de la place de l'Etoile, regarde avec attention les promeneuses à pied, principalement entre le rond-point et la place de la Concorde. Une promeneuse voit la femme au caniche et croise son regard avec le sien, tout en exécutant un rapide mouvement de la langue et des lèvres; c'est le signe conventionnel, adopté entre tribades, pour dire : « Je suis pour femme. » Bientôt, la voilure fera demi-tour, remontera l'avenue, et la dame au caniche, ordonnant à son cocher d'arrêter un instant, prendra la promeneuse inconnue, comme une amie, pour l'emmener diner avec elle (*).

(*) Les tri! ades promeneuses, qui s» tiennent à la disposition de» dames du monde et des hautes cocottes, sont d'ordinaire des femmes

Cela se pratique publiquement; il faut être aveugle pour ne pas le voir. Au théâtre, aux bals, aux courses, aux ventes de charité, aux expositions, les tribades du moide, du demimonde et de la haute galanterie se reconnaissent ainsi entre elles.

Mais ce n'est pas tout. Le saphisme, comme le sadisme, a son dressage, et celui que je vais révéler pour terminer ce chapitre est la plus horrible abomination qui déshonore cette fin de siècle. Oui, après tout ce que je viens de dire, il reste encore quelque chose à dire, quelque chose de plus épouvantable que tout le reste.

On sait le mot pittoresque qui a été créé et mis à la mode, il y a une quinzaine d'années, pour désigner les courtisanes en général; leur position sociale leur a fait donner le nom d' « horizontales ».

Eh bien! aujourd'hui, en cette fin de siècle fangeux, nous avons autre chose que l'immense classe des horizontales. En présence des insatiables désirs des clients et des clientes des lupanars officiels, les mères infâmes, — il y a des prostituées endurcies qui en sont arrivées la, — les mères infâmes, dis-je, ont dressé, pour l'extérieur, des petites filles à la plus habituelle des pratiques du sadisme et du saphisme. Ce sont ces bouquetières de huit à dix ans, qui, le soir, se

de vingt-cinq à trente ans, mises sans ostentation, mais avec un certain chic; elles portent les cheveux courts, les vêtements découpe masculine, et elles ont l'allure garçonnière. On peut les prendre i our des étrangères originales, mais néanmoins pour des personnes honnêtes, si on ignore l'existence de leur spécialité; on dirait des étudiantes russes appartenant à une classe élevée. Ces prostituées du saphisme sont à la (ois actives et passives. L'une d'eles, au moment de l'Exposition de 1SS9, était très recherchée; elle portait le costume masculin à ravir, et, dans l'intimité, s'ajustait une barbe blonde en pointe, qui lui donnait un faux air du général Boulanger; on l'appelait « le bel Ernest ».

Le racolage lesbien, à l'allée des Poteaux, au bois de Boulogne, a lieu, le matin, de dix heures à midi. [Celui des Champs-Elysées s'effectue le soir, à partir de quatre heures jusqu'à la tombée de la nuit, c'est-à-dire au moment du retour du bois. Le restaurant de nuit affectionné des tribades est situé aux environs des Halles Centrales.

glissent entre les tables des cafés, offrant leurs fleurs aux consommateurs des deux ser.es, les regardant effrontément dans le blanc des yeux s'ils s'avisent de plaisanter, posant, comme sans le faire exprès, leur menotte malpropre slt la main gamee ou vieux monsieur ou sur la robe de la belle dame maquillée.

Ces gamines, qui sollicitent le vice et provoquent les sales instincts des sadistes et des saphistes attardés le soir, cène sont pas des horizontales; on les nomme « les petites agenouillées ». Ce qualificatif ne doit pas être suivi d'explication.

Ainsi, la prostitution légale a créé une telle corruption avec ses lupanars, que ce qui est permis a engendré la plus monstrueuse des ignominies : 1' avilisseme.it de l'enfant, après l'avilissement de la femme.

Et nous ne réclamerions pas la destruction de ces antres de luxure, d'où sort tant de mal?... Oh! que l'on s'unisse, au contraire! Que l'on mène la campagne avec plus de vigueur que jamais!... C'en est trop. Mieux vaudrait l'état sauvage qu'une pareille civilisation.

Au xvicsièce, il y avait à Paris, sur les bords de la Seine, au nord de la Cité, en face la place de Grève, un vaste pâté de maisons de débauche; on appelait « le Glatigny » cette forteresse du vice; c'était l'un des deux quartiers affectés aux lupanars tolérés de l'époque. En 1518, à la prière de la reine Claude, que le clergé de Notre-Dame avait réussi à émouvoir, François Ier signa une ordonnance prescrivant la «suppression du Glatigny. Dès que les voisins de cette citadelle de la prostitution connurent l'édit royal, ils n'attendirent pas que l'autorité vînt purifier ce lieu maudit; ils s'armèrent de pics, de pelles, de pioches, de marteaux, et, en moins de vingt-quatre heures, tous les lupanars furent démolis, abattus, rasés.

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