IV
Pour bien montrer à quel point la police dite des mœurs pratique l'embauchage de la prostitution, i. suffit de faire connaître l'âge des filles publiques au moment de leur inscription.
On sera épouvanté du nombre des mineures.
Vous avez bien lu plus haut, n'est-ce pas. l'article 334 du Code pénal qui punit de deux ans de prison quiconque facilite la déhauche de la jeunesse de l'un ou de l'autre sexe au-dessous de vingt-et-un ans; la peine est de cinq ans de prison quand c'est le père ou la mère qui a facilité la corruption (et, dit la loi elle-même, la prostitution) du fils ou de la fille.
Cet article du Code pénal demeure à l'état de lettre morte. Sur 100 prostituées qui se font inscrire à la police, il y en a 41 qui ont moins de vingt et un ans. — Et encore je dis : « qui se font inscrire... » Les mineures, on les inscrit de force les trois quarts du temps.
Parent-Duchàtelct a eu, à un moment donné', entre les mains, les dossiers complets de 3,248 filles en maison ou en carte, inscrites à Paris.
Voici le tableau qu'il a dressé, en relevant à Dart les âges au moment de l'inscription :