ont été inscrites à
ans
ont
été intente! à.
42 ani
. a été
inscrite à. .
Additionnez. Vous verrez que, sur 3,248 prostituées, 1,335 ont été inscrites, ont été enrôlées officiellement dans l'armée de l'infamie, alors qu'elles étaient encore mineures.
Dès l'instant qu'elles sont majeures, c'est-à-dire aussitôt qu'il n'y a plus besoin du consentement des parents pour ce recrutement abominable, les prostituées se font inscrire en moins grand nombre.
C'est le contraire qui devrait avoir lieu, si l'inscription ne se faisait pas sous la pression de la police dite des mœurs. Si les jeunes filles sollicitaient leur mise en carte, il y aurait un chiffre formidable d'inscriptions à l'âge de 21 ans, moment de la majorité.
Que la police ne nie donc pas ! Cela lui est interdit. C'est elle qui impose l'inscription sur les registres de la prostitution. Les chiUres sont là, écrasants. 1,335 mineures sur 3,248 prostituées, mais c'est le 41 pour 100! mais c'est épouvantable !
Voilà 1,335 jeunes filles à qui le préfet de police a dit : « Tu seras obligée de te livrer au premier venu ! tu seras en carte ! tu seras la chair obéissante des goujats ! et ton père, à côté de la signature de ta demande en autorisation, po-
sera la signature de son consentement à ta pcoslitution ! » C'est cela, la morale de la police des mœurs.
Et l'article 33i du Code pénal, qu'est-ce qu'on en fait donc? Est-ce qu'il n'existe pas, cet article, pour M. le préfet de police? Est-ce qu'il n'existe pas pour le père et la mère assez vils pour consentir à la dégradation de la fille?
« Quiconque aura facilité la débauche d'une mineure, deux ans de prison! Si la débauche a été facilitée par le père ou la mère, cinq ans ! »
En l'année où Parent-Duchàtelet a eu communication de 3,248 dossiers complets, ily a eu 1,335 pères ou mères qui on' mérité cinq ans d'emprisonnemeut et qui n'ont même pas été poursuivis!... Et M. le préfet de police, pour son compte, a mérité 1,335 fois deux ans de prison!" Mais il agissait régulièrement, en vertu des usages administratifs... Peutêtre même, cette année-là, le gouvernement lui a décerné la croix d'honneur!...
Que l'on ne dise pas qu'il n'a pas facilité la prostitution de ces 1,335 mineures. Il a fait pis que cela : il a pris cette prostitution sous son patronage! Grâce à lui, l'infamie de ces enfanls (dont 2 de dix ans, 3 de onze ans, 3 de douzo ans, 6 de treize ans, 20 de quatorze) a été officielle...
Passons, passons; cela soulève le cœur de mépris et de dégoût, n'est-ce pas?
Les chefs de la police des mœurs disent : « Ce sont ces enfants qui viennent s'offrir, qui demandent leur inscriptior.»
Mensonge!
Quand cela serait, le devoir d'un fonctionnaire de l'Etat serait de s'opposer à ces enrôlements volontaires, de s'y refuser de la façon la plus formelle.
Mais cela n'est pas! Les mineures sont inscrites de force.
Je puis citer une de ces malheureuses qui a été m se en carte contre son gré, sans que la policé s'occupât même de savoir si elle avait des parents ou non. Et quand l'adminis-
tration dite des mœurs lui fit cette violence, la pauvre fille avait quatorze ans.
Si ôt qu* elle a pu, elle s'est fait radier. Je ne la nommerai
pas, car il m'a été rapporté qu'elle s'est mariée et qu'elle a
vécu depuis d'une façon honnête. Mais si la préfecture de
vDliee ose nier le fait, je lui donnerai le nom de la personne
1 les preuves de ce que j'avance. .
>u reste, pourquoi l'administration nierait-elle?
ai. Poirat-Duval, chef de bureau à la Préfecture de police, • ans des notes qu'il a écrites pour la dernière édition de l'ouvrage de Parent-Duchàtelet, reconnaît que Ion a inscrit des fillettes pour la prostitution, même à l'âge de huit ans!!.'
Voici, toujours selon Parent-Duchâtelet, le résultat cr'uno enquête qu'il a faite sur les causes qui ont déterminé 5,174 femmes à se livrer, sous le patronage officiel de l'État, à la prostitution :
Excès de misère, dénûment absolu 1,441
Filles séduites, ayant vécu avec leurs amants pendant unU'mpsplus ou moins long, puis abandonnées, et n'ayant pu trouver de l'ouvrage 1,425
Perte des pères et mères; expulsion de la maison paternelle; abandon complet. . . . 1,255
Amenées à Paris et abandonnées par des militaires, des commis, des étudiants et autres 404
Domestiques séduites par leurs maîtres et renvoyées par eux 280
Venues de province pour se cacher à Paris et y trouver des ressources 280
Pour soutenir des parents vieux et infirmes. 37
À reporter 5,122
Report 5,122
Mnéesde familles n'ayant ni pères ni mères, pour élever leurs frères et sœurs, et quelquefois des neveux et nièces 29
Femmes veuves ou épouses abandonnées, pour élever une famille nombreuse .... 23
Total 5,174
Sur les 5,174 filles publiques dont il vient d'être question, on a trouvé 164 fois les deux sœurs inscrites ensemble; 4 fois les trois sœurs, et 3 fois les quatre sœurs; en tout, 252 sœurs.
Outre cela, on a rencontré : 16 fois la mère et la fille; 4 fois la tante et la nièce; 22 fois les deux cousines germaines; en tout, 436 personnes réunies par les liens de la parenté la plus proche.
Quelle conclusion faut-il tirer de ce qui précède?
C'est que la presque unanimité des prostituées est fournie par les classes pauvres et ignorantes.
Le système actuellement en vigueur, le système policier, peut-il restreindre ce mal qui s'appelle la prostitution?
Non; car la police dite des mœurs n'a aucune action efficace contre la misère ni contre l'ignorance. Or, il est évident qu?, tant qu3 l'on n'aura pas amélioré le sort des classes aborieuses au point de vue du salaire et au point de vue de l'enseignement, les prostituées continueront a se recruter par milliers parmi les déshéritées de la fortune et de l'instruction.
Quant à ceux qui défendent l'institution de la prostitution légale en alléguant qu'elle est nécessaire, il faut leur répondre avec madame Joséphine Bulller, réminente conférencière anglaise :
« Si la prostitution officielle est nécessaire, pourquoi ceux
qui s'intilulent les bons citoyens, c'est-à-dire les grands et les riches, pourquoi les préfets de police, les magistrats, les sénateurs, les députés, ne conduisent-ils pas leurs filles et 'eurs sœurs dans les maisons èe tolérance? . « Si la prostitution est nécessaire, est- il juste que ce soit la fille du pauvre qui soit toujours la victime de cette prostitution?
« Si c'est un mal nécessaire, les riches ne doivent-ils pas faire le sacrifice de leurs enfants? »