‹ La Corse et la Sardigne [electronic resource]Chapitre 11 sur 102 · LA COUSE · texte numérisé non relu

LA COUSE

l'on trouve partout sur la terre. Il était originaire de Liverpool, y fut élevé, et vint dans la Méditerranée pour la première fois une douzaine d'années auparavant. Depuis ce temps il avait servi dans toutes les parties de cette mer, et n'était pas une seule fois retourné chez lui. Il avait épousé une Italienne qui demeurait avec ses enfants à Gênes. Sa paye était bonne, il était heureux, à son aise, et n'avait pas la moindre envie de rentrer en Angleterre. Le Virgilio était, me dit-il, un bon bâtiment, quoique vieux, et les machines aussi étaient bonnes ; les deux devaient avoir au moins trente ans. La marche du Virgilio était lente, mais sûre, et il tenait bien la mer dans les mauvais temps ; comme, du reste, je l'avais trouvé, bien des années auparavant.

A mesure qu'on s'éloigne de la terre ferme, les montagnes de marbre de Massa-Carrara deviennent de plus en plus belles et imposantes. Lorsqu'elles commencèrent à se perdre à l'horizon, nous passâmes à côté de l'île de Capraja. En la côtoyant, cette île semble n'être que la cime d'une montagne sous-marine, qui sort abruptement de la mer, s'élève à 5 ou 600 mètres de la surlace et n'a que quelques kilomètres de contour. Ses flancs escarpés sont couverts de verdure, romarin, thym, ciste ou rose des rochers, Juniper, la pâture des chèvres dont elle tire son nom. Sur le rivage sud il y a un petit village avec son église, habité par des pêcheurs. Ces pauvres gens, me dit-on, n'ont que de rares communications avec le continent, et la vie doit presque ressembler à celle des

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