GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. -IS
tagnes, ses vallées, ses forêts, ses fleurs, et ses rives pittoresques, battues par les flots. J'en parle aussi avec quelque autorité, car depuis seize ans que j'ai abandonné le Nord pendant l'hiver je passe les mois d'avril et de mai à parcourir la Méditerranée, ses rivages et ses îles dans tous les sens, à la recherche du beau que j'y trouve partout.
Réunissant mes souvenirs, je vais essayer de donner à mes lecteurs un aperçu de la Corse, de sa géographie physique, de sa géologie, de sa végétation et de son état social, me fondant en grande partie sur mon observation personnelle.
La Corse est la troisième île de la Méditerranée en étendue, la Sicile et la Sardaigne l'emportant sur elle. Elle est située entre le 41° et 43° de latitude nord, et entre le 6° et 8° de longitude est. La distance de la côte d'Italie est de 85 kilomètres, celle de France de 180 kilomètres. Sa longueur' est de 183 kilomètres, sa plus grande largeur est de 84 kilomètres. La Corse, comme je l'ai déjà dit, n'est qu'une masse de cimes alpestres, s'élevant audessus de la mer comme un navire. Les montagnes les plus élevées se trouvent à peu près au centre de l'île.
Deux chaînes de montagnes forment et constituent l'île, se dirigeant du nord au sud. La chaîne orientale commence au cap Corse, étroite montagne longitudinale de 1,000 mètres d'élévation, de 33 kilomètres de longueur, et baignée par la mer sur les deux rivages. Cette chaîne est de formation secondaire, calcaire, et descend à la mer par des pentes modérées. La seconde chaîne est
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primitive, granitique. Elle commence sur la côte occidentale, au-dessous du cap Corso, à Isola Rossa, s'élève rapidement jusqu'à une hauteur de près de 3,000 mètres, et descend le long de l'île, parallèlement à la chaîne secondaire ou orientale, jusqu'à peu de distance de Bonifacio.
La nature géologique diverse de ces deux chaînes a modifié, dans la suite des siècles, les caractères des côtes et des rivages orientaux et occidentaux de la Corse.
La chaîne orientale formée, comme nous l'avons dit, de roches secondaires et calcaires, est plus facilement désintégrée par l'action des éléments et entraînée vers la mer par celle des eaux. Par suite de ces causes les rivières qui descendent de ses côtes, ainsi que des parties centrales de l'île par des fentes que ces montagnes calcaires présentent, ont déposé à leurs bases des plaines d'alluvion d'une étendue considérable. A travers ces riches plaines d'alluvion plusieurs rivières serpentent pour gagner 1 entement la mer. Elles y réussissent avec difficulté, d'abord parce que le rivage est très-bas, presqu'au niveau des rivières elles-mêmes, et ensuite parce que le sciroque ou vent du sud-est, qui est assez fréquent, accumule chaque année de grandes masses de sable et de galets à leur embouchure. De là la formation, le long du rivage oriental, de plaines basses, d'étangs salins, de marais, dans lesquels ces rivières se jettent.
Sous le soleil brûlant de la Méditerranée, ces conditions terrestres, de grands étangs d'eau saumâtre, des marais, des basses plaines d'alluvion,