‹ La Corse et la Sardigne [electronic resource]Chapitre 17 sur 102 · GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. — GÉOLOGIE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. — GÉOLOGIE

inondées j)ériodiquement en hiver, réunissent toutes les conditions propres au développement des fièvres de marais, dites paludéennés ou d'accès. Aussi ces fièvres régnent dans toutes ces régions avec une intensité extrême, et les rendent presque inhabitables pendant quatre mois de l'année, depuis juin jusqu'en octobre.

La chaîne occidentale, primaire, granitique, est la vraie base de l'île. Elle a dû s'élever hors de la mer bien avant la chaîne secondaire orientale, est beaucoup plus haute, et est couverte dans quelques régions de neiges éternelles. Cette chaîne est découpée, irrégulière dans ses contours. Elle projette de grands éperons granitiques qui s'avancent dans la mer, et forment des golfes ou baies profondes sur la côte occidentale, comme le font, du reste, les roches primitives partout, lorsqu'elles arrivent à la mer.

Ces éperons divisent la partie occidentale de l'île de manière à former des vallées profondes et pittoresques. Au fond de ces belles vallées on trouve toujours de petites rivières ou torrents bondissant sur leurs lits de pierres, qui portent à la mer les eaux qui tombent sur le versant occidental de la chaîne granitique ainsi que celles qui proviennent de la fonte des neiges. Les terres entraînées ont aussi formé des plaines basses à l'orifice de ces vallées, dans le voisinage du rivage.

La désintégration des roches granitiques se fait toutefois beaucoup plus lentement que celle des roches calcaires. Aussi pendant ces périodes géologiques, beaucoup moins d'alluvion a été entraînée

vers la mer sur la côte occidentale gi-anilique que sur la côte orientale calcaire. Par conséquent les plaines d'alluvion y sont beaucoup moins développées et sont à peu près limitées à l'embouchure des vallées. Elles ne s'avancent guère dans la mer qui est très-profonde tout près du rivage. C'est sur celte côte occidentale qu'on trouve tous les ports, si ce n'est Porto Vecchio, qui, quoique au sud, est luimême formé par un éperon oriental de la chaîne granitique. Aussi n'y a-t-il pas d'étangs, et les marais sont de peu d'étendue, restreints aux embouchures des rivières. Les fièvres intermittentes sont, par conséquent, moins fréquentes et moins sévères.

Les éperons granitiques qui séparent les vallées occidentales étant très-élevés et très- escarpés, ceux qui les habitaient étaient séparés autrefois, en quelque sorte, des autres parties de l'île, et avaient peu de communication avec leurs compatriotes excep té par mer, car il n'y avait pas de routes à cette époque.

Une bonne route carrossable vient d'être terminée qui reUe les vallées entre elles. Cette route monte et descend les arêtes, et les vallées qui les séparent, depuis Isola Rossa jusqu'à Bonifacio. D'Isola Rossa la route traverse le nord de l'île pour aboutir à Bastia, et de Bastia, passant par les plaines de la côte orientale, elle va jusqu'à Bonifacio. Cette belle route fait donc le tour de l île près du rivage, et en fait communiquer toutes les parties. Il y a aussi une bonne route carrosable entre Bastia et Ajaccio passant par Corté au milieu de l'île, et beaucoup d'autres routes forestières, construites ou en voie de construction, dont le but est d'ouvrir

Page 1