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CHAPITRE XI

BONIFACrO. — LE DÉTROIT DE BONIFACIO. — LE NAUFRAGE DE LA SÉMILLANTE.

Oh ! combien de marins, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, Dans ce morne horizon se sont évanouis ! Combien ont disparu, dure et triste fortune ! Dans une mer sans fond, par une triste nuit sans lune Sous Taveugle Océan à jamais enfouis !

Combien de patrons morts avec leur équipage ! L'ouragan, de leur vie a pris toutes les pages, Et d'un souffle il a tout dispersé sur les flots ! Nul ne saura leur fin dans l'abîme plongée, Chaque vague en passant d'un butin s'est chargée L'une a saisi l'esquif, l'autre les matelots !

Victor Hugo {Ocenna nox).

Bonifacio (pop. 3, 184), est une petite ville fortifiée, très-ancienne, fondée en 830 par un seigneur pisan de ce nom, qui occupe une place importante dans l'histoire de la Corse. Malgré sa force matérielle, elle a presque toujours été occupée par les ennemis du pays, comme Bastia et Calvi. Facilement cernée par terre, le parti national ne pouvait guère s'y maintenir, comme il le faisait à Sartène et à Corté, situées au milieu des montagnes.

La ville est construite sur un promontoire calcaire ou presqu'île, qui s'avance dans la mer, à une élévation de 60 mètres. Le port est sûr, mais

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