BONIFACIO
à\m accès un peu difficile, et s'avance dans les terres, à l'ouest. L'entrée de la ville, ainsi que les principales fortifications, sont situées à la base rétrécie de ce promontoire. Une fois la porte d'entrée franchie, de petites rues étroites montent rapidement jusqu'à un plateau central de plusieurs hectares, occupant le sommet du promontoire précité.
Les murs extérieurs surplombent sur la mer, qui frappe et creuse les falaises au-dessous, dans toute leur périphérie. C'est cette position, au sommet d'un rocher presque environné par la mer, qui, dans le vieux temps, avant la découverte de l'artillerie, rendait Bonifacio une place forte presque imprenable par la force, si elle était bien défendue. Aussi a-t-elle soutenu maint et maint siège. Sur ce plateau il y a de grands bâtiments pour la garni- . son, et un puits qui a 60 mètres de profondeur. Il y a aussi un escalier creusé dans le roc, qui descend jusqu'à la mer.
Mon ami, M. Piccioni, m'avait donné des lettres d'introduction pour le maire, M. Montepagano, médecin très- distingué, et pour M. Piras, savant et aimable magistrat. Je fus très-bien accueilli par ces messieurs, qui me firent les honneurs de leur pays. Ils me conduisirent voir les célèbres cavernes. Ce sont d'immenses cavités creusées par les vagues dans les falaises calcaires, auxquelles on arrive seulement en bateau. Elles sont vastes comme des cathédrales et sans rivage ; au fond la mer touche le rocher, aussi on n'y entre que quand il fait beau, par une crevasse qui laisse pénétrer la lumière du ciel. Pendant les grandes chaleurs de l'été, ces