I^IJ LA CORSE
cavernes sont toujours fraîches, et les Bonifaciens, me dit-on, y passent souvent la journée entière, se baignant, péchant, faisant de la musique et dînant en pique-nique.
Les habitants de Bonifacio, quoique pauvres, ont conservé les habitudes de leurs ancêtres, quand la ville était fortifiée, souvent assiégée, et la campagne entre les mains d'ennemis. Ils vivent dans la ville, ont des ânes, et montés dessus ils sortent le matiiî pour aller travailler à la terre. Une telle manière de vivre les éloigne de leurs travaux, et leur fait perdre un temps précieux en allant et en revenant. Aussi ils ne demandent pas mieux que de trouver une excuse, une fête ou autre chose, pour rester en ville à boire ou à causer avec leurs amis ou leur famille. Les femmes prennent des habitudes de causerie et de « dolce far nienle » et, ainsi que leurs enfants, ne produisent rien, ou à peu près rien, pour le bien-être commun. Dans les pays où les cultivateurs et leur famille demeurent sur la terre qui les nourrit, comme dans le nord de l'Europe, tous travaillent plus ou moins, dans la mesure de leurs forces, hommes, femmes, enfants.
Mes amis me conduisirent voir un ermitage à 3 kilomètres de la ville. L'ermitage était situé dans un endroit très-pittoresque, au milieu du maquis, et appuyé sur des rochers épars dans la plaine. Il dominait la mer d'un côté et de l'autre avait vue sur de belles montagnes lointaines. Le moine qui l'habitait me sembla toutefois peu sensible aux beautés de la nature qui l'environnaient de toute part. Quand je lui en parlai, il me répondit :