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CHAPITRE DEUXIÈME

C’est ici que nous allons parler de l’organisation du pouvoir seigneurial.

A la mort de Hugues, fils d’Ubert, plusieurs comtes insulaires, profitant des troubles qui eurent lieu à la mort de l’empereur Othon III, essayèrent de suivre l’exemple de plusieurs villes d’Italie, et se déclarèrent indépendants (1001).

C’est à partir de ce moment que chaque seigneur s’érigea en souverain dans ses domaines : aussi on les vit bientôt s’attaquer mutuellement, et jeter l’anarchie dans le pays. Le comte de Cinarca, le plus puissant d’entre eux, voulant tirer parti de toutes les dissensions, entra aussitôt en Campagne à la tête d’une armée imposante pour conquérir toute l’île. Cette entreprise audacieusement entamée échoua; carie peuple, fatigué et victime de tous les déchirements des seigneurs, se souleva en masse, combattit pour son propre compte, et se réunit en diète nationale dans la vallée de Morosaglia. Sa première décision fut d’investir l’insulaire Sambuccuccio d’une espèce de dictature ; celui-ci prit aussitôt le commandement d’une forte armée , força le comte de Cinarca à abandonner ses projets, obligea les comtes cismontains à reconnaître l’autorité de leur commune respective; et ainsi fut rétabli l’ordre en Corse.

Le cap Corse seul résista"; partout ailleurs la féodalité fut presque anéantie d’un seul coup. Restait à vaincre le comte de Cinarca, encore maître de la partie ultramontaine , quand la mort de Sambuccuccio mit le désordre dans l’île , et encouragea le comte à pousser avec vigueur ses armements militaires afin de porter un rude coup aux Etats voisins.

Les barons, voulant aussi profiter de ces circonstances pour reconquérir ce qu’ils avaient perdu, ne restèrent pas simples spectateurs ; et les Corses cismontains, ne pouvant se défendre seuls, se virent dans la nécessité de solliciter le secours du marquis Maiaspina, descendant d’Adalbert, fils de Iloniface (1012).

Maiaspina entra aussitôt en campagne , fondit sur les seigneurs ultramontains, expulsa de l’île le comte de Cinarca, et eut le bonheur de voir rétablir l’ordre dans le pays. Cette paix heureusement rétablie profita à sa famille, car elle eut l’avantage de conserver la souveraineté de la Corse jusque vers le milieu du onzième siècle , sans qu’on ait songé à changer les institutions dues à l’esprit de Sambuccuccio.

Mais en 1077 cet état de choses cessa d’exister. Un évêque de Pise, nommé Landolphe, à force de suggestions et d’intrigues, parvint à faire déclarer les habitants de la Corse sujets de l’Église romaine.

Véritablement l’administration de Landolphe et de son successeur fut des plus paternelles ; mais quelque temps après, sous Daïbert, Urbain II céda la Corse à l’église métropolitaine de Pise, moyennant une redevance annuelle (1091).

C’est ici que commença le règne paisible des Pisans. Ceux-ci occupèrent Pile au nom de la république. Une des mesures de l’administration pisantine fut celle de respecter les institutions alors existantes en transformant seulement la hiérarchie des autorités. Pour rendre hommage à la vérité, nous devons déclarer que sous l’autorité populaire et libérale de Pise, la Corse put jouir d’une grande tranquillité, et voir la liberté, l’ordre , la paix, rendre à l’industrie nationale toute

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