CHAPITRE DEUXIÈME
l’avénement de Vespasius. Le sort de ce pays ne changea plus jusqu’au partage qui eut lieu entre les fils de Théodese. A celte époque, ses destinées furent attachées au sort de l’empire d’Occident.
Aux luttes des Romains et aux envahissements réitérés de leurs consuls succédèrent les irruptions des Vandales. Ceux-ci, sous les ordres de Genseric, débarquèrent en Corse, et purent s’y établir pendant soixantedix-sept ans. Ils furent cependant expulsés, eux aussi, et les Grecs, les ayant remplacés, purent dominer en maîtres pendant dix-huit ans.
Le tour des Golhs vint ensuite, grâce aux efforts de Totila; mais il ne dura pas longtemps, car Narsès remporta sur eux des victoires, et fit repasser la Corse aux Grecs (559 après J. C.). Une nouvelle tentative de la part des Lombards avait en vue la conquête de file; mais elle échoua.
Pendant que tous ces événements divers s’accomplissaient , et que la domination grecque devenait de plus en plus intolérable, les Sarrasins apparurent, débarquèrent en l’an 713, bouleversèrent plusieurs villes, et emportèrent un riche butin. Les Grecs affaiblis ne purent combattre les Sarrasins; dès ce moment la Corse fut laissée sans défense, libre de son propre sort.
Mais éloignés momentanément de cette terre, les Sarrasins l’envahirent de nouveau; ce fut à Pépin, roi d’Italie, qu’appartint le soin de les chasser impitoyablement. Une année après, une nouvelle tentative
fut entreprise par les Maures , et cette fois-là ce fut la flotte protectrice de Charlemagne qui ent l’honneur de la victoire. Vaincus à double reprise , les Sarrasins ne se rebutèrent point, essayèrent encore de s’emparer de la Corse, sacccagèrent la ville d’Aléria en 809, et quelques mois après ils entrèrent triomphants dans plusieurs villes du littoral.
Touché du sort des insulaires, le souverain, qui offrit sa flotte aux Corses, envoya son fils Charles à leur secou rs. Les Maures furent battus, et le résultat de ce succès aurait été immense si la mort de Charlemagne n’avait permis aux barbares de tirer parti de cette fâcheuse circonstance. Vainqueurs des Corses , les Sarrasins furent vaincus par Irminger, comte de Lampourdan.
Comme nous venons de le voir, la Corse, depuis la chute de l’empire romain , avait suivi le sort des provinces d’Italie. L’empereur d’Occident s’était montré le défenseur de cette île ; mais à sa mort son successeur jugea à propos de confier la garde de ce pays au comte Boniface, marquis de Toscane. Celui-ci entra aussitôt en campagne, et battit à plusieurs reprises les Sarrasins. Albert succéda à son père (846), et comme lui il combattit avec avantage les barbares, transmit le gouvernement de la Corse à ses descendants, qui dominèrent en maîtres jusqu’à la mort du dernier marquis de Toscane, de la famille de Boniface (931).
Béranger II gouverna ensuite, et après lui Olhon II soumit la Corse , la réunit au royaume d’Italie (975), puis la céda à son fils Hugues, autrefois dépossédé par Béranger H. L’autorité de Hugues dura peu, car il mourut quelque temps après avoir été investi de pleins pouvoirs.