‹ La Corse et son avenirChapitre 102 sur 256 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

des ouvrières du continent français, et cette année j’ai fait élever des vers à Bastia, à l’Arena, à Saint-Florent et à Calvi , où partout nos auxiliaires ont pu apprendre la pratique. C’est malheureusement une assez triste spéculation pour moi qui ne suis pas propriétaire dans l’ile, attendu que je suis obligé d’acheter la feuille assez cher, de m’installer dans des locations onéreuses, et de n’avoir recours qu’à des mercenaires ; et puis enfin , je le répète , les grandes éducations ne sont jamais avantageuses. Je persévérerai néanmoins tant que je le pourrai, et, tout en calculant mon intérêt personnel, je ferai tous mes efforts pour le bien du pays , car c’est , je crois , une belle tâche à entreprendre que celle d’introduire en Corse une industrie aussi riche.

Il vient tous les ans en Corse une quantité d’Italiens qui sont très-familiarisés avec l’éducation des vers; je les mettrai en rapport avec les propriétaires, et je m’arrangerai pour qu’ils puissent entreprendre quelques petites spéculations, qu’ils feront eux-mêmes à de bien meilleures conditions que moi, et leur exemple multiplié sur tous les points fera beaucoup, je l’espère, pour l’enseignement de cette industrie.

On a fait cette année, en Corse, plus de 8,000 kilog. de cocons, et j’en puis certifier le chiffre, car ils sont presque tous venus entre mes mains, à l’exception d’une petite quantité qui a été achetée à l’Ile-Rousse. J’en ai produit moi-même environ 1,700 kilog.

Non-seulement la quantité de cocons a été plus considérable que l’année précédente , mais ce qui doit satisfaire encore davantage, c’est de voir que celte industrie se répand dans un grand nombre de com-

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