CHAPITRE NEUVIÈME. Ml
lisante, et fait désirer que l’élevage du bétail prenne partout un grand développement.
Là où le bétail est nombreux , là où il est l’objet de la sollicitude des éleveurs, là l’agriculture est en progrès et marche sans cesse dans la voie de l’amélioration, au grand avantage de l’humanité entière; et n’est-il pas vrai aussi que là où le bétail est en souffrance, là l’agriculture est en décadence , par conséquent là nous apparaît la misère; car, nous l’avons dit, c’est l’agriculture qui est la mère nourricière des hommes , c’est elle qui produit le pain indispensable au soutien de la vie matérielle ici-bas, c’est elle qui décide de l’avenir des nations.
L’importance du bétail étant de nos jours profondément comprise, tout le monde s’applique et travaille en vue de l’améliorer et de l’augmenter de plus en plus. Le concours universel agricole du mois de juin dernier en est une preuve, et nous démontre clairement qu’il existe en Europe une heureuse émulation qui profite largement à la production générale, et par conséquent à la prospérité universelle.
En effet, c’est en parcourant tout le rez-de-chaussée du palais de l’Industrie , transformé en une vaste étable, qu’on a pu se convaincre de la vérité de notre assertion. Là, on remarquait avec plaisir le bétail des races Durham, Devons, Sussex , Alderney, Herford , de l’Angleterre; les Durham, West-Highland , Polled et Ayrshire, de l’Ecosse. Là, on comptait une centaine de tètes des races Mursthal , Slyrie , Pingzon , Tyrol et Hongrie ,• d’Autriche. Là étaient représentées les races jutlandaises du Danemark, les belles races hollandaises , ainsi que de nombreux spécimens de leurs
LA CORSK Kl' SON AVENIR.
races ovines et porcines. Là brillaient particulièrement les races Durham de Itelgiquc et les vaches suisses. Lit, les animaux des races fribourgeoises, bernoises, Schwitz , Obershall et Unlcrwald attiraient les regards des agriculteurs. Là, enfin, ou admirait les taureaux de race limousine, aitbine, saline et charolaisc de France.
Quel est celui qui 11e comprend toute la portée de l’idée qui a eu pour but de réunir, dans une même enceinte, toutes les merveilles du règne animal ? Certes on peut affirmer que celle vaste exhibition a été riche en résultats heureux, car les agriculteurs intelligents de l’Europe savent, à l’heure qu’il est, quel est réellement le mérite de leurs animaux. Ceux-ci out été tous scrupuleusement étudiés et appréciés. Mais, à nos yeux, le plus beau succès, c’est celui d’avoir excité une saine émulation parmi les exposants; dorénavant ils feront de nouveaux efforts pour perfectionner de mieux en mieux leurs races; tous les éleveurs, enhardis par le succès de leurs devanciers, pourraient à leur tour, à une occasion prochaine , se préparer à entrer en lice pour concourir aux prix qu’on décerne aux plus méritants ; cl cette tendance vers le progrès est d’autant plus utile qu’elle sert d’uuc manière directe les intérêts de la principale branche industrielle.
En vain nous avons cherché avec une curiosité toute naturelle les bœufs et les moulons de File de Corse au milieu de la grande exposition de tous les pays. Nous avons parcouru tout le palais , mais à notre grand regret les espèces bovine et ovine de notre pays brillaient... par leur absence, ceci est regrettable; car il ne s’agis-