‹ La Corse et son avenirChapitre 110 sur 256 · CHAPITRE NEUVIÈME. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME. S

secours pour l'amélioration do la race ovine, qui en est très-friaude.

Encore un fourrage dont nous conseillons l’usage, c’est la bisaille, composée de deux tiers d’avoine et un tiers de vesce. La vesce noire est préférable à la blanche, elle est plus abondante en rameaux et en feuillage. Ce foin est peut-être le premier de tous pour la qualité; les chevaux qui en sont nourris, ne fùt-ce que la moitié de la journée , n’ont nul besoin qu’on leur donne du grain, tant il est substantiel et nourrissant.

Ceux qui nourrissent des bêtes à cornes, et surtout des vaches, doivent cultiver le chou, la carotte, la betterave et la pomme de torre,

La pratique de cultiver des choux pour fourrage doit se répandre en Corse si on veut augmenter les bestiaux. Les bœufs s’engraissent facilement avec des choux, les brebis également. Quant aux vaches laitières, on ne cullivora pour eilos que des choux à télé, pour leur donner seulement lo cœur, car les feuilles donnent un mauvais goût au lait, au beurre et à la crème des vaches qui en sont nourries,

La carotte est aussi un fourrage très-précieux pour la nourriture et l’engrais du bétail, pour les volailles et pour les vaches laitières, Donnée aux chevaux, elle remplace l’avoine et une partie du foin,

Nous ne dirons rien de la betterave et de la pomme de terre, car tout le monde connaît l’importance de ces deux plantes.

Ce n’est pas tout encore : il faut améliorer les espèces et obtenir des bœufs aussi beaux que ceux qu’on a en France. Il faut que l’incurie des éleveurs corses cesse, car elle révolte les cœurs honnêtes; il faut

par tous les moyens possibles rendre la stabulation permanente ou mixte, introduire la culture des fourrages racines , et instruire les éleveurs à bien diriger l’accouplement et l’élève.

A une éducatiou plus soignée, il faudra demander l’introduction de meilleures races : quelques vaches pleines ou quelques beaux taureaux venus de la Bretagne ou de la Normandie, ou même de la Suisse, opéreraient un changement notable dans celte partie importante de l’agriculture.

La race ovine indigène est complètement dégénérée. L’amélioration de cette race , sous le double rapport de la taille et de la toison, est donc une chose nécessaire. Le croisement avec des types améliorateurs étrangers (avec la race dite de Barbarie) et les accouplements judicieux des animaux les plus parfaits du pays, pourraient donner à cette race des qualités supérieures.

Nous savons déjà que le cheval corse a beaucoup d’identité avec le cheval arabe, moins la taille. Nous concluons que pour que Pile de Corse puisse fournir des chevaux de selle d’une valeur égale aux chevaux arabes, il faut que les éleveurs soignent l’accouplement, rendent la stabulation permanente, et que les juments poulinières soient croisées avec le cheval corse pur sang ou des étalons arabes. Les chevaux de race corse pure ou croisée arabe sont admirables comme chevaux de selle; ils ont une allure rapide, beaucoup d’ardeur et d’harmonie dans leurs formes. Si donc l’on perfectionne la race chevaline de Pile de Corse par les croisements arabes, on aura certainement le cheval de cavalerie légère.

Nous croyons que pour arriver à améliorer les boeufs

et les chevaux corses, il faudrait des haras ; nous faisons un appel à l’Etat pour en obtenir.

Nous ne dirons rien des autres animaux. Nous réclamons pour eux une nourriture abondante et variée, c’est tout ce qu’on peut désirer, puisque la race est bonne.

Page 1