‹ La Corse et son avenirChapitre 112 sur 256 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

sommes heureux de les signaler au lecteur pour le persuader de plus en plus que nous ne nous sommes pas écarté de la vérité en affirmant que l’ile de Corse, par sa position , son climat , la qualité de son terrain , est appelée à devenir infailliblement une belle contrée agricole, au grand étonnement de ses détracteurs.

Mais, avant d’entamer les questions qui font l’objet de ce chapitre, qu’on nous permette d’adressor à la presse parisienne quelques reproches que nous croyons mérités. Elle a longuement examiné la question algérienne, qui , après avoir été évoquée devant le public et devant le parlement, a fini par devenir une question nationale. L’exposition universelle de 1855 a grandi encore aux yeux de tous l’importance de l’Algérie; maintenant que ses intérêts se rattachent à ceux de la métropole , il n’est plus permis de les passer sous silence, et leur discussion absorbe exclusivement tous les journaux. Le Constitutionnel, la Gazette de France, le Journal des Débats , Y Assemblée nationale, le Siècle t etc., prêchent sans cesse en faveur de l’Algérie, et appellent de tous leurs vœux l’introduction dans ce pays d’institutions solides et utiles , en vue de venir en aide au progrès de la civilisation qui s’y implante tous les jours d’une manière si heureuse, grâce aux mesures sages et bienfaitrices adoptées par le gouvernement depuis quelques années surtout.

Mais tandis que des écrivains distingués s’érigent en dignes défenseurs des intérêts d’une colonie riche d’avenir, tandis que le gouvernement, stimulé par eux, encourage par des primes l’agriculture et l’industrie , pour tirer de celle nouvelle possession les denrées que la France a empruntées de lout temps

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à l’étranger, la Corse, vivant dans son isolement,

est oubliée encore par toute la presse, et cet oubli lui

est d’autant plus nuisible que le gouvernement, faute

d’entraînement, n’a pas encore songé à rentrer dans la

voie qui a assuré la haute prospérité de l’Afrique

française.

Et pourtant la Corse aussi a envoyé à l’exposition universelle des échantillons des richesses qu’elle renferme ; elle aussi a concouru aux prix ; elle aussi a obtenu des succès éclatants; elle aussi est susceptible de produire des cotons, des tabacs et toute espèce de denrées coloniales Pourquoi donc les journaux parisiens

1 Voici la liste des récompenses décernées oui exposants de la Corse :

Décoration Je l'ordre impérial de la Légion il honneur. — Beaux-arts.

M. o s Fournier, d’Ajaccio, peintre.

Grande médaille d’honneur. — Industrie métallurgique des aciers BRUTS ET OUVRÉS.

MM. J a KSON (frères), Pblis et Gaudin, propriétaires de l'usine de To;ja (Bastia).

Médailles de première classe. — Constructions civiles.

M. Illiani, de Corte : colonnes de marbre de Corte; M. Tou El, de Bastia : colonnes de marbre vert de mer.

Médailles de deuxième classe. — Agriculture.

M. Morati, de Murato : huiles fines d'olives.

L’abbé Pars! : miel d’Asco.

M. Dur i eu : marbres de Castifao et Popolasca.

Mentions honorables. — Art des mines et métallurgie.

M. F r anc esc il i, de Centuri : minerai d’autimoiue.

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