‹ La Corse et son avenirChapitre 113 sur 256 · INDUSTRIE DE LA SOIE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE DE LA SOIE

MM. Dominici (frères), de Bastia: soie.

CHAI’ITKE DIXIEME.

sc montrent-ils indifférents envers un pays si digne de leur intérêt? Pourquoi négligent-ils de faire ressortir aux yeux de leurs lecteurs tous les avantages qu’on pourrait retirer de cette île encore vierge, qui recèle des trésors inépuisables dont l’exploitation servirait si directement les intérêts de la mère patrie? Ne saventils pas que plaider la cause de la Corse c’est plaider celle de la France, c’est lui rendre un service immense; et a-t-on besoin d’établir que les avantages à retirer de Pile de Corse seraient incalculables? Ah! messieurs les rédacteurs du Siècle, vous hommes profondément versés dans la science economique ; vous qui savez si bien guérir les maux d’un pays, tournez, tournez bien vite vos regards vers celte terre de liberté et d’indépendance qui vous accuse de votre oubli coupable, et faites que bientôt la belle île de Corse devienne, comme l’Algérie, un centre de richesse et de prospérité ; faites que les cultures du tabac, du coton, du chanvre, de l’indigo, de la canne à sucre, etc. , soient également encouragées par le gouvernement. Alors vous aurez bien mérité de la patrie, et les habitants de la Corse vous seront particulièrement reconnaissants de votre initiative et de votre concours. Espérons que bientôt les rédacteurs des feuilles parisiennes, écoutant les conseils de la sagesse et de la justice, signaleront à l’attention publique l’îlc de Corse telle qu’elle est, cela va sans dire, et telle qu’elle peut devenir.

Eu attendant, voyons quelles sont les cultures qu’il conviendrait de perfectionner; examinons ensuite celles qu’il serait urgent d’introduire.

Oranger. Parmi les produits propres au pays et que

nous estimons beaucoup, nous classons l’oranger, qui vient parfaitement en pleine terre et qui exige peu de soins» Le climat lui convient admirablement, aussi devient-il d’une taille très-élevée. Il n’est pas difficile d’en voir à Ajaccio ou en Balagne qui ont quarante pieds de hauteur. Lorsqu’ils sont bien cultivés et arrosés le fruit devient très-gros , et la saveur en est exquise. Les arrondissements d’Ajaccio , de Calvi et de Bastia en produisent de magnifiques et en grande abondance. Le commerce d’exportation est important, mais nous pensons qu’il pourrait s’accroître encore si l’on augmentait le nombre de ces arbres 1 ainsi que celui des citronniers, surtout si la culture du cédrat, qui est en progrès dans le cap Corse, prenait une extension plus considérable. Comme on sait, ce fruit est très- recherché pour la table , pour la médecine , et fournit en même temps des éléments à la distillation par les fleurs , les feuilles et l’écorce, par conséquent il y a des motifs suffisants pour développer ce genre de culture.

L’Amandier. La culture de cet arbre est susceptible d’un plus grand développement; les avantages qu’on en retirerait ne sont pas sans valeur. Partout en Corse l’amandier prospère très-bien ; aussi ce serait mal corn • prendre ses intérêts que de dédaigner cet arbre qui produit un fruit qui sert à divers usages et se vend aussi facilement que le blé. En moyenne chaque amandier produit deux décalitres d’amandes , et elles se vendent à raison de 2 francs 50 le décalitre ; donc chaque arbre rapporterait au propriétaire 5 francs ; celui qui en posséderait, par exemple, cinq cents pieds, pourrait compter sur un revenu annuel de 2,500 francs. Certes

1 On pooirtit en cultiver cent fois ptns qo'il n’y en a actuellement.

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